• Ca me prend le matin ou la journée, soudaine envie d’un autre.

    J’en perds toute concentration, tout amour disparait écrasé par une force subite,

    Ce désir d’autre grandit, m’envahit, j’ai envie de saisir ces moments furtifs, être infidèle pour de Vrai.

    Elle me destabilise, c’en est obsessionnel, je ne sais comment m’en débarrasser.

    J’essaie de prendre l’air, de me changer les idées,

    Mais rien à faire, il ne s’agit ni de lui, ni d’elle mais d’une profonde envie d’autre,

    Et pourtant je m’arrête, je ne m’autorise l’infidélité qu’en fantasmes.

    – « C’est une infidélité platonique. »

    Alors la tête vrillée par ce sentiment grisant,

    Je ressens le besoin de me recentrer sur mon Amour pour lui, et sur moi.

    Cette envie d’infidélité n’est qu’une traduction sexuelle de quelque chose de plus profond,

    Beaucoup plus qu’un désir sexuel, c’est une envie de m’être infidèle,

    Sans que je comprenne réellement pourquoi.

  • J’ai tout pour être heureux.

    Et pourtant je n’y arrive pas,

    Quelque chose m’en empêche.

    C’est parfois le souvenir d’un ancien amant,

    Ou encore un souci qui me squatte l’esprit.

    C’est toujours d’une grande importance

    Un problème d’amour, de travail, ou d’argent.

    Les problèmes ne manquent pas,

    Surtout lorsqu’on leur donne tant d’importance …

    Ces soucis m’occupent l’esprit le soir et la nuit.

    Pourtant, dès mon reveil le lendemain je ne comprends pas :

    Mais comment ai-je pu me laisser dévorer par de telles insignifiances?

    Je persiste et signe ! J’ai Tout pour être heureux !

    Un mec qui m’Aime,

    Une famille aimante et en bonne santé,

    Assez d’argent pour vivre un quotidien agréable.

    Rien de grave donc, sauf que …

    Mon quotidien est bien trop satisfaisant pour me pousser à chercher plus loin.

    Celà ne ressemble ni de près ni de loin au Bonheur que je prétends rechercher.

    Pire, je déprime, descends, me sens happé et ne sais comment réagir.

    Le Bonheur semble impossible, inaccessible, hors de portée.

    Est-ce parce que je ne veux pas?

    Ces vieilles habitudes qui ruinent le quotidien?

    La routine qui m’empêche de vivre mon lot de petit bonheur quotidien?

    Je ne crois en rien de celà.

    Je pense que le bonheur est une décision qui demande Courage et Sacrifices.

    Je pense n’avoir eu le courage ni de prendre cette décision, ni de faire ces sacrifices.

    Et je me complais dans mon quotidien satisfant.

    Mais le temps passe, et je ne vis toujours pas ce dont je suis le plus capable.

  • Je pense à lui

    Ce n’est pourtant pas à lui que je devrais penser.

    Penser à lui est déjà une forme d’infidélité.

    Tant pis!

    Lui c’est un autre …

    Je nous vois ensemble partout.

    Peu importe le lieu, lit, balcon, terrasse,

    Tous ont pour destination Vénus ou Mars …

    La seule pensée de ses baisers me donne le tournis,

    Cet enlacement de langues et corps,

    Ce monde englouti dans une courte éternité,

    Cette perte de notion du temps dans une avalanche émotionnelle.

    C’était il y a longtemps,

    J’y pense Toujours …

    Et telle une mousse au chocolat,

    Mon être en veut Encore.

  • L’avalanche nait dans ses cheveux,
    S’étend sur son corps,
    Perçant cou, épaules, contractant peau, dévalant avant-bras,
    Elle reflue à ses extrémités,
    Qui s’étendent comme pour la retenir.

    Tsunami le long du dos,
    S’échouant parfois au creux de ses reins …
    Le corps ne sursaute pas,
    Conquis par une chaire de poule rapide, puissante,
    L’irradiant jusqu’en son Centre.

    Aspirée par l’écran de télévision,
    Recevant son shoot d’adrénaline journalier,
    Sa conscience n’est plus,
    Les Frissons glissent sur elle,
    Elle vibre en direct les soubresauts de son héros.

