Les élucubrations

J’avais rêvé de Nabil, avec qui j’avais rendez-vous à 11 heures. Mais il était 10h56 et je venais de me réveiller. J’étais en retard… J’appelais donc Nabil, mais sans vraiment oser lui dire à quelle heure j’arriverais vraiment… 11h20 lui disais-je alors que c’était impossible…
Je m’étais laissé pousser la moustache et les cheveux. Nabil était là pour me couper les cheveux, ce qui est étrange car il n’est pas coiffeur, mais ostéopathe ou bien physiothérapeute.
Mais dans ce rêve, Nabil était là pour me couper les cheveux. Autre chose bizarre, je m’étais laissé pousser la barbe. Je ne me ressemblais pas, comme si ce n’était pas vraiment moi, comme si j’étais quelqu’un d’autre … J’avais un certain air du capitaine Haddock.
Et puis je ne savais pas vraiment où Nabil habitait … Je partais donc un peu au hasard, dans un à peu près fort approximatif …
Et donc c’est comme si j’étais dans un supermarché, peut-être celui de Nice, de Fréjus, ou encore l’Intermarché qui n’est ni celui de Pierrefeu, ni celui de Carnoules, sinon celui d’après, ou bien serait-ce le Leclerc ? Cela pourrait aussi être le supermarché où il y avait le fameux dentiste qui avait été particulièrement nul pour m’arracher les dents de sagesse, le dentiste qui faisait du windsurf, et avait (pour de vrai) les cheveux teintés en orange …

Il s’agit peut-être de l’Intermarché du Luc en Provence, ou encore celui de Cuers où une tuerie avait eu lieu en 1995…

La description de cet homme qui s’est laissé pousser la moustache rappelle un peu Dali. C’est pourtant l’idée de la célèbre photo d’Albert Einstein tirant la langue qui me revenait systématiquement à l’esprit, sans que je sache bien pourquoi…

Après une longue recherche, c’est aussi deux prénoms de compagnons de classe préparatoire qui me revenaient à l’esprit: Didier, puis, après beaucoup de difficultés, Thomas…

L’idée du chanteur (de droite) Didier Barbe-livien me venait alors, ce qui pourrait expliquer la présence de la Barbe. Pourtant, après avoir consulté sa discographie, aucun titre de chanson n’attirait réellement mon attention. (À vérifier en réécoutant rapidement les plus célèbres néanmoins)

J’étais donc planté là, sans savoir réellement quelle signification donner à ce rêve. Qu’y avait-il de particulièrement emmerdant que je refusais de voir dans celui-ci? Je n’en savais ficher rien…

Je continuais sur l’esthétique du personnage, une esthétique de hippie. mon père, ou mon grand-père, ou une quelconque figure paternaliste familiale avait sans doute dit :

Les hippies sont des feignants, ce sont des gens qui ne font rien, des parasites pour la société…

Mais le point étrange du rêve tournait autour de Nabil. Nabil était donc phytothérapeute, un excellent professionnel.
Il parvenait, en une seule séance assez peu douloureuse à me remettre en place le dos.
Au contraire du superbe Abraham, au corps somptueux que j’avais pu admirer lorsqu’il était maitre-nageur de la salle de sport que je fréquentais… Bien que talentueux, Abraham semblait toujours faire traîner en longueur. Une première séance pour débloquer un peu, une seconde un peu plus, puis une troisième séance plus relax, pour un résultat toujours moindre qu’avec Nabil …

Or, Nabil dans le rêve n’était donc pas physio mais bien coiffeur, et ce alors que je n’avais eu que des coiffeuses… À commencer par la très talentueuse Maria, puis le salon de coiffure pas cher où j’allais désormais afin de garder mes cheveux très courts…

J’avais certes réfléchi à aller me faire couper les cheveux ces derniers jours, j’en avais même parlé à I, mais je n’en avais pas besoin car ils n’avaient pas encore beaucoup poussé…

Je tournais donc autour du pot, me disant que d’un côté, Nabil me redresse le dos quand je suis stressé, il redresse mon dos stressé et me dé-stresse.
Et d’un autre un hippie n’est pas du tout stressé, ou encore qu’un hippie est tellement peu stressé qu’il faudrait peut-être qu’il se fasse couper les cheveux afin de stresser un peu: Cela lui ferait peut-être « du bien » de se faire un peu redresser par la société. Belle pensée réac que je crois avoir entendu de la bouche de mon père, ou quelque chose qui s’en rapproche :

Un hippie devrait faire l’armée afin de lui apprendre la vie.
Qu’on lui mette la boule à zéro !
Et il arrêterait peut-être d’être une feignasse,
Et verrait alors les chose autrement!

