• La drogue n’est pas qu’une substance chimique d’origine externe
    Telle la cocaïne ou l’héroine…
    Certains comportements aussi sont addictifs,
    Mais la Science ne les a peut-être pas encore bien détectés.

    Ma drogue à moi c’est le « Bon Garçon ».
    Cette belle image de moi renvoyée par les autres agit tel un anxiolytique.
    Malheureusement, je ne suis pas tel que vous le pensez.
    Ce qui fait donc de moi un imparfait inconnu!

    Pour être un « Bon Garçon », je suis prêt à dire le contraire de tout ce que je pense,
    Jusqu’à trahir mes plus profondes convictions… Volatilisées!
    L‘amnésie s’installe comme un éléphant applatit une fourmi,
    C’est à dire dès l’instant même où ma drogue commence à faire effet.

    Oh, je vous entends ricanner penser:

    « Mais rien de bien grave jusqu’ici!
    Chacun doit faire des efforts en société!
    Et surtout, ne soyons pas égoïste!
    Un peu d’altruisme n’a jamais fait de mal à personne, que diable! »

    Alors, le bon garçon vous écoute, s’efforce et suit vos bons conseils.
    Mais patatra, l’inconscient fait des siennes!
    Lapsus à répétition, tristesse, négativité, dépression, descente aux enfers…

    Le « bon garçon » est un bombardier allemand au dessus de Londres,
    Chargé d’autant de bombes que d’efforts réalisés…
    Dans une vrille qui semble sans issue, il se décide enfin à tout lâcher.

    Miracle, il reprend doucement de l’altitude.
    À 38 ans, il était grand temps …

  • Tout est dans les nuages …
    Et plus seulement nos rêveries …

    Bientôt, tout battement, du coeur jusqu’au cil sera ausculté,
    Dans ce grand projet de santé mondiale que sera la télémétrie vivante.

    Mettra t’elle à jour le mystère de la pensée?
    Découvrira t’on encore ce que l’on sait déjà?
    À savoir par exemple, que l’animal pense et sent aussi!

    Oh, quelle grande découverte scientifique quand on en aura enfin la Preuve!
    Prix Nobel et applaudissements à la clé …

    Mais que cache donc notre estimable besoin de certitude?
    Une envie de ne plus trop se casser la tête, peut-être?

    L’homme-en-données sera t’il décodé, compris -et donc Vaincu– par la Machine?
    Ce progrès s’accompagnera forcément -encore- d’une nouvelle perte de liberté …

    Alors que les grands électrodes cérébraux rappliquent à toute vitesse,
    L’Humanité est-elle en péril ou réellement en progrès?

    Et que devient l’Art?
    Appauvri par un effet de gravitation scientifique menant droit au trou noir cérébral …
    La Science pour savoir, certes, mais cela n’est pas tout!
    Il y a d’autres choses dans la vie!

    Elle promet l’Avenir mais prépare un Enfer-sous-contrôle,
    Comme le fit avant-elle -mais dans une moindre mesure- sa prédécesseur éclairée …

    Le progrès serait réel s’il était accompagné par un contrôle démocratique.
    Mais l’attaque est généralisée
    Combien de temps tiendront les états et les langues
    Avant d’être vaincu par cette grande lessive globalisante?

    Nous parlons déjà tous anglais,
    Quand serons-nous tous américains?

  • Ce début de 21ème fonçait dans une direction inquiétante.
    La douceur du quotidien semblait parfois altérée par une dimension parallèle,
    L’angoisse perpétuelle d’une violence à venir,
    Étrange atmosphère d’un ciel orageux dont on admire fébrilement la beauté …

    Pourvu qu’ça tombe à côté

    L’impuissance politique était portée à son comble,
    Les scientifiques invitaient le monde à agir pour empêcher l’apocalypse,
    Certains pensaient heureusement être sauvés par le progrès.

    Le système médiatique diffusait la peur pour augmenter ses revenus publicitaires.
    Actualités morbides, séries télévisées à suspense et autres films d’horreur,
    Les annonces apocalyptiques pleuvaient,
    Et maintenaient l’instinct de survie en alerte …

    Parc’que ça servira p’tet bien un jour…

    En effet, l’homme était réduit à l’état de zombie,
    Pas celui fantasmé du coin de la rue,
    Sinon le spectateur exposant ses neurones à ce grand lavage de cerveau collectif.