    Et lui transmet sa Jouissance.

  • Le hamster monte dans sa roue, et court. Après un but, un objectif : Ah, cette ile paradisiaque… On lui a dit que la-bas, l’herbe y était plus verte, l’air plus doux, l’eau plus fraiche, et les hamsters plus beaux!

    Parfois, il en sort. Il dort, boit, mange, met un peu d’ordre dans sa vie, se dit que plus tard ce sera bien, quand il y sera arrivé. Puis il y retourne, croyant que sa petite roue le rapproche un peu plus de son ile.

    Parce que Oui, Un Centimètre de Plus, Ca Compte! Alors il court encore plus fort pour arriver plus vite!

    Son maitre, un célibataire d’une trentaine d’années l’observe. Arnaud est exténué, mort, stressé par sa semaine. Mais ouf, il est en week-end, un instant d’apaisement enfin. Pendant 2 jours, il pourra se retrouver, un peu. 48h pour vivre, c’est trop court pour atterrir complétement. Stress, insomnie, déprime, c’est devenu une habitude. Comme un cercle vicieux dans lequel il s’enfonce progressivement. Il sent peu a peu son esprit s’abrutir, tel un corps plongé dans un sable mouvant. Non, ce n’est pas l’age, c’est autre chose. Son objectif l’empêche de gouter le présent, de Vivre. Et pourtant il ne parvient pas a s’en libérer. Pire, plus il force, plus il coule. Alors il se sent impuissant.

    Quelle drôle de vie que celle d’un hamster, quel manque de sens apparent! Il réalise pourtant qu’ils se ressemblent. Que son seul but est d’atteindre son objectif pour pouvoir enfin sortir de la roue, s’arrêter de courir. Pour cela, il lui faut courir encore plus vite, plus loin, plus fort.

    Tel un alcoolique qui déciderait de se saouler pour arrêter de boire …

    Et pourtant, de lui-même Arnaud dit qu’il va très bien !

  • Un petit aperçu pour découvrir l’intimité du rire sur Internet dans chaque langue. L’Anglais, le Français et l’Espagnol ont chacun leur manière de rire.

    A commencer par le fameux  LOL de l’Anglais, « Laugh[ing] Out Loud » ou encore « Lots of Laugh ». Ces deux acronymes introduisent des notions de quantité du rire, d’exhubérance. En trois lettres, le rire physique apparaît bien déconnecté de sa représentation virtuelle! Court, facile à prononcer, il s’impose comme l’acronyme mondial du rire. Des dérivations sont apparues pour transmettre un rire encore plus fort : LMAO « Laughing my Arse Off » ou encore ROFL « Roll[ing] On the Floor Laughing ».

    Comme si l’on ne pouvait pas rire un peu, comme si pour franchir cette barrière numérique, la force du rire était obligée!

    En Français, on est mdr soit « mort de rire ». Cette association de la mort et du rire expriment un excès qui peut conduire jusqu’à la mort. On imagine alors son interlocuteur peinant à respirer derrière son écran. Si l’Anglais prend des gants pour rire « à s’en exploser le postérieur », le Français est plus direct en « pétant de rire » avec l’acronyme ptdr. On note donc le même excès qu’en Anglais, sauf que les rires en Français ne se prononcent pas, ce qui interdit leur utilisation à l’oral : mdr, ptdr. Chez nos frères québecois, c’est plus sexuel – longs hivers obligent – on est donc cbr, « crampé ben raide »!

    En Espagnol, le rire est beaucoup plus drole. Tout d’abord, en utilisant le fameux j de jota, il existe les fameux jaja, jeje, jiji, et jojo!
    Chacun suivant la conversation ou son caractère peut choisir sa variante! Par exemple, jijiji pour un rire contenu, jojojo pour un rire ouvert, jejeje pour un rire calme, et jajaja pour un rire à gorge déployée.

    Contrairement à leurs equivalents anglais et francais, les acronymes du rire espagnol sonnent aussi à l’oral, ils transmettent le rire, lui permettent de s’extérioriser, et peuvent-etre librement contractés et étendus afin de transmettre la quantité de rire souhaitée! Jajajajajajajaja!