Soit … Moi j’aime bien les hippies et je suis assez feignant… Mais cela ne me dit toujours pas ce qui est si emmerdant dans ce rêve, qu’est-ce que je refuse de voir?

C’est alors que je me souvenais d’une chanson du chanteur Antoine…

Les élucubrations d’Antoine

Oh, Yeah!
Ma mère m’a dit, Antoine, fais-toi couper les cheveux,
Je lui ai dit, ma mère, dans vingt ans si tu veux,
Je ne les garde pas pour me faire remarquer,
Ni parce que je trouve ça beau,
Mais parce que ça me plaît.


Oh, Yeah!

L’autre jour, j’écoute la radio en me réveillant,
C’était Yvette Horner qui jouait de l’accordéon,
Ton accordéon me fatigue Yvette,
Si tu jouais plutôt de la clarinette.

Antoine était un chanteur tout à fait fascinant. Il avait fait polytechnique. Polytechnique était le fantasme de mon père. Il n’avait pas arrêté de nous bourrer le crâne, à mon frère puis à moi, avec cet objectif qui le fascinait. Malheureusement, ou plutôt heureusement, aucun de nous deux n’est parvenu à réaliser cet objectif qui ne fut jamais le nôtre. Mon frère voulant être biologiste fut quand mème ingénieur. Pour ma part, j’avais raté ma chance de faire une première L en laissant ma mère me bourrer le crâne pour faire une première S. Et je me fis virer dès la première année en école d’ingénieur…

Ce qui était fascinant avec Antoine, c’était que ce garçon qui avait fait Polytechnique, promis à une si belle carrière, avait décidé de devenir hippie et était parti se la couler douce à Tahiti… Il revenait de temps en temps sur les plateaux télé pour pousser la chansonnette quand il avait besoin d’argent … Un garçon fort intelligent donc… Ce qui est rare quand on fait Polytechnique …

Mais c’était surtout le titre de cette chanson qui m’avait beaucoup frappé: Les élucubrations d’Antoine

Alors, je me disais que certes, j’élucubrais. Que peut-être je disais beaucoup n’importe quoi. Que peut-être toutes mes réflexions n’étaient en fait qu’une vaste foutaise, et que, comme le disait papa, il faudrait plutôt que je me fasse couper les cheveux et retourner bosser en entreprise, ce qui, c’est un euphémisme, ne m’enchantait guère…

Puis, je regardais, à tout hasard, la définition d’élucubration:

A.- Action d’élucubrer; recherche laborieuse et patiente pour composer un ouvrage érudit ou un texte d’une certaine longueur.
B.− Par métonymie: Ouvrage, texte produit à force de veilles et de travail. J’avais lu l’élucubration de Zola dans le « Figaro ». Elle a remué « la ville et la province » Flaubert
P.ar extension et péjoratif: Production déraisonnable, extravagante.

S’agirait-il, dès lors, d’une invitation envoyée par mon inconscient à plus de travail d’écriture et donc à beaucoup plus d’élucubrations?

Dali, Einstein, Antoine et … Didier Barbelivien, quel curieux breuvage…

J’étais ému par cette découverte, par cet appel de l’inconscient que je trouvais fort beau… Avais-je bien décodé le message? Qu’y avait-il d’emmerdant à cela? Que je n’écrivais pas assez? C’est une évidence, j’aimerais écrire plus, beaucoup plus… J’aimerais écrire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et pourtant, tel un feignant, je ne m’y mettais pas. Mon père aurait peut-être dit que j’étais en quelque sorte un hippie de l’écriture

Las, après quelques heures d’émotion, je devais bien me rendre à l’évidence. En effet, ce rêve traduisait une situation que je refusais de voir, quelque chose que je refusais d’admettre. Il ne pouvait donc pas s’agir d’un compliment concernant de soi-disant « grandes capacités d’écriture » (car autant l’admettre tout de suite, il est hors de question qu’elles soient petites…). Non, il s’agissait bien d’élucubrations au sens direct du terme, à savoir que je parle beaucoup, mais que j’agis bien peu…

Et qu’il est justement grand temps d’agir. Même si travailler en entreprise me déplaisait profondément, même si je ne voyais pas comment je pourrais gérer cela avec des études de philosophie en stand-by, je n’avais néanmoins pas le choix, il me fallait travailler, quoiqu’il m’en coûte…

Le retour des hordes

Il y avait quelque chose de frappant et de commun,
Tant dans les manifestations des Gilets Jaunes à Paris, qui avaient détruit l’Arc de Triomphe,
Que dans celles des indépendantistes Catalans à Barcelone, qui avaient détruit la plaça Urquinaona.

