• J’angoisse,

    Souffle coupé puis soudain renouvelé
    Coeur qui s’arrête pour mieux s’affoler,
    Estomac noué mais ballonné,
    Infernale somatisation du corps tout entier.

    Je préférerais en mourir maintenant,
    Raide, vivant mes derniers instants,
    Mort étendu sur ce sol,
    Pleuré par ceux qui m’Aiment,
    Etre lâche plutôt que vivre,

    Et donc devoir supporter cette insupportable Angoisse.

    Il y a celle de l’action bien sûr mais cette incertitude est supportable,
    C’est la fuite  qui ne fait que l’amplifier,
    Une envie de se tranquiliser, d’esquiver la réalité.

    Et vient donc la solution intellectuelle parfaite,
    Magnifique mais ne reposant sur rien,
    Qui n’est autre qu’une tentative desespérée d’esquiver.

    Devant la réalité dérangeante effrayante,
    Le refus de se confronter,
    Conduit donc à l’inaction,

    Et l’échec redouté devient alors inévitable.

  • Une dimension venait d’être dépassée par ton pouvoir en place. Un pallier avait été franchi.

    Les français avaient voté pour toi et contre l’extrême-droite. Pourtant, c’était bien avec Brutalité que tu gouvernais la France.

    Contre les gilets jaunes, ta violence avait explosé telle une de ces grenades assourdissantes contenant de la TNT dont tu as le secret.

    Combien de mains arrachées, d’éborgnés et de morts te faudrait-il pour assouvir ton fantasme viril d’homme fort d’un autre siècle ?

    La France, pays des droits de l’homme disais-tu fièrement, était pourtant le seul pays européen à utiliser de telles armes contre son propre peuple.

    Et de par tes actes, tu te confondais chaque fois un peu plus avec cette extrême-droite que tu prétendais combattre.

    Bas les masques. Dictateur aliénant par élucubration, nous découvrons ton vrai visage, et te détestons à la hauteur du mépris que tu éprouves envers nous.

  • Je t’aime, tu m’aimes, nous nous aimons …
    Un peu, beaucoup ou à la folie ? Passionnément …
    En plein été sans climatisation, les nerfs s’échauffent.

    Le monde devient-il complètement fou ?
    Car la tension n’avait jamais été aussi Palpable,
    Au sens figuré, mais aussi au sens Propre.

    Monsieur Propre rend tout si propre que l’on peut se voir dedans

    Tentons donc de nous voir dedans, afin d’y découvrir peut-être quelque chose.
    Apparaît alors la Reine-mère qui s’adresse à son miroir magique :

    Miroir, Ô mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

    Le miroir magique moderne, à la fois téléphone et Facebook.
    Et les Mamas and Papas disaient dans I Wanna Be a Star

    I wanna be photographed
    Asked for my autograph

    Je m’aime, tu t’aimes, nous nous détestons …
    Un peu, beaucoup ou à la folie ? Passionnément …

    Du J’aime dans l’attente d’en recevoir en retour,
    L’amour numérique devenu une crypto-monnaie …

    Alors, ces réseaux sociaux nous rendent-ils tous Reine-Mère ?

  • Prends garde à toi bel inconnu,
    Un animal féroce est peut-être bien devant toi !
    En effet, bien que n’en ayant ni l’air ni l’allure,
    Planqué derrière mes yeux doux,
    Et ce niais visage d’innocent,
    Je suis bel et bien Loup,
    Et toi ma prochaine victime …

    Je t’aurai prévenu Petit Poucet,
    Tu n’auras donc Rien à me reprocher …
    Peut-être même te dirai-je que tu l’avais si bien cherché,
    Que je n’ai Vraiment Pas pu m’en empêcher !
    En effet, mon irrépressible nature finit toujours par m’emporter.
    Je suis un Loup,
    Dès lors, pourquoi donc Lutter ?
    Autant plutôt en Profiter !

    Prends garde surtout à ne point tenter de me sauver,
    Tu ne serais que l’énième victime périssant par Bonté,
    Qu’une simple ligne de plus sur un coeur desséché.
    Ou bien serait-ce par Stupidité ?
    Car je ne sais point faire la différence !
    Sous ma cape de politesse se cache l’individualiste,
    Dont les douces paroles sont des contes si bien tournés,
    Que son propre conteur lui-même se laisse ensorceler !

    Et si je déclare soudain être « Amoureux de la Vérité » ,
    Méfie-toi …
    Car le mensonge aura déjà commencé !
    Tends bien l’oreille pour saisir
    La petite voix de ton intuition étouffée,
    Qui seule peut encore, éventuellement te sauver !