  • Quelques morceaux choisis de Frédéric Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathroustra »:

    « Les figues tombent des arbres, elles sont bonnes et douces: et lorsqu’elles tombent éclate leur rouge pelure. Un vent du Nord, voila ce que je suis pour des figues mures.

    Ainsi comme des figues, sur vous tombent ces leçons, ô mes amis: de leur suc nourrissez-vous maintenant et de leur douce chair! »

    « Créer – voila le grand rachat de la souffrance et ce qui rend la vie légère. Mais pour être le créateur il est besoin de peine et de force métamorphose. »

    « C’est vouloir qui libère, telle est la vraie leçon sur le vouloir et sur la liberté — c’est la leçon que vous enseigne Zarathoustra.
    Ne-plus-vouloir et ne-plus-estimer et ne-plus-créer! Ah! que cette grande lassitude continument loin de moi reste! »

    Zarathoustra éclaire l’esprit, sa pensée est à la fois belle, modérée et puissante.

    Il appelle de ses voeux la capacité de créer, et la nécessaire métamorphose pour y parvenir. Il est confortable de passer sa vie dans une direction, de rester dans son inertie.

    Le Conatus de Spinoza nous entoure.

    « Toute chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. »

    Il s’agit d’un instinct de conservation qui existe autant en qu’en dehors de nous, hommes, animaux, plantes, objets, pensées et nous réduit au conservatisme, à l’habitude, à l’inertie.

    On l’oublie souvent, mais la possibilité de Changer existe toujours.

    Dans un présent qui s’apparente à l’éternité, l’esprit soudain s’éclaircît, le temps s’accélère, la naissance d’un simple « Et si … » peut créer un début de changement.
    Certains continuent imperturbablement leur route. D’autres doutent, voire s’engagent dans la voie du changement. Malgré la peur de tout perdre et le refus d’incroyables opportunités qui peuvent nous détourner, l’Inconnue éveille nos sens, anime notre esprit, et pimente notre vie.

     

  • Arriva le moment du dessert. J’étais le dernier à commander.
    En un éclair je choisis les profiteroles au chocolat.
    Je n’eus pas besoin de me racler la gorge, ma voix ne trembla pas.
    Au contraire, elle fut claire et distincte.
    Le garçon prit note, et s’éloigna de la table.
    S’ensuivit un léger silence. Ils m’observaient mais je ne les voyais pas.
    J’étais satisfait de mon choix.
    Je piaffais d’impatience de voir arriver ce met qui semblait m’avoir été imposé par une volonté supérieure.
    Et un petit sourire au coin des lèvres traduisait mon désir.

    Lorsqu’arriva mon dessert, mon voisin d’en face, et jusqu’ici ami le plus cher le dévora des yeux.
    Il semblait regretter d’avoir commandé une salade de fruit, pourtant fort appétissante, mais manquant d’excès.
    Peut-être manquait-elle de désir aussi. Le mien en débordait.
    Je prenais ma cuillère avec délicatesse, coulissais sur la chantilly
    Pour cueillir un morceau de profiteroles baignant dans le chocolat noir fondu.
    Mes gestes étaient doux, caressant le dessert pour le porter à ma bouche.
    J’étais dans un ailleurs, suspendu dans le temps et l’espace.
    Je dégustais l’éternité du moment présent.
    Ma vision et mon ouïe étaient floues, mes yeux pétillaient,
    Mes papilles vibraient à mesure de l’explosion du goût jusqu’à l’engloutissement.

    Le silence régnait à table, un silence religieux, ébahi de mes compagnons d’assister à ce spectacle.
    Ils me regardaient jouir.
    L’intensité de mon désir était tellement forte que je le leur avais transmise.
    Leur dessert leur paraissant fade, ils voulaient tous du mien.
    Seul Stéphane jubilait : Il attendait de me voir finir pour commencer  …

    Ses profiteroles au chocolat !