La Bête humaine féroce était bel et bien de retour.
Elle n’avait, certes, jamais cessé d’être en nous …
On ressentait toujours cette furieuse respiration monter en soi …
On la voyait parfois prendre possession de nous,
S’exprimer à notre place, et ce, parfois, à notre plus grande surprise …

Mais il ne s’agissait plus, ici, de bêtes furieuses isolées,
Mais bien de hordes barbares et incontrôlées,
Qui, pétant les plombs, détruisaient tout sur leur passage …
Il était, bien sûr, facile de tacler son adversaire de barbarie …
Le barbare, c’est l’autre, l’adversaire, ou encore l’étranger chez les grecs …

Mais qu’y avait-il de commun dans ces deux cas ?
Pourquoi avaient-ils perdu la tête ainsi ?
Les avait-on gazés ? La violence policière les avait-elle provoqués ?
On évoquait des bandes de casseurs,
Faisant le déplacement spécial pour tout détruire …

Et si l’on me plaçait, moi le pacifiste, au coeur d’un de ces groupes,
Si j’étais chauffé à blanc par l’ambiance électrique qui doit les animer,
Saurais-je m’en extraire, aurais-je la force de m’en extirper ? Rien n’est moins sûr …
Il est fort probable que je me laisserais contaminer par cette rage …
Cette même rage qui permet bien souvent l’avénement du pire de soi …

Mais il y avait quelque chose de plus, dans ce 21ème siècle …
Cette rage était développée, elle était alimentée …
Non par un homme politique précis, ni même par un quelconque courant,
Elle était sous-jacente, on la sentait monter, elle vous attrapait l’esprit,
Et il devenait impossible d’en décrocher …

C’était l’énergie enragée d’une drogue particulièrement dure …
Appelons-la jouissance de par son côté morbide et tout à fait insidieux …
Débranchez, et après deux semaines, vous succombez à l’appel des sirènes,
Si vous ne capitulez pas, la réalité prend l’allure de cauchemar …
Peut-être parce qu’à force de jouissance, la réalité nous semble bien plus terrible qu’elle ne l’est véritablement …
Ou bien peut-être parce que la réalité de ce 21ème siècle est véritablement insupportable

La jouissance est une drogue bien pire que la nicotine,
Elle est beaucoup plus répandue et particulièrement insidieuse …
Brillamment relatée dans L’Odyssée, Ulysse demande à être accroché à un mat,
Et ce, afin de ne pas succomber au chant des sirènes
Et donc, pour ne pas se jeter à l’eau comme le feront ses marins …

Et quel est donc le chant des sirènes du 21ème siècle ?
Il s’exprime sous forme d’un appel constant …
À s’informer pour savoir ce qui se passe après quelques heures ou minutes …
À reprendre une bière même quand on n’a plus soif …
À regarder un autre épisode de cette série que l’on aime tant …
À manger un autre morceau de délicieux chocolat …

Il y a donc toujours quelque chose de séquentiel,
Un doigt dans l’engrenage et paf, le corps en entier y passe …
Consommation, surconsommation puis perte de contrôle …

Une vie sans objet vaut-elle d’être vécu ?
Faut-il se priver de bière ? Ou bien de chocolat ?
Ce 21ème siècle était bien celui des addictions …
La Bête était parfois provoquée, ou exploitée à des fins
Qu’elles soient politiques ou mercantiles …

Les Bêtes devenues pions, jouets du pouvoir,
Un Pouvoir technologique tel Apple ou bien politique tel Macron,
Un Pouvoir lui-même soumis à sa propre jouissance …
À son insatiable désir de plus
Qui nous conduit donc tous droit vers l’autodestruction …

Une autodestruction sociétale et donc, aussi et par miroir, individuelle.

L’Un-Passe ou la Réédition ?

Impasse

A. − Rue sans issue. Synonyme cul-de-sac.
B. − Au fig.
1. Position ou situation qui ne présente pas d’issue favorable.
« Hélas! me voilà toujours acculé à deux impasses : il me faudrait au moins un foyer pour supporter le monde, ou le monde pour me remplacer le foyer. Ces deux secours me manquent à la fois… » Amiel, Journal, 1866, p. 512.

