• C’est le retour de l’ovni, virevoltant de droite à gauche, ou de gauche à droite.
    Cet objet si imperceptible mais présent à la fois, qui empêche bloque capture l’esprit, crée frustrations et colère, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie puis à la rage.
    Alors, la seule manière de sortir de l’objet c’est d’écrire et donc reprendre une hauteur pour transformer le sacrifice en générosité.
    Retrouver son centre sans chercher à être entendu, mais avec des mots qui glissent depuis ma bouche à votre oreille comme si je vous embrassais.
    Écrire telle une nécessité supérieure, j’allais dire une hygiène, mais non quelle horreur!
    Et pourtant, telle une douche tiède froide ou chaude, un bain aux arômes relaxants, l’écriture est l’hygiène de l’âme. Elle peut en être aussi bien les chiottes qu’une toilette de chat ou un moment sensuel.
    Les médecins de demain tout comme ceux d’hier recommandent d’écrire quelques lignes en plus du petit verre de pinard et de la petite marche quotidienne…
    Mais tout cela ne serait rien que de la merde s’il ne s’agissait pas de moments privilégiés avec soi-même, des moyens détournés d’atteindre une forme de grâce dans l’oeil du cyclone.
    Un simple prétexte donc pour discuter avec soi-même…

  • Demain je ne t’aimerai plus du tout, ce sera la fin de notre histoire.
    Aujourd’hui je t’aime un peu et tu me sembles quelconque,
    Hier je t’aimais passionnément, tu étais magnifique!
    C’est l’Amour tel un grand huit,
    Qui monte, descend, mais toujours à pic!

    Ponctualisé par ces notifications venues d’ailleurs qui nous perturbent à présent.
    Un message et soudain la réalité change,
    De la pénombre à la lumière,
    Je ne t’aime plus, j’en aime un autre,
    Ou encore j’ai envie de tous ces autres.

    Et puis il y a ces paroles d’amour prononcées hier et qui sonnent faux aujourd’hui.
    Je ne t’aime plus ou serait-ce que je ne veux plus t’aimer pour pouvoir aimer le prochain?

    L’Amour tel un grand huit est quelque chose de brutal,
    On en sort secoué, remué, avec une forte envie de vomir qui peut durer des semaines…
    Que faire sinon rompre quand les sentiments font du yoyo?

  • Nous étions là, en train de siroter tranquillement une menthe à l’eau à l’ombre tandis que le soleil fessait les joues de nos voisins alcoolisés à la recherche d’un bronzage accéléré.
    Nous discutions tranquillement de ces paradoxes de début de siècle, de ce mélange de chaos interconnecté dont nous arrivions parfois à nous protéger en s’éloignant de médias apocalyptiques et d’incessantes interruptions électroniques.
    Nous prenions du plaisir dans une conversation aussi tranquille que réfléchie, dans un monde qui ne laisse plus de place qu’à la réaction où le cerveau humain semblait remplacé par le moteur à explosion d’un avion.
    Une boîte crânienne en décomposition pour cause d’harcèlement électronique dont nous étions incapables de décrocher, une drogue dure à base d’adrénaline pure entretenue par de faux suspense quotidien à base de séries, films d’horreur et autres annonces apocalyptiques.
    Et pourtant, parfois, l’Amour – oui l’Amour avec un grand A – était encore possible. Même avec le lavage de cerveau d’une société détruisant à son insu les individus qui la composait. L’Amour faisait de la résistance alors que le don d’une partie de soi n’était plus franchement à la mode. L’Amour résistait héroïquement à l’assaut. Il tenait des jours, des semaines voire des années, cerné par un étau qui imposait le plaisir en priorité, l’infidélité en modèle préconisé par ces inconformistes éclairés dont l’esprit était en fait resté bloqué au dix neuvième siècle.
    Il fallait être têtu et pourtant parfois on finissait par céder dans un moment de faiblesse. Et l’ombre du plaisir Roi s’abattait sur nous tel un orage qui semblait ne jamais cesser. Nous étions fait comme des rats, mais, dans des moments de hauteur vertigineuse, on riait de ce piège à cons redoutable qui bientôt nous reprendrait.