    Cette culture d’angoisse conduit droit à la régression.
    Il faut donc prendre toutes les mesures nécessaires afin de s’en préserver.
    Cultiver une résistance basée sur des plaisirs simples,
    Si accessibles et pourtant si difficiles d’accès.

  • Rêvons un peu ferme donc ses portes pour rendre sa place à Antoinet.
    Comme si le rêve n’avait jamais réellement commencé,
    À moins qu’il n’ait été qu’un artifice?

    En effet, votre serviteur est incapable de ne rêver qu’un peu…
    C’est soit l’âpre réalité ou le fantasme fou,
    La tablette de chocolat entière ou complètement consommée, il faut choisir,
    Pas d’entre deux!

    J’ai certes ressenti de nombreuses fois que certains textes, trop réels peut-être, n’avaient pas leur place ici,
    Puisqu’il était parfois question aussi de cauchemars…
    Mais pas de feintes excuses, ce n’est pas un nom qui empêche d’écrire!
    Sinon une flemmardise un peu trop cultivée à coup de desserts chocolatés,
    Le sucré pour échapper à la réalité et amortir sa soi-disant dureté,
    Lorsque fuir devient urgent, c’est que le réellement nécessaire ou encore le nécessairement réel est trop angoissant…
    L’angoisse de l’inconnu pire que celle de la mort disait Lacan.

    Mais, un homme peut retrouver la face,
    Ne serait-ce qu’une minute avant sa mort,
    Malgré toute l’angoisse qu’elle lui procure,
    Et partir sur une bonne impression…

    Et pour ma part, j’aimerais pouvoir écrire encore cent ans!
    Pas une minute à perdre donc,
    Je m’y remets dès maintenant,
    Et j’efface cette berceuse pour tenter de la remplacer par un âpre désir d’incandescence,
    Ce truc qui ne peut se vivre qu’au présent!

  • Mais qui était-ce vraiment?
    Je n’évoque pas cette superbe image de soi si plaisante à contempler,
    Telle cette reine appelant le jugement de sa conscience

    – Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle?

    – Madame la reine, vous êtes la plus belle au pays.

    Cette image si parfaite qu’elle s’était forgée ressemblait comme deux gouttes d’eau à ce diabolique Dorian Gray
    Qui, d’un oeil assassin observe son portrait révéler sa véritable nature alors que son apparence est toute autre …

    Que ce soit il ou elle, peu importe! Mais qui était-ce réellement?
    De Docteur Jekyll, Mister Hide, Dorian Gray ou bien de son portrait?

    – Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle?

    – Madame la reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige est encore mille fois plus belle.

    Et soudain, la reine, par jalousie, devint assassin…
    Ce n’était pas de sa faute bien sûr mais bien celle de Blanche-Neige…

  • Pardonne-moi de t’interrompre dans ce grand moment d’ennui…
    En fait, je ne sais si je t’interromps ou te soulage…
    Je te voyais tellement absent, pris dans une rêverie, ou un fantasme peut-être?
    En fait, derrière ce visage en apparence calme et inexpressif, ton inconscient tapait à ma porte…

    Ô rage ô désespoir ô viellesse ennemie !
    N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

    J’ouvrais la porte, le priais de s’assoir lorsqu’il me fit part de ses envies…
    De partir en vrille, d’extase, d’exaltation oui,
    De ces envies qui nous poussent à brûler la vie par les deux bouts et nous empêchent donc de le rester…
    Jamais rassasiées tel un ogre avide de petits enfants,
    Une drogue, l’héroïne qui, d’exploits en exploits nous porte sur des sommets,
    Oui l’inconscient était entré et il criait pour que nous partions vite loin fort à tout jamais, pitié Aaaahhhhh!
    Faire quelque chose qui lui donne une impression de vivre bien que cela conduit droit vers la mort!
    Bien que n’y tenant plus, je ne cédais pas à ces envies…
    Je refermais doucement la porte et vivais l’instant avec cette douceur incomparable qui accompagne l’ennui.
    En un mot, j’étais heureux, simplement, et simplement heureux…

