• Dépasser cette honte, ce frein,
    Cette angoisse qui me retient,
    Pour trouver le véritable désir,
    Pour lui laisser exprimer ce qui est en moi.

    Sa voix sort de mes profondeurs insoupçonnées,
    C’est quelque chose que je n’entends pas,
    Mais qui soudain exprime s’impose m’explose
    Dans des mots qui me surprennent par leur force,
    Leur talent, leur envie et leur passion!

    Le laisser hurler, arrêter de le censurer,
    Dans cette société du calme et du contrôle,
    Pour atteindre un supposé bien-être zen!
    Foutaise! Il respire enfin, désormais l’aider à grandir.

    Je rétablis l’énervement, l’action, la baise sauvage, le souffle,
    En un seul mot, je vis!
    Et tant pis pour la crise cardiaque!

  • Écrire comme dans un Rêve,
    En tout lieu sans encre papier ni rature,
    Au péril d’effacer une part de son caractère,
    Telle une musique de jazz insensibilisée,
    Dont la parabole sentimentale succomberait au totalitarisme binaire.

    Car le mot écriture est gratifié d’un double sens,
    Tant manuscrite que Littéraire,
    Liés autour de ce mot magique par un pacte divin.
    La disparition de l’écriture manuscrite entraînerait donc aussi celle de la littérature?
    Chimère? Ou autre coup d’état nihiliste?
    L’imprimerie a depuis longtemps réduit l’écriture manuscrite,
    Elle n’en a pas pour autant supprimé la Littérature.

    Néanmoins, la question reste ouverte, peut-on écrire sans écrire?
    Peut-être faudrait-il questionner quelque grand écrivain?
    S’il n’en reste qu’un, Prince Sollers,
    Nous livrerez-vous ce secret, écrivez vous de votre main?
    Ou la gardez vous pour son éternel autre usage?

  • Je t’écris au crépuscule de ma plus grande histoire d’Amour,
    Alors que malgré un ciel bleu mistral,
    Je sens s’abattre sur mes épaules
    Des ténèbres qui semble ne jamais devoir prendre fin.

    Il me quitte, nous nous quittons, peu importe qui quitte qui.
    Mais je sens en moi cette implacable machination sur le point de s’accomplir,
    Malgré tous mes efforts, toutes mes luttes,
    Je n’ai pu résister à mes envies de Liberté.

    Quelles sont-elles? En quoi remettent-elles en cause ce couple?
    Des envies de sortir Seul, de rencontrer des gens Seul, de m’amuser Seul.
    Pourquoi Seul et pas en couple? Je ne sais pas …
    Je l’ai pourtant aimé comme jamais je n’avais aimé.

    Jamais ne me suis-je complètement donné,
    Jamais je ne le laissai entrer,
    Comme si mon je ne sais quoi lui résistais,
    Pour rétablir une distance sans laquelle je sentai le danger.

    Bien sûr, des regrets …
    Comme cette impression de ne pas avoir assez essayé,
    De ne pas être plus rond, plus parfait,
    De ne pas avoir su maintenir l’Altitude du Bonheur que nous atteignions parfois.

    Des angoisses aussi, ou serait-ce de morbides envies?
    La crainte de retomber dans ce vice si mal oublié,
    De mourir d’insalubrité sentimentale et d’ennui,
    Cette maladie qui me guette et m’attend dans un recoin de la Nuit.

     

  • Ce film respire la profondeur, les émotions, il évoque subtilement l’homosexualité, les relations familiales, l’Amour …

    Hal – Christopher Plummer – perd sa femme, il a 75 ans. Quelques mois plus tard, il annonce son homosexualité à son fils Oliver – Ewan McGregor. Il ne l’a vécu que dans les chiottes de l’Amérique des années 50 et souhaite donc l’expérimenter pendant le temps qu’il lui reste à vivre après la découverte de son cancer.

    C’est un film d’espoir. Les trésors de courage déployés par cet homme de 75 ans sont admirables, encourageants, libérateurs.

    Son fils Olivier est notre guide. Il l’accompagne dans ce sprint de vie et narre dans des séquences alternées son enfance ainsi que la reconstruction qui suit, cet Après-Lui.

    L’ombre du père est masquée par l’omniprésence de sa mère. Sa souffrance de ne pas être désirée par un mari froid et affairé apparaît sous forme de séquences récurrentes, l’insatisfaction d’un lointain baiser. Bien qu’il ait désiré se couler dans ce moule hétérosexuel, il a échoué. Une lâcheté scandaleusement tranquille.

    Mais c’est dans son sursaut – tardif mais croissant – que réside l’Espoir. Cette volonté de Se Vivre et pas Vivre Pour  – les autres, la société –  le libère d’une pesanteur qui l’empêchait de se laisser aller. Il vit, il Aime,  il partage des moments profonds, heureux, authentiques avec son amant, son fils, ses amis. Il accepte l’imperfection de sa relation et c’est ce qui lui permet de la vivre pleinement. Il renvoie son fils à sa solitude lorsqu’il critique la polygamie de son couple « Tu es bien seul pour donner des conseils matrimoniaux ». Une critique de la recherche du partenaire parfait, ou de la relation parfaite. « Il vaut mieux une girafe que de passer sa vie à désirer un lion ». Aimer – comme Ecrire – est une activité à pratiquer tous les jours …

    Dans sa reconstruction après la mort de son père, Oliver tente d’extraire sa tristesse par le dessin, il échoue. Invité à une fête déguisée, le voici en Freud qui « couche » sur le divan les invités. Et il fait la rencontre de celle qui lui renvoie sa propre tristesse. Il tente alors de vivre une vraie relation qui se termine comme ses trois relations précédentes. Comme le dit Andy, le chien de son père « C’était perdu d’avance. Et bien avant de la connaître … ». Oliver se retient, comme s’il reproduisait la distance entre ses parents, il ne parvient pas à maintenir le couple, il censure son bonheur …

    Allez donc voir la suite!