  • La religion catholique, oui je sais ça commence mal, peut jouer ses meilleurs tours aux plus athées d’entre nous. À ceux qui le sont par opposition plutôt que par conviction, surtout.
    Combien reportent leur plaisir indéfiniment « à plus tard », aimantés à leurs devoirs et obligations, surtout celles qui ne dépendent que d’eux même.
    N’est-ce pas l’une des meilleures illustrations d’une croyance inconsciente en un paradis -le plaisir-, remis systématiquement c’est à dire éternellement à plus tard?
    Serait-ce une forme de suicide que de remettre un plaisir quel qu’il soit, immédiat, quelque chose que l’on peut vivre là maintenant à un plus tard incertain?
    Le report du plaisir à plus tard serait donc un sacrifice de ses envies qui peu à peu gangrène un être jusqu’au plus profond de sa moelle.
    La guérison est à la fois simple et complexe. Il faut parvenir à suivre ses envies, et pour les emmerdes, et bien on verra plus tard, éventuellement.

    Ainsi donc, aux fourmis qui reportent leur plaisir à « plus tard » s’ouvrirait un paradis éternel aussi incertain que le soleil du lendemain alors que pour les cigales du jour d’hui, les plaisirs quotidiens les précipiteraient dans les ténèbres éternels!

    ¡Pues vaya mierda, hoy quiero disfrutar, y mañana también!

  • C’est une sensation bizarre, une sorte de vertige devant des créations délaissées, qui, par miracle ont survécu au vent d’hiver …
    C’est un rayon de soleil qui – certes – ne fait pas le Printemps, mais réveille des espoirs de lendemains qui chantent …
    C’est un mélange d’envie de recommencer et cette peur systématique de ne pas en être capable
    Cela ne fait que dénoter une incapacité au Bonheur tant les doutes empêchent de Vivre et d’Aimer.

    Mais … Personne n’est incurable, et la lecture de Nietzsche est curatrice même pour le pire des névrosé.

    Alors Pan, je tiendrai la plume tel un pistolet que je ne quitterai plus jamais,
    Sauf bien sûr à délaisser cet Autre que j’eus tant de plaisir ce soir à retrouver.
    Arrêter d’écrire, c’est se trahir un peu, beaucoup, passionnément, à la folie.

  • La direction était choisie, la ligne bien tracée, et en avant marche!
    Une deux une deux une deux, le soldat progresse,
    Le travail est abattu comme une opération commando,
    Et soudain, l’acte manqué, le Patatra!
    Oublis … des clés, de prendre ses médocs, de fermer la porte…
    Alors ralentissement … stop … arrêt sur image … réflexion …
    Mais que se passe t’il?
    Les certitudes s’écroulent, la conscience tel un soleil embrumé apparaît:
    Sa vie est une chute libre.

    Alors, il ouvre par hasard une de ces portes refermée il y a longtemps,
    Un compartiment comme dirait l’Autre,
    Et tombe « par hasard » sur le message d’une vie antérieure.
    Il réalisa soudain que la vie en opération commando n’était pas pour lui,
    Pour les autres peut-être …
    Mais, incapable de fixer la date de l’armistice,
    Il retomba instantanément dans son inlassable chute …

  • C’est l’histoire de deux amis, éternels adolescents,
    Deux poètes, rebelles, au verbe incandescent qui transperce une banquise.
    De quoi réveiller cet amour passé, jamais oublié,
    D’un doux soleil caressant le brouillard de Novembre.
    Impénétrable, défense insoumise, tyran enfoui…

    Au fur et à mesure que le sirocco souffle,
    Les vestiges d’amour préhistorique s’éveillent,
    Telle une faille spatio-temporelle, le passé au présent.
    Et les doutes d’une maturité nouvelle surgissent.
    Et si … le tyran n’était pas « que lui »?