  • Le quai d’une gare n’est jamais magnifique, et pourtant, il arrive quelquefois d’un simple détail pour transformer le cadre…
    Je m’assieds sur un banc en attendant mon train vers un ailleurs à la fois lointain et proche,
    J’entends un faible son ou plutôt un rythme à base de croche deux doubles..
    Je lève la tête et voit en face, de l’autre du quai, deux filles et un garçon assis sur le banc d’en face…
    La première sur la gauche est vêtue de noir jusque ses cheveux,
    La seconde porte un manteau blanc,
    Le troisième est vêtu de noir mais son jean est troué au niveau des genoux…
    Bercé par le rythme, il pose doucement sa tête sur la fille vêtue de blanc,
    Une épaule confortable, mais… Celle-ci se lève et laisse son manteau blanc !
    Bien embêté par cet oreiller qui déménage, le garçon se déplace doucement sur l’autre siège, s’assied sur son manteau, puis demande à sa nouvelle voisine si elle peut rapprocher son épaule et pose la tête dessus.
    Tam talata tam, le rythme le berce à nouveau et il sombre lorsque son ex voisine revient, lui demande son manteau et par vexée alors qu’il sombre à nouveau non sans se demander s’il ne devrait pas courir le chercher…
    Le contraste est saisissant entre le non design utilitaire du quai de gare de sants avec ses lumières couleur néon, et la douce beauté de ces trois compères…

  • La bonne humeur rapatriée en urgence?
    Malaka oui, c’est possible, mais sans ambulances ni sirènes hurlantes!
    Ulysse, de retour en Grèce, les renvoie prestement à ces abysses auxquelles elles appartiennent !
    Soudain donc, la Grèce, berceau de la démocratie européenne,
    Mais aussi, et surtout, leader intergalactique de l’art de vivre, tout du moins avant le grand crac de…
    2009?
    Ou 2010?
    Ou bien 2011?
    Mais encore 2012?
    Ah bon c’était peut-être bien 2013?
    À moins que 2014?
    Mais attendez, la France, elle, est en crise depuis 1977.
    C’est bien simple, c’est la crise tout le temps! On étouffe !
    La crise interminable, la crise parce que quels que soient les efforts, ils ne sont jamais suffisants.
    Il faut toujours donc faire des sacrifices, baisser les salaires, gagner en compétitivité, pour retrouver des poings de croissance afin de pouvoir ex-porter.
    Et blablabli ! Et blablabla !
    Ce ne sont que des prétextes pour frapper sur des populations…
    On connait la petite musique lancinante, hypnotisante,
    On finit tous par y succomber en lisant « les média », et donc par fermer sa gueule, et bosser telle une machine.
    C’est tout simplement l’effet du chant des sirènes… On l’écoute et puis à trop vouloir comprendre, on en perd son âme…
    Et pendant ce temps là, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent,
    Non mais à quoi bon bosser lorsque le travail devient esclavagisme ?
    Et donc les grecs, ce peuple surdoué dans l’art de vivre et épargné jusqu’ici par ces potions amères, se sont fait littéralement massacrer pendant 5 longues années par une bande de brindezingues obsédés par les chiffres et totalement déconnectés de la réalité … et pire, des gens au point de les considérer comme quantité négligeable devant les chiffres…
    Oui, des extrémistes.
    Et c’est donc à ce prix que des familles ont perdu toutes leurs économies pour renflouer les caisses des banques…
    L’Argentine, pays magnifique, savant mélange d’Europe et d’Amérique ne s’en est pas encore remise, quinze ans après l’administration forcée de la même potion, rendez-vous compte …
    Et puis soudain, Miracle!
    Fin de la tragédie grecque !
    Non seulement un parti de gauche arrive au pouvoir, ce qui n’était pas arrivé depuis les années soixante dix…
    Parce que le comble c’est que c’est la même droite qui a coulé l’économie du pays qui prétendait la sauver!
    Mais, en plus, un ministre des finances de gauche beau, intelligent, brillant stratège et bon communicant apparaît!
    Ulysse! Te voilà, sublime ! J’en tombe à la renverse !
    Ah, mes amis grecs, vous avez osé, oui!
    Je n’ai rien vu venir, je n’y croyais plus!
    Et vous nous sauvez aussi de l’affre du dimanche soir et de sa sombre compagne : la sourde angoisse du lundi,
    Cette machine outil que l’on appelle Travail et dont le bruit du lendemain empêche parfois de dormir la nuit…
    Mais ce soir je respire car…
    Oui c’est bien cela j’ai soudainement retrouvé la voix la plume mais aussi l’espoir perdu dans cet outrage…
    Plus que jamais, les grecs sont des dieux et les dieux sont grecs,
    L’avenir de l’Europe commence en Grèce et ce, pour l’éternité !
    Ulysse, Ainsi soit-il,
    Adieu Austérité et pendant qu’on y est Adieu Alain Juppé !
    Vive la croissance, l’expansion, la grandeur, le bien-être, la vie !