2. Spécialement
a) ÉCON. Impasse budgétaire.
b) JEUX DE CARTES. Coup consistant à essayer de faire une levée avec une carte inférieure à celle de l’adversaire qu’on suppose être dans la situation dite « en fourchette », où il dispose d’une carte intermédiaire entre celle qu’on joue et celle du partenaire.
– Par analogie, argument scolaire: − P. anal., argument scolaire: Partie du programme d’une interrogation que l’élève s’est dispensé d’apprendre, espérant échapper à la question.

Reddition

Action de se rendre; acte par lequel on met bas les armes, conformément à une capitulation, signée ou non avec l’ennemi.

Il se trouvait dans une impasse,
Ne voyant aucun moyen de s’en sortir par le haut…

Il pouvait bien sûr, d’un côté, arrêter la psychanalyse,
Et maintenir à flot, bon an mal an,
Ses finances déjà bien mal en point…
Certes, cela lui accorderait peut-être un petit délai,
Quelques Moi tout au plus.

Mais, arrêter la psychanalyste c’était la Chut assurée…
La Chut immédiate, alors qu’il commençait à peine à réécrire,
Car l’Aimant Magne-Éthique psychanalytique,
Seule véritable force à pouvoir l’élever et l’extraire de sa Con-dition,

L’Aimant disais-je donc, aussitôt arrêté,
Et il se renfermerait sous le voile du silence,
Dans sa pauvre Con-dition de dominé…

Par ses sournois désirs de bête,
Par ses incontrolables désirs de surhomme.
Ils avaient peuplé toute son enfance,
Et il n’était jamais vraiment parvenu à s’en détacher…

D’un autre côté, il devait retourner en entreprise…
Il avait été saisi par le fait que,
Bien que dix ans s’étaient écoulés,
Pendant lesquels ses connaissances s’étaient considérablement étayées,
Et pourtant, le salaire proposé était bien inférieur à celui qu’il touchait à l’époque…
Et ce, sans même évoquer son « indécent » salaire précédent de Con-Sultan
Ah, le charme du libéralisme ibérique combiné à la crise est indéniable…
Heureusement que soleil, plage, et si beaux garçons…

Dès lors, bien que beaucoup plus qualifié,
De par le seul fait qu’il était passé « de l’autre côté« ,
Le salaire annoncé était bien moindre…
Tout en travaillant, bien évidemment autant…
Las, travailler pour la gloire avait été son truc… Mais cela ne l’était plus…

Peut-être était-il devenu « feignant » ou encore « petite nature »…
Mais ce rythme de Travail-à-la-con lui avait causé, auparavant,
L’apparition d’une grave maladie chronique…

Maladie qu’un psychanalyste génial -le brillant Bruce Fink-,
Associa un jour dans un livre introductif et passionnant
À un certain type de névrose…

« A clinical introduction to Lacanian psychoanalysis« .

Le retour en Antre-Prise, c’était donc aussi la Re-Chut assurée.

D’où l’impasse, le cul-de-sac …
Il n’y avait aucun doute, il était cerné…

Il avait bien tenté d’offrir ses services de Con-Sultan
À d’autres Antre-Prises, afin d’éviter de redevenir salarié…
Semblant assez désintéressées, certaines avaient néanmoins demandé
Ce qui pouvait bien clocher avec leur site internet…

Dès la réception de la réponse précise et argumentée du Con-Sultan,
Elles s’étaient alors empressés de mettre en place ses recommandations,
Mais sans jamais répondre ni positivement ni négativement à sa requête,
Et cela, malgré toutes ses supplications…

Le Voila le fameux système capitaliste dans lequel nous vivions,
Causant douleurs, supplices, insomnies … Infamie!
Et l’on vous disait bien sûr de ne pas se décourager,
Mais bien de continuer à faire le con et à chercher d’autres clients sans même sourciller…

Ainsi, plutôt que de se lamenter, il m’avait raconté son histoire…
J’avais pris soin de l’Écrire,
Afin de tenter, comme dans une sorte de processus alimentaire inversé,
De transformer sa merde en une certaine forme de Beauté
Ou tout du moins, de Réalité, de par la présence de ce témoignage.

Du cul-de-sac
À l’Antre-Prise où la Sauce-y-Était,
Dans son cul, bientôt elle y serait!

L’aile dort à dos britannique et le burn-out médiatique

J’avais commencé depuis un mois un nouveau régime intellectuel, et je le suivais au pied de la lettre…

J’avais beaucoup de respect pour le métier de journaliste,

Mais la forte augmentation de la morbidité médiatique ces derniers mois m’avait conduit à réagir,

Après avoir suivi l’actualité assidûment, je m’éloignais donc pour quelques temps -voire pour toujours- des constantes annonces de périls, imminents ou lointains,

Et ce, dans un exercice stoïcien, afin de me concentrer sur l’essentiel …

S’agissait-il d’un burn-out médiatique ? Ou d’un simple besoin de prendre du recul ?