  • J’évoquais hier une réaction allergique à la tranquilité,

    Une envie de Crier, Taper du pied, Vivre!

    N’était-ce pas excessif?

    Ou trahirais-je – dès le lendemain – l’Envie exprimée la veille?

     

    Je ne renie rien et le réaffirme encore aujourd’hui!

    La Tranquilité peut-être un résultat, un état transitoire,

    Mais elle ne doit pas être un but en soi!

    Car elle condamne le Désir,

    En tuant l’Angoisse qui y est associée.

    C’est bien plus simple de ne rien vivre.

     

    Dans une époque binaire,

    Une vie nihiliste est bien sûr possible,

    Mais certainement pas souhaitable!

    Pourquoi fuir sa nature et refuser de Vivre?

     

    Mais l’excès inverse – fuire l’Ennui – n’est pas meilleur que le mal!

    La Surexcitation, l’Exaltation, la Passion

    Conduisent à une forme de destruction,

    Ils nous consument!

     

    Dès lors, comment trouver :

    L’équilibre dans l’Action,

    La constance dans le Mouvement,

    Et la mesure dans le Risque,

    Sans tomber dans l’Excès et la Folie?

     

  • Tranquilité, quiétude, calme, sérénité, paix, équilibre, sagesse,

    Que de mots emmerdants!

     

    Alors qu’Agitation, Excitation, Passion, Branle-bas de Combat,

    On a envie de Crier, de taper du pied,

    On sent le Feu et le Sexe au coin de la rue!

    On s’exalte, on respire, on vit!

     

    Ces Mots deviennent pourtant Maux

    Dès qu’on mesure la vie En Années plutôt qu’en Aventures,

    En Quantité plutôt qu’en Qualité!

    Attention donc à bien choisir son Cul!

     

    Fuir l’Exaltation et la Passion

    Ne conduit qu’au Néant, à la Vacuité de l’Inexistence

    A ce repos éternel qui de toutes façons nous attend déjà bien trop tôt.

    Une vie plate, nihiliste en somme, pas excitante, en un mot :

    CHIENTE!

     

    Pourquoi rechercher le morbide avant l’heure?

    Pourquoi tenter de s’approcher de cet état par petits pas?

    Pourquoi ne pas se suicider, et en finir une fois pour toutes?

     

    La recherche de Tranquilité est une tâche Tuante

    Lorsqu’on est d’une nature bouillonnante!

    Je l’Abandonne donc Sans Regrets.

  • C’est la Lutte partout,
    Le combat Permanent,
    Contre Personnes et Objets,
    Indifféremment.
    Indéfiniment.

     

    C’est une compétition harassante,
    Trou noir d’une Humanité évanescente.

     

    ConCentré sur la confrontation,
    Volonté de dépasser l’Autre.
    Toute émotion est réduite à néant,
    Oubli de l’Humain.

     

    Tout désir s’efface,
    La Lutte anesthésie
    Dans un sommeil de Jouissance,
    Et une vie d’Abruti.

  • Le code a changé conte des tranches de vie,

    Histoires de couples forcément passionnantes,

    Hasards qui font et défont,

    Amours à vif ou édulcoré.

    Le code a changé conte ces moments de désespérance,

    Montagnes russes de l’Amour,

    Soudaine Rupture, Réconciliation inespérée,

    Pile ou Face, la pièce retombe sans raison apparente,

    Attirée par une force abstraite nommée Amour.

    Un couple vit-il toujours ces doutes?

  • Jouissance, routine de souffrance, interminable supplice,
    Sentiment produisant une douleur intense, contenue, anale,
    Puis Descente, Cercle vicieux, Déprime, Dépression : C’est la Chute Libre.

    Comment enrayer cette fusion du coeur ?

    Tout commence par une reddition sans condition,
    Véritable confession sans faux semblant,
    S’avouer son mal-être sans concession.

    Faire un constat d’échec cuisant,
    C’est paradoxalement exprimer l’envie du Rebond.
    Ce premier petit pas pour l’Homme est Nécessaire mais insuffisant.
    Il en faudra d’autres beaucoup plus grands,
    Le cheminement sera long, tout ne peut se régler maintenant.

    Sortir le bouillant gâteau du four,
    Laisser refroidir doucement sans que la pâte s’effondre,
    Réduire l’acidité de la jouissance par des plaisirs simples,
    L’Amour, la Beauté de la Lune d’un soir sont d’excellents ingréedients …

  • J’ai rencontré un Autre, Quelle découverte étrange …
    Il me ressemblait, son corps, son visage, un Autre Moi !
    Était-ce un jumeau, un portrait de Dorian Gray?

    Mais que faisait-il ici?
    Dans un endroit si glauque …
    Et pourquoi y étais-je aussi?

    Sur son visage, je lus Angoisses,
    Tourments de corps et âme,
    Jouissance Impérieuse.

    Dans ce miroir, je vis celui que je ne voulais plus être :

    Excité, Tourmenté,
    Dans une chute libre à l’infini.

    Cette vision, ce rêve, ce fantasme
    M’ont à la fois fasciné et répugné.
    En guise d’Adieu, je souhaite m’émanciper,
    Je veux rompre cette duplicité :
    Lui laisser Sa jouissance pour n’en garder que Mon effroi,
    Telle la souche du virus permet le salvateur Vaccin.
    Etre Inoculé mais Sain et donc enfin …

    Rester Aérien !