    Toc ! Toc ! Toc !
    — Qui est là ?
    — Ouvrez-moi , je suis perdu
    — Je n’en doute pas …
    Mais que fais-tu en un si sombre lieu ?
    — Je cherche où manger et passer la nuit.
    Car je crains d’être dévoré tout entier par le Grand Méchant Loup des Bois.
    A moins que je ne le souhaite ?
    Quel sot, je ne sais plus !
    — Bien t’en a pris,
    Te voici désormais en sécurité,
    Entre donc
    Et mets toi bien tout à ton aise …

    Et l’on relata l’histoire du Grand Méchant Loup des Bois …
    Férocement dévoré par le gentil Petit Poucet !
    D’où l’expression

    N’est pas toujours Loup celui qu’on croit !

  • Aujourd’hui j’ai tout oublié et me lève d’un tout autre pied !
    Ô père, pourquoi ai-je cette mine renfrognée ?

    Exalté tu es, car le jour est pair !

    Me voici soudain devenu Conformiste et Centraliste !

    L’Espagne est Une et Indivisible !
    Car l’union fait la force !
    Puigdemont ! Tremble devant l’apocalypse qui gronde !
    Et cesse donc tes clairons populistes !
    Car ton plan B n’est que Broutille !
    Par Toutatis, es-tu donc tombé sur la tête ?
    Iras-tu jusqu’à détruire notre beauté cosmopolite ?

    Il est bientôt minuit. Soudain, la tête me tourne …
    Et je m’endors alors tout étourdi !

    Aujourd’hui j’ai tout oublié et me lève d’un tout autre pied !
    Ah mère, pourquoi suis-je plus déchaîné que la Méditerranée ?

    Exalté tu es, car le jour est impair !

    Me voici soudain devenu Insoumis et Indépendantiste !

    Vive la Catalogne libre et indépendante !
    Affranchie de l’injustice et de l’infamie !
    Rajoy ! Ta dictature ne nous écrasera pas deux fois !
    Nous résisterons à l’envahisseur espagnol !
    Nous bâtirons une société juste, et vraiment démocratique !
    Iras-tu jusqu’à détruire notre beauté cosmopolite ?

    Il est bientôt minuit. Soudain, la tête me tourne …
    Et je m’endors alors tout étourdi !

    Cette nuit, je rêve d’un jeu d’échec sur le Guernica-Titanic.
    Blanc et noir sont remplacés par des drapeaux.

    • Échec dit le roi : La Catalogne restera espagnole au XXIème siècle !
    • Échec répliquent les tours indépendantistes : La Catalogne sera indépendante au XXIème siècle !
    • 900 blessés catalans dit le fou Rajoy ? Mais que nenni !
    • Mais pourquoi ta loi ne s’applique-t’elle pas à ta corruption lui répliquent les tours indépendantistes ?
    • Le roi décroche et appelle Seat : Délocalisez-vous immédiatement de Catalogne !
    • Le fou Puigdemont réplique : Vous ne m’aurez pas! Je suis déjà en Belgique !
    • Mat ! En taule le gouvernement catalan s’exclame la reine juge !
    • Mat ! Jusqu’au bout nous irons s’écrient en coeur les indépendantistes !

    L’equipage du Guernica-Titanic,
    Prévenu de l’iceberg depuis 25 ans,
    Accéléra graduellement jusqu’à l’impact.

    Le Guernica-Titanic coula tragiquement.
    L’enquête dira que leur ego les empêcha de virer de bord …
    En effet, ils ne surent reconnaître leurs torts.

    Surtout, ils avaient un goût fort prononcé pour la mort …
    Des pingouins déclarèrent même avoir entendu des chants exaltés avant l’impact …

    Je savoure une paella sur une terrasse.

    Et dire que ce pourrait-être ma dernière …
    Avec leurs enfantillages, ces abrutis finiront par nous faire entrer en guerre !

    Pour le dessert, j’hésite entre crème catalane et torrijas, le pain perdu espagnol.
    Tout bien réfléchi, je peux bien commander les deux …

    Tant d’énergie dépensée pour de vulgaires drapeaux,
    Quel gâchis inutile, je ne comprends pas.

    Alors, je déguste mes desserts,
    Essayant de ne point trop penser
    À cette funeste supercherie identitaire.

  • Sous le règne de l’adrénaline,
    Le coup d’éclat permanent est l’information en temps réel,
    Tel un bruit de fond incessant infernal,
    Plus c’est sensationnel mieux c’est.
    L’homme est un média,
    « Le média est un message »,
    L’homme est donc un message,
    Or il y a plus d’hommes que d’Idées selon Platon.