    Le décalage est parfois frappant,
    Le changement, l’adaptation, l’oubli,
    Le matérialisme, la société, le refus de choisir,
    De prendre un risque, celui de perdre,
    Mais d’être vraiment soi peut-être,
    Et s’assumer, enfin, peut-être, un jour, ou bien jamais?

  • Cinéma: Capitaine Phillips
    Cinéma: Capitaine Phillips

    Depuis ce soir, Philips, ce ne sont plus seulement des télévisions et des ampoules basses consommations. C’est aussi une plongée de 2h14 dans un racisme débridé avec le film « Capitaine Phillips ».

    Le capitaine Richard Phillips: Une histoire vraie

    Issu d’une histoire vraie, le capitaine Richard Phillips est un homme d’une bonne cinquantaine d’années. Marié, il est inquiet pour l’avenir de ses deux fils, car la compétition pour trouver un travail aujourd’hui est beaucoup plus rude qu’à son époque. Et le monde beaucoup plus complexe.

    Le capitaine Phillips est donc affrêté à une mission pour mener un porte-conteneur de 152 mètres contenant des vivres humanitaires au Kenya en passant le long des côtes somaliennes.

    Pendant ce temps là, dans un village côtier de la Somalie, des mafieux obligent des pêcheurs reconvertis en pirates à prendre la mer et ramener un bateau.

    Après son départ, le capitaine Phillips est informé par email de la présence de pirates dans cette zone. Son intuition le décide à renforcer la sécurité du navire et à lancer une simulation d’alerte juste avant la première attaque des pirates.

    L’abordage du Maersk Alabama

    Les pirates réussissent à aborder. Et soudain tout bascule…

    Cela devient gênant quand on rentre dans l’affrontement entre noirs et blancs.
    Cela devient révoltant lorsque les pirates noirs sont présentés comme méchants et stupides. Leur instinct animal prend le dessus dans les moments de tension, leurs yeux deviennent exorbités, ils fument et prennent de la drogue.
    D’un autre côté, les blancs sont intelligents, civilisés et courageux. Victimes des pirates, ils cherchent à bien faire leur job pour sauver leur vie, leur bateau ainsi que les marchandises humanitaires.

    Images vs Discours: Schizophrénie ou hypocrise?

    Et c’est là que le bat blesse. Le discours montrant une réalité soi-disant complexe s’oppose à des images brutales et manichéenes. Cette schizophrénie engloutit le message en le rendant secondaire, et révèle la toute puissance des images qui nous renvoient en pleine gueule les pires clichés racistes, de ceux qui conditionnent l’esprit à garder une main sur son sac lorsqu’un noir ou un arabe vient demander sa route…

    Je n’évoque pas les trois navires de l’armée américaine venus vaincre les quatre pirates armés d’AK47 et en sandales … Mais où donc était le sous-marin nucléaire?

    Conclusion

    Faut-il boycotter le capitaine Phillips, donc? Sans ambiguité oui, car les clichés véhiculés par le film sont à vomir!

  • Nu, revêtu simplement de son élégance singulière,
    Il avance nonchalant, dans un silence teinté de mystère,
    Il déambule, sa silhouette est belle et dédaigneuse à la fois.

    Sans un regard, tressaillement d’oreille ou mouvement
    Qui trahirait le quelconque intérêt qu’il me puisse porter …
    M’en voici donc convaincu: Mon Chat me snobe!

    Et pourtant je le traite en Dieu …
    Je l’héberge le câline l’aime depuis que j’eus le privilège d’être son élu.
    Je le nourris, m’extasie, porte l’adoration jusqu’à nettoyer son cabinet …

    Je suis son petit homme, servant, esclave volontaire …
    Mais si « mon » chat n’existait que pour être adulé?
    À moins que je n’existe que pour me prosterner?