Dans mon monde, le président des États-Unis d’Amérique était un personnage dont seule la toxicité dépassait la richesse…

Et le premier ministre de l’Angleterre était un clown jouant au mâle alpha dans une cour de récréation collégienne…

Ce beau pays du nord de l’Europe fonçait à pleine vitesse vers un no-deal,

Et rien ne semblait pouvoir l’arrêter dans sa poursuite effrénée de l’idéal singapourien …

Ah, le paradis fiscal anglais absolu bientôt réalité…

De la finance, que de la finance et rien que de la finance !

Car le réel est bien trop vulgaire…

Et les gens, n’en parlons pas…

La finance absolutiste érigée en nouvelle religion: l’Eldorado britannique…

Cet idéal d’accomplissement était surtout parfaitement nihiliste,

Et en cela, il correspondait exactement à la période que nous vivions…

Les Britanniques étaient donc parfaitement à la mode, ce qui est parfaitement absurde…

Car rien n’est plus fluide que le Saint gars pour Rien…

Marcel Proust et le tweet mal-aimé

J’avais publié ce tweet à 23h…

Dans un acte que je pensais « innocent », je l’avais donc publié…

Et il n’avait reçu ni like ni retweet…

J’avais été surpris dès les premières minutes…

Comment ? Un tweet citant une phrase du deuxième tome d’À la recherche du temps perdu n’avait reçu aucun like ni retweet?

Comment était-ce possible ? Il contenait pourtant le nom de Cambremer…

Il me fallait immédiatement décrocher mon téléphone,

Appeler Twitter pour leur signaler la présence d’un énorme problème dans l’algorithme !

Et pourtant, l’algorithme de Twitter -comme tout algorithme d’intelligence artificielle- n’est qu’un amplificateur de tendances…

Il n’est donc pas responsable, car il ne fait qu’amplifier l’existant…

Et dans ce cas, l’amplification du Rien, n’est rien d’autre que le Rien…

Et le Rien, c’est celui que nous avons dans la tronche…

Mais enfin réveillez-vous ! C’est impossible, c’est un cauchemar !

Et pourtant non, je ne rêvais pas…

Un tweet de Marcel Proust n’avait reçu ni like ni retweet…

C’était la réalité. Sèche. Juste. Tel un rêve qui jette une volée de bois bien vert en pleine face…

Je n’en revenais pas. J’imaginais Marcel Proust, -mon meilleur ami- assis devant moi…

Nous étions assis non pas en face à face mais légèrement en biais, ce qui est plus doux…

Mais il m’avait aide à sauter le pas pour m’installer sur le divan…

Il était donc assis derrière moi, et je fus parcouru d’un frisson…

Je l’aimais profondément, j’aimais tout de lui… Sa lecture constituait une véritable psychanalyse en soi…

Ce talent tel un diamant brut qu’une machine idiote ne savait pas reconnaître…

Car, s’il faut dire « Marcel Proust » pour que ses écrits soient reconnus, pardonnez-moi,

Cher « public » harnaché dans le délirant ego tout-oui-terrien,

Mais c’est la démonstration sinequanone d’un énorme problème !

« Je te suis, tu ne me suis pas »… Et paf, la Volonté Schopenhauerienne démasquée jusque sur Twitter!

Je remerciais Marcel Proust d’avoir voyagé dans le temps pour réaliser cette démonstration libératrice. Il semblait me dire :

« – Mais enfin, qu’attends-tu ? Écris ! S’il ne m’a pas reconnu, c’est bien qu’ils sont incapables de ne reconnaître aucun talent ! Fais donc confiance à cet algorithme qui, de par son absence de reconnaissance, dénonce l’essence même de son époque: le Rien. Écris sans t’en soucier, mais Écris ! C’est une forme de compliment silencieux venant d’une machine formée à reconnaître le Rien … ou L’Idiot! »

À la recherche de l’Antoine perdu…

Un jour de 2004,se prolongea en magnifique nuit dans un confortable lit sur la rive gauche parisienne…

Le son de la boîte « La Scène » était bon, précis, la musique électro était douce et percutante à la fois,

Les basses sensuelles caressaient mon corps pas encore dénudé, était-ce déjà un peu l’été ? Paris telle un corps damné, respirait…

Je sentais mon épiderme réagir aux basses profondes par un long frisson qui remontait de bas en haut…

La musique électronique pénétrait mon corps dynamite en électricité statique…

Mollets cuisses colonne vertébrale cou et haut du crâne, et soudain, cheveux et poils ébouriffés…

J’avais chaud, j’avais froid, les sens étaient en éveil de par l’effet ultrasonsoriel

Nous étions pris par quelque chose, et expérimentions les mêmes effets synchrones…

Danses sensuelles, au rythme effréné de corps transpirants, ainsi nous sommes-nous si naturellement trouvés…

Un Antoine, torride boxeur dans une nuit d’été parisienne… Et le jour? Un professeur de français !