  • Découvert par René Girard en 1950, le désir mimétique indique que nos Désirs ne sont pas individuels mais collectifs, et influencés. Une fois transmis, l’objet du désir devient alors commun, envié, parfois jalousé, qu’il soit une personne morale, physique, un objet matériel, une capacité particulière:

    J’aime m’étendre au bord de l’eau à l’ombre d’un palmier.

    J’aime chanter à tue-têtes.

    J’adore avoir du chocolat plein les babines.

    L’objet du désir est le complément d’objet direct: « m’étendre au bord de l’eau à l’ombre d’un palmier« , « chanter à tue-têtes« , « avoir du chocolat plein les babines« .

    Certains transmettent leur désir, d’autres le reçoivent. Le désir des autres sert parfois à renforcer l’objet de notre désir: Si tu aimes ma voiture, alors je l’aimerais d’autant plus. Inconsciemment, je te la présenterai sous un jour favorable afin que ton désir renforce le mien. Et nous serons frères.

    La réception unilatérale de désir est une perte, un oubli de soi, une mort de l’âme. Le désir personnel est l’étape qui nous permet de passer de la survie à la vie. C’est une tache ardue, un véritable jeu de piste en pleine jungle de l’esprit que de trouver la source se don propre désir. Puis c’est un jardin qui se cultive, et dont on récolte les fruits sans plus  avoir à piquer ceux du voisin! Les partager sans les imposer ni s’offenser d’un refus. Les recevoir sans s’obliger à accepter. Et toujours produire ses propres fruits. Toujours les laisser mûrir à point, et les savourer avec la gourmandise de celui qui récolte son effort.

    En celà, si à l’origine, le désir est mimétique, nous pouvons le faire évoluer vers une société d’abondance dont les conflits seraient alors réduits. J’en rêve mais avant celà, je cultive mon jardin et vous invite à venir parfois croquer un petit article de ce blog.

    Sans vous perdre, bien sûr.

  • Asterix contre les romains

    Maladie ancienne, toujours ignorée et non traitée,
    Elle tue au quotidien par les nombreux stress qu’elle provoque.
    On la suspecte d’avoir poussé Philippe Séguin de l’autre côté.
    C’était pourtant un homme intelligent, et intègre.
    Cette obsession française est présente partout.
    Inculquée depuis le plus jeune âge, ressassée par des élites contaminées,
    Elle conduit beaucoup de français à une forme de bétise collective.

    Ses symptômes sont une envie de grandeur,
    Qui dégénère en frustration, découragement, défaitisme et enfin dépression.
    C’est la maladie de la grandeur de la France, ou encore le syndrome Astérix contre les romains.

    Ses origines sont multiples :
    Une mémoire sélective de l’histoire de France, les conquêtes de Charlemagne, les lumières de Louis XIV, l’expansionnisme de Napoléon,
    Associée à un refoulement d’épisodes moins glorieux, telle la collaboration, la guerre d’Algérie ou encore d’Indochine,
    Comme si le pays était incapable de gagner, condamné à être deuxième, frustré par son échec répété.

    Si à la sortie de la deuxième guerre mondiale,
    l’excitation du sentiment national telle que pratiquée par de Gaulle
    Pouvait se justifier par une thérapie pour rétablir la confiance,
    Unir la France et lui rendre un peu de cette fierté nationale perdue,
    L’exercice est devenu obsolète aujourd’hui.

    Peut-être faudrait-il s’efforcer de comprendre que le monde actuel n’est pas celui de Tintin.

    La guérison est bien sûr possible a condition de le vouloir,
    Revenir à une certaine humilité personnelle et nationale.
    Déceler les elites illuminées si néfastes pour la démocratie,
    Travailler pour soi plutôt que pour un système.

    C’est peut-être à cette thérapie que devrait se livrer le pays:

    – Faire ce qui est bien pour soi plutôt que de vouloir faire mieux que les autres,

    – Substituer la réflexion l’expérimentation et l’action aux fantasmes de grandeur inconstructifs et castrateurs,

    – Arrêter de dévaloriser l’échec, se tromper fait partie du processus d’apprentissage tel un bébé apprend à marcher.

    Voici ce que je vous souhaite à tous pour cette belle année 2010.