    Sous le règne du stress,
    Le coup d’état permanent est dirigé vers le cerveau,
    Tel un faisceau constant et abrutissant.
    Plus c’est fascinant mieux c’est.
    Je fascine donc j’existe.
    L’individu n’existe plus,
    L’autre est mon spectateur,
    Or, le spectateur c’est l’esclave du XXIème siècle.

    Sous la doctrine du choc,
    On agite, on secoue, on met KO l’individu, pour qu’il s’adapte.
    On ne parle pas de la dérive oligarchique de la démocratie.
    On n’évoque pas la perversité croissante d’un système destructeur,
    On transforme pour progresser, comme si on allait de l’avant,
    Et la marche vers le progrès prend des allures triomphale et heureuse.
    Comme l’évoque « la marche des gens heureux » des Trois Ménestrels:

    Quand nous passons main dans la main sous le ciel clair
    On dit de nous « Les voilà les gens heureux »
    Et nous allons droit devant nous et le cœur fier
    Fiers d’être nous, très heureux d’être amoureux
    Rien ne pourrait nous empêcher
    De nous aimer

    Ringardiser l’adversaire c’est l’ancrer dans ce passé figé,
    L’envoyer dans les cordes car il est contre « le progrès »,
    Alors que le présent est en mouvement.
    On ne s’interroge pas si ce mouvement va en avant ou en arrière,
    L’essentiel est bien d’être « En marche ».
    Certaines âmes perdues soutiennent même que, pour aller de l’avant,
    Il est parfois nécessaire de faire marche arrière, un argument qui laisse pantois …

    Or, comme le disait Beaudelaire dans « Chacun sa Chimère » :

    Je questionnai l’un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu’il n’en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu’évidemment ils allaient quelque part, puisqu’ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
    Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n’avait l’air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu’il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.

    Un poème dont l’actualité reste incandescente…
    Mais quelle est cette « bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos » ?
    Cette marche vers le progrès est-elle la condamnation à l’éternelle espérance ?
    Ce progrès en est-il seulement un ?
    Auquel cas, savons-nous seulement si nous vivrons mieux demain ?

    Nous n’en savons rien car le futur est mouvant,
    Telle une pièce de monnaie qui tournoie dans l’air.
    Dès lors, à qui profite la Marche ? Ou bien serait-ce … le Crime ?
    Est-ce donc la « marche des gens heureux » ?
    Ou bien celle de « Chacun sa chimère » ?

    Je n’en sais rien …
    J’essaie de garder les yeux ouverts …
    Et de ne pas céder aux sirènes rassurantes de cette croyance du progrès
    Qui prend toutes les allures d’une nouvelle religion …
    Ulysse! Aide-moi à rester éveillé dans cette tourmente !

  • Le grand écart est atteint.
    Jamais la réalité n’avait semblé si éloignée de la fiction.
    Ou bien si proche?
    On en doute…

    Un coup d’oeil par la fenêtre …
    Ciel est nuageux, tout est calme.
    Un coup d’oeil sur Twitter,
    L’apocalypse est pour demain, ou pour le 19 Février 2017.

    Qu’en penser? Où est donc la réalité?
    Le présent médiatique tragique va t’il se réaliser?
    Ou s’agit-il simplement de la bonne vieille stratégie visant à occuper notre temps de cerveau disponible,
    Et donc à réduire notre capacité à penser et à vivre aussi.

    En attendant, que faire?
    Stocker de l’eau et de la nourriture,
    Ou se la couler douce?
    Incroyable mais pourtant vrai, le doute est en ce moment permis!

  • L’image de cet étudiant chinois écrasé par un char sur la place Thyenanmen est fascinante et terrifiante à la fois. C’est l’homme dont l’individualité est anéantie par un système -quel qu’il soit.

    Appelez le communisme, capitalisme voire même matriarcat c’est la même chose, rien n’arrête un système dont le seul but est de survivre et s’étendre par la conquête , quitte à aplatir l’individu.

    La fin justifie les moyens.

    L’usage du nous est parfois révélateur d’un système totalitaire, dans le sens où il englobe et prive de parole l’autre, qui est placé dans une affirmation par défaut. Et il n’existe de pire fascisme que celui qui endort et se cache derrière les bonnes intentions et autres bons sentiments.

    Car personne n’est désintéressée et c’est probablement celles et ceux qui cachent le plus leur intérêt ou besoin des autres qui sont aussi les plus manipulateurs. À l’heure de l’hypermédia, l’aliénation mentale est reine et fait renaître, en réaction, un autre type de fascisme de ses cendres.