Un garçon qui, venu à Aix les Bains, me donna envie de lire Proust. Terrorisé, je ne sus bien évidemment que le quitter …

À la recherche de l’en-toi-ne perdu, qui, tel le temps, quinze ans après, ne peut désormais plus être retrouvé…

Martin Heidegger interviewé par le moine bouddhiste Bhikku Maha Mani

Martin Heidegger interviewé par le moine bouddhiste Bhikku Maha Mani
(sous-titres en Français)

Professeur, vous avez réfléchi profondément à l’essence de la nature humaine durant des décennies. Quelles connaissances en avez-vous retiré ?

L’expérience cruciale de ma pensée, et cela signifie en même temps, de la philosophie occidentale, à savoir la contemplation de l’histoire de la pensée occidentale, m’a montré, que dans la pensée contemporaine, une question ne s’était jamais posée, à savoir la question de l’Être. Cette question est d’importance, parce que dans la pensée occidentale, l’essence de l’être humain est déterminée de par sa relation avec l’Être, et l’existence de l’être humain de par sa correspondance avec l’Être. Cela signifie, de par cette correspondance, que l’homme est l’être qui possède le langage. Et à la différence, je crois, des enseignements bouddhistes, la pensée occidentale fait une distinction essentielle entre les êtres humains, et les autres êtres vivants, les plantes et animaux. L’homme se distingue de par son langage, c’est-à-dire qu’il possède une relation connaissante à l’Être. Et cette question de l’Être, n’a pas été formulée dans l’histoire contemporaine de la pensée occidentale. Ou, pour le dire plus clairement : L’Être lui-même a été dissimulé de l’être humain. Et c’est pourquoi, d’après moi, nous devons désormais poser la question de l’Être, afin d’obtenir dans le même temps une réponse sur ce que l’homme est et qui il est.

Pensez-vous que l’on devrait adopter une nouvelle manière de penser la vie, ou devrait-on approfondir les enseignements actuels de la religion ?

Je crois que lors de ma réponse à ta première question, j’ai indiqué clairement à quel point une nouvelle manière de penser était nécessaire. Et cela est d’autant plus nécessaire que cette question ne peut être formulée par la religion. Et il est d’autant plus indispensable de formuler cette question que la relation actuelle de l’Occident au monde entier n’est plus transparente sinon confuse, en partie à cause des différentes directions prises par la foi dans l’église, à cause de la philosophie, à cause de la science et du fait étrange que désormais, dans le monde moderne, la science elle-même est considérée comme une sorte de religion. J’éclaircirai par la suite cette affirmation.

Pourquoi n’essayez-vous pas de transmettre vos réflexions avec les gens par le biais de média modernes, comme la radio et la télévision ?

La tâche requise pour penser aujourd’hui, tel que je le comprends, est nouvelle, dans le sens où elle requière une méthode de pensée entièrement nouvelle, et une telle méthode ne peut être atteinte que par le biais d’un dialogue directe de personne à personne, et par une pratique et un entraînement long afin, pour le dire ainsi, de voir dans la pensée. Cela signifie que cette manière de penser, n’est accessible au départ qu’à un nombre réduit de personnes, mais qu’elle peut, par le biais de différents domaines de l’éducation, être communiquée à d’autres. Je t’en donne un exemple.
Aujourd’hui, tout le monde sait faire fonctionner la radio et la télévision sans connaître les lois physiques qui les gouvernent, et sans comprendre les méthodes nécessaires pour étudier ces lois ; les méthodes requises pour faire des recherches sur ces méthodes, ne sont seulement comprises que par cinq ou six physiciens. Et il en est aussi de même avec cette nouvelle manière de penser. Au début, cette manière de pensée est si difficile que seules quelques personnes peuvent être éduquées pour la comprendre. Et cela peut nous conduire à un malentendu, à savoir qu’il s’agirait de personnes extraordinaires. Mais la vérité est que tout être humain, pourvu qu’il soit un être pensant, peut y parvenir. Cependant, avec notre système éducatif actuel et de par notre histoire, seules quelques personnes réunissent la condition leur permettant d’atteindre cette nouvelle forme de pensée.