    Du haut de son regard abyssin, il me nargue avec son sourire matois,
    Me prend de haut, et semble se moquer de ma condition de pauvre humain
    Bougeant parfois à peine une oreille en guise de consolation …

  • J’ai trois ans et demi, peut-être quatre tout au plus. Je suis sur mon tricycle jaune. Gosse invincible. Rien ne peut m’arriver. Je suis le gentil de toutes facons, j’ai dû sauver la terre une dizaine de fois dans les dernières heures. Rien ne m’arrête, sauf peut-être Stéphane qui s’amuse à jouer au méchant et contrarie donc systématiquement mes plans. C’est très fatigant alors qu’on pourrait très bien sauver le monde ensemble mais non, nous ne sommes jamais d’accord, alors c’est coup bas contre coup bas! On ne lâche rien, Jamais! Meilleurs ennemis!

    Contrairement aux opinions de la plupart des adultes touchés le plus souvent par une grande amnésie collective, la vie d’enfant n’est ni reposante ni drôle! Il y a beaucoup de travail pour empêcher le pire de s’accomplir, en l’occurrence les plans démoniaques de Stéphane le méchant! C’est très important! On ne peut pas laisser faire!

    Il y a certes des moments de répit, comme là sur mon tricycle jaune, sur ce petit pont en ciment devant le garage de la maison de mes grands parents. Plus que du répit, c’est de l’ennui même, un ennui à mourir. Je ne sais pas ce que fait Stéphane sur son grand vélo à deux roues et deux roulettes, mais malheureusement pour moi, il ne semble pas très diabolique. Peut-être fait-il souffrir une mouche, bref, rien de très important … Mon intervention n’est pas nécessaire, le monde n’est pas en péril, mon orgueil n’est pas remis en question, tout va bien …

    Alors, je regarde autour de moi. Que vais-je bien pouvoir faire dans ce moment de calme? Rester tranquille, regarder les oiseaux? Vous n’y pensez pas, il doit quand même y avoir des choses importantes à faire … Mais on n’a pas vraiment besoin de moi en ce moment, l’oisiveté m’est pesante, je m’ennuie et j’ai envie de faire un truc. C’est une sorte de légère démangeaison interne comme pour combler un vide … Il faut agir … Faire quelque chose, vite! Je ne peux quand même pas faire souffrir la mouche avec Stéphane! Mon status de gentil universel ne s’en remettrait pas, et puis … mon orgueil m’en empêche … Même si ce ne serait pas la première fois que je m’assieds dessus pour un acte passionnant, pas maintenant!

    Alors il y a bien cette rivière qui coule sous le petit pont, et ce bord à quelques pas … Mamie – la sainte protectrice – m’a dit de faire bien attention à ne pas tomber dans la rivière. Sa voix est montée dans les aigus pour insister. Mais pourquoi? Et si je tombe, que se passe t’il? Rien de terrible sans doute … Du moins je ne crois pas … Alors je m’approche silencieusement du bord. Je regarde Stéphane, il est toujours très occupé. Je regarde la rivière … Le courant est important … Le danger est réel … Le coeur palpite … J’ai envie de savoir:

    Que se passe t’il si je tombe?

    Qu’y a t’il en dessous?

    Alors je me colle au bord en tricycle. Je place doucement une roue dans le vide, joue à basculer, trouve un premier point d’équilibre. C’est drôle le danger, on se sent soudain très éveillé, les sens en action, la respiration plus rapide … Je ne cherche pas à tomber réellement … Du moins je ne pense pas … Juste à me faire peur … Trouver la limite … Mais j’avance irrésistiblement vers le vide.

    Je dépasse le point d’équilibre, me penche en arrière, rétablit superbement la situation … Ouf j’ai eu vraiment peur … Mais soudain le tricycle glisse! Et je tombe  dans cette rivière qui m’engouffre dans les égouts …