  • Je me souviens de ma mère me tendant ce bouquin « En finir avec Eddy Bellegueule », visage angoissé et demande implicite…

    – As-tu vécu cela?

    Et ma réponse:

    – Non maman, ce n’est pas mon histoire, j’ai vécu autre chose

    Je me souviens d’un véritable choc en lisant ce bouquin, telle une décharge électrique…
    Puis d’une colère mêlée d’admiration contre la force de cet homme,
    Ce parvenu parisien qui reniait sa famille et son passé jusqu’à oser changer de nom!
    Enfin d’une jalousie devant la Liberté désormais sienne, en coupant si « Malevichement » avec ses racines …
    Je critiquais dans un déni acerbe le style qui s’écroulait complètement dans la dernière partie du livre,
    Et me permettait de le détruire sereinement afin de l’oublier au plus vite et d’éviter de se poser des questions…

    Un an et demi après l’avoir lu, j’y reviens suite à la lecture d’un article d’Edouard Louis dans Libération.
    Comme si ce rejet commun de la Picardie liait nos passés, même si je n’ai pas vécu la même chose…

    Je me souviens de la double-écriture en français et picard tout d’abord,
    Mais surtout l’électrochoc vint de la lecture que j’en faisais…
    En effet, ce fameux texte en italique résonnait dans mon esprit avec ce fameux accent picard que j’avais toujours méprisé…

    Je me souviens donc des gens dans ce plateau du Santerre à deux vitesses,
    Ceux qui parlaient français sans accent -les gens intelligents et pleins d’Avenir donc- et les autres, les ploucs.
    En sixième, j’ai compris que les gens intelligents pleins d’Avenir étaient aussi snob et cruels…
    Petits bourgeois habillés en Chevignon et Levi’s et se moquant de tous ceux qui ne leur ressemblaient pas,
    Les snobs, malgré leurs marques et bonnes notes en classe ne brillaient pourtant pas par leur intelligence.
    Comme le disait si bien le plus grand d’entre nous:

    Je fus frappé à quel point, chez ce jeune homme et les autres très rares amis masculins de ces jeunes filles, la connaissance de tout ce qui était vêtements, manière de les porter, cigares, boissons anglaises, cheveux, –et qu’il possédait jusque dans ses moindres détails avec une infaillibilité orgueilleuse qui atteignait à la silencieuse modestie du savant– s’était développée isolément sans être accompagnée de la moindre culture intellectuelle. 1

    La bande des premiers de la classe méprisait donc profondément les ploucs et ne se mélangeait avec eux qu’à l’occasion de rares activités, comme les cours de sport, dessin ou encore musique où tous chantaient horriblement faux…
    Dans ces moments particuliers, ni l’accent ni une meilleure maîtrise du langage n’accordaient de privilège…

    Intolérance, homophobie, domination, cruauté,
    Il ne faisait pas bon vivre non plus avec les snobs picards …
    À tel point que je revenais souvent chez les ploucs malgré cet accent picard que j’abhorrais tant.
    Puis, je me décourageais devant les mauvaises odeurs et blagues de caniveau,
    Comme désolé de ne trouver ma place nulle part …

    Mon erreur fût de ne pas comprendre plus tôt que j’étais très bien tout seul.
    Que, dans cet environnement détestable, mes bouquins, mon piano et mes chats étaient mes seuls et véritables amis …

    Mon salût vint grâce à la musique qui m’offrît une première échappatoire, au lycée, à la ville.
    Amiens, tel un nouveau début avant de partir plus loin encore.
    La ville à la rescousse pour s’extraire d’une nullité ambiante, avec un doute toujours,
    Celui de savoir si je suis parti assez loin et si je peux encore être rattrapé…

     

  • Il est curieux de constater comme, parfois politique et personnel se rejoignent…
    Ainsi, alors que le socialisme traverse sa plus grande crise européenne, je prends soudain conscience de la vacuité du « social » ou du petit théâtre des relations humaines, basées sur l’image de l’Autre.
    Partagées parfois entre acteurs et spectateurs, les uns et les autres sont prisonniers de leurs rôles respectifs.
    Et tout cela est absolument ennuyeux, à mourir.
    Cela signifie t’il pour autant que l’autre n’est plus rien? Non à condition que les relations soient plus franches, et donc moins dans l’image, ce qui implique moins d’effort et plus de naturel, ce qui nécessite parfois de gros réajustements.
    Bien sûr, cela n’est pas toujours possible. Certains vont demander des explications, ce qui est d’autant plus impossible que, comme l’a très bien dit Lacan, « pas tout…«