Existe-t’il un point de convergence entre la Technologie et la Philosophie ?

À ta question, je répondrais que « oui », il existe de fait une connexion vraiment fondamentale. De fait, la technologie moderne émerge de la philosophie. C’est à partir de la philosophie moderne qu’est établi pour la première fois le principe que seul ce qui peut être connu clairement et distinctement (comme les mathématiques), est réel. Selon une phrase très célèbre du physicien allemand Max Planck : « est réel ce qu’on peut mesurer ». Et cette pensée que la réalité n’est seulement accessible à l’être humain qu’à condition d’être mesurable dans le sens de la physique mathématique, cette pensée est le fondement de toute la technologie. Et dans la mesure où cela fut pensé en premier par Descartes, le fondateur de la philosophie moderne, la connexion entre la technologie moderne et la philosophie devient assez claire.

En Occident, les personnes sans religion sont identifiées aux « communistes », alors que les personnes vivant suivant la religion sont qualifiées d’« insensées ». Qu’en pensez-vous ?

Les assertions que les personnes sans religion sont communistes, et que les personnes qui vivent suivant la religion sont insensées sont pour ainsi dire de simples accusations qui, je crois, peuvent être rejetées si l’on réfléchit clairement à la signification du mot « religion ». Religion veut dire, comme l’indique le mot, une reconnexion aux pouvoirs, forces et lois, qui excèdent la capacité humaine. Sur ce point, on peut même parler de religion athée, comme le Bouddhisme, qui ne connaît aucun Dieu, et est cependant une religion qui contient une connexion en elle-même. Je dirais aussi que les personnes, comme par exemple les communistes ont une religion, c’est-à-dire qu’elles croient en la science. Elles croient inconditionnellement en la science moderne. Et cette croyance inconditionnelle, c’est-à-dire la confiance dans la certitude des résultats des sciences est une foi, c’est une croyance, et c’est, d’une certaine manière quelque chose qui va au-delà de l’individu, et en conséquence, c’est une religion. Je dirais qu’aucun être humain n’est sans religion, et que toute personne est, d’une certaine manière, au-delà d’elle-même, c’est-à-dire, insensée.

Devrions-nous abolir la religion et la philosophie, puisqu’en dépit de leurs 4000 ans d’existence, elles ne sont jamais parvenues à influencer la vie humaine telles qu’elles en avaient l’intention, et de plus parce que religion et philosophie semblent toujours se contredire ?

On ne peut ni ne doit abolir la pensée et la croyance simplement parce qu’au cours de leur longue histoire, elles n’ont pas atteint ce qu’elles se proposaient d’atteindre. On ne peut, pour cette simple raison, abolir pensée et croyance, car l’essence humaine est finie. Car, dans son essence, l’homme est toujours contraint d’essayer de nouveau. Et tout particulièrement aujourd’hui alors que, je dirais (en revenant à la première question), la réflexion sur ce qu’est et qui est l’être humain est rendue nécessaire, de par le danger couru par les hommes en étant à la merci complète de la technologie et qui seront un jour transformés en machines contrôlées. Tu as aussi fait une autre remarque, la reliant à ton propre pays, dans lequel tu as dit que ton pays et ton peuple appartenaient aux pays sous-développés. Quand on parle de sous-développement, il faut toujours se demander vers quelle fin pointe le développement. Dans la conception de développement européenne et américaine moderne, il s’agit, en premier lieu, d’un monde technologique moderne. Dans cette perspective, je dirais que ton pays, de par ses traditions anciennes et continues, est hautement développé. Les américains au contraire, avec toute leur technologie et bombes atomiques sont sous-développés.

Existe-t’il un moyen de réunir les peuples en harmonie ? Et cela pourrait-il être appliqué à des conflits mondiaux concrets, tel qu’à Berlin-Est et Berlin-Ouest ?