  • Il y a  certaines choses terrifiantes dans la vie…
    L’assassinat de Charlie Hebdo en est une.
    La fatwa lancée 200 ans après notre révolution française pour réduire au silence Ahmed Salman Rushdie en est une autre.
    J’éprouve un sentiment proche de celui du onze septembre, mais avec l’espoir en plus : On a touché le fond. Les tentatives de récupérations ne marcheront pas.
    Rejouer le coup des guerres de civilisation est certes à la mode, mais la ficelle est un peu grosse et surtout usée. Il serait peut-être temps de cesser ces visions réductrices qui associent islam et meurtres et se poser des questions de fond :
    Comment a réagi la société espagnole devant les attentats d’ETA tuant des milliers de civils espagnols, oui des milliers! A t’on assimilé pour autant basque et terrorisme ?
    Et l’Angleterre protestante avec l’IRA? Les catholiques étaient-ils tous  suspects ? A t’on rallumé les guerres de religion ?
    Et Israël avec l’attentat contre Yitzhak Rabin où, curieusement, le pays semble s’être laissé emporté par son agresseur d’extrême droite qui aura réussi à tuer non seulement l’esprit d’un homme mais aussi, et surtout un processus de paix !
    On peut donc choisir après un acte comme celui-ci, et cela peut-être un choix fondateur.
    La France est à la croisée des chemins, mais pas sur le chemin des croisés comme cela plairait à certains… Car, je crois que les français ne sont pas les rhinocéros de Ionesco. J’ai décidé de croire en mon peuple, en mon pays.

    Dans ces moments complexes, une hygiène de la tête est néanmoins conseillée : Tout d’abord éviter les quarante mille analyses en boucle de ces médias qui font du sensationnalisme, des larmes et vendent du temps cerveau disponible… Ne pas s’isoler pour autant mais écouter les médias avec parcimonie en sélectionnant des sources variées et de qualité.

    En effet, les cinq sens forment notre perception et nous permettent d’accéder à une réalité partielle.
    Telle notre cuisine qui cultive le goût, il nous faut donc aussi cultiver la liberté de penser. Et pour cela, éviter les mac do de l’esprit. C’est à mon sens le meilleur hommage que l’on puisse faire à ces hommes libres morts dans leur art. Oui, je vous aime Charlie.

  • Aller mieux commence souvent par une prise de conscience dérangeante…
    Mais ensuite, comment ne pas l’oublier?
    Un quelque part en soi meurt d’envie que cette perturbation s’efface afin que tout redevienne comme avant…

    Le conatus de Spinoza est une force de la nature insoupçonnée pour que le quotidien persiste à continuer d’exister.

    Au réveil, le rêve s’échappe au grand galop, et l’oubli chasse ces nuages de l’âme perturbants.
    Et tout redevient comme avant. Et l’on tourne à nouveau dans l’infernal cirque de la vie quotidienne…

    Alors, comment garder cette mémoire vive allumée?
    En opposant l’optimisme de la volonté au pessimisme de la pensée! Oui Je veux!