Cette question est si générale, qu’il nous faut tout d’abord distinguer les conditions politiques pour une possible unification, des conditions psychologiques pour une convergence des peuples. Dans les deux cas, je dirais que, d’après notre situation historique entière et de par la fragmentation des peuples en différentes religions, en différentes philosophies et en différentes relations avec la science, il n’y a pas de dénominateur commun aujourd’hui, pour une compréhension directe et simple. Nous devons, je crois, remarquer ici la grande différence qui existe entre la région européenne avec cette histoire et ce passé, et la région où tu as ta maison. De sorte que j’aimerais dire ici que, s’il pouvait exister une quelconque possibilité de compréhension mutuelle réussie dans l’avenir proche, elle ne pourrait se produire qu’au travers, hormis des conditions politiques, d’une autoréflexion des êtres humains de toute part. Mais cette autoréflexion, comme je l’ai déjà mentionné dans tes autres questions, est rendue difficile dû au fait que pas seulement l’Allemagne, sinon dans toute l’Europe en général, nous ne possédons pas de relation claire, commune et simple à la réalité, et à nous-mêmes. C’est le grand problème du monde occidental, et c’est une cause de confusion d’opinions dans différents domaines.

Notes du traducteur :

L’Emmerdeur Né

L’Emmerdeur né, n’est Pas une négation.
Ce n’est certes Jamais tout à fait de sa faute,
Car il fait Tout pour s’en empêcher.
Mais c’est Vraiment plus fort que lui.

Tel un écho incessant,
Emmerdeur UnJour, Emmerdeur TouJours.
Il se ramasse et réfléchit d’un mûr à un Autre,
Et il MÛRIT, Mûrit, mûrit, mais ne mourût point …

Sa vie jonchée d’innombrables Échecs ardemment souhaités,
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ?
Et aussi de quelques réussites çavam’man négligées,
À quand le Salut tellement exigé ?

Bonjouuuuur !
S’exclame-t’il avec la même voix tonitruante,
Avec laquelle il saluait le village tout entier dès 4 ans.
Voici l’emmerdeur sur le point d’arriver.

S’il ne vous importune pas, c’est étrange
Peut-être s’en empêche-t’il si furieusement,
Que son Naturel sur le point de revenir
Vous emportera au triple galop.

S’il ne vous importune pas, c’est étrange
Peut-être prépare-t’il quelque chose sournoisement,
Jouant l’aimable faux-cul, seconde nature qui
Vous retournera telle une délicieuse omelette espagnole.

Mais s’il vous emmerde, alors, tout va bien …
Il s’assied ici ou là, écoute les uns, discute avec les autres.
Et, à peine arrivé vous sentez, déjà, une certaine démangeaison,
Vous sentez quelque chose sans savoir bien dire quoi.

Car c’est le comble de l’emmerdement,
Que d’emmerder les autres,
Sans leur laisser la moindre chance,
De bien comprendre pourquoi !

Gilets Jaunes : De l’état à l’étau

Une dimension venait d’être dépassée par ton pouvoir en place. Un pallier avait été franchi.
Les français avaient voté pour toi et contre l’extrême-droite. Pourtant, c’était bien avec Brutalité que tu gouvernais la France.
Contre les gilets jaunes, ta violence avait explosé telle une de ces grenades assourdissantes contenant de la TNT dont tu as le secret.
Combien de mains arrachées, d’éborgnés et de morts te faudrait-il pour assouvir ton fantasme viril d’homme fort d’un autre siècle ?
La France, pays des droits de l’homme disais-tu fièrement, était pourtant le seul pays européen à utiliser de telles armes contre son propre peuple.
Et de par tes actes, tu te confondais chaque fois un peu plus avec cette extrême-droite que tu prétendais combattre.
Bas les masques. Dictateur aliénant par élucubration, nous découvrons ton vrai visage, et te détestons à la hauteur du mépris que tu éprouves envers nous.

Ce monde devenu fou, la Reine Mère est partout

Je t’aime, tu m’aimes, nous nous aimons …
Un peu, beaucoup ou à la folie ? Passionnément …
En plein été sans climatisation, les nerfs s’échauffent.
Le monde devient-il complètement fou ?
Car la tension n’avait jamais été aussi Palpable,
Au sens figuré, mais aussi au sens Propre.

Monsieur Propre rend tout si propre que l’on peut se voir dedans

Tentons donc de nous voir dedans, afin d’y découvrir peut-être quelque chose.
Apparaît alors la Reine-mère qui s’adresse à son miroir magique :

Miroir, Ô mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

Le miroir magique moderne, à la fois téléphone et Facebook.
Et les Mamas and Papas disaient dans I Wanna Be a Star

I wanna be photographed
Asked for my autograph

Je m’aime, tu t’aimes, nous nous détestons …
Un peu, beaucoup ou à la folie ? Passionnément …
Du J’aime dans l’attente d’en recevoir en retour,
L’amour numérique devenu une crypto-monnaie …
Alors, ces réseaux sociaux nous rendent-ils tous Reine-Mère ?