Lutte – 1

C’est la Lutte partout,
Le combat Permanent,
Contre Personnes et Objets,
Indifféremment.
Indéfiniment.

 

C’est une compétition harassante,
Trou noir d’une Humanité évanescente.

 

ConCentré sur la confrontation,
Volonté de dépasser l’Autre.
Toute émotion est réduite à néant,
Oubli de l’Humain.

 

Tout désir s’efface,
La Lutte anesthésie
Dans un sommeil de Jouissance,
Et une vie d’Abruti.

Jouissance Accoutumée

Jouissance, routine de souffrance, interminable supplice,
Sentiment produisant une douleur intense, contenue, anale,
Puis Descente, Cercle vicieux, Déprime, Dépression : C’est la Chute Libre.

Comment enrayer cette fusion du coeur ?

Tout commence par une reddition sans condition,
Véritable confession sans faux semblant,
S’avouer son mal-être sans concession.

Faire un constat d’échec cuisant,
C’est paradoxalement exprimer l’envie du Rebond.
Ce premier petit pas pour l’Homme est Nécessaire mais insuffisant.
Il en faudra d’autres beaucoup plus grands,
Le cheminement sera long, tout ne peut se régler maintenant.

Sortir le bouillant gâteau du four,
Laisser refroidir doucement sans que la pâte s’effondre,
Réduire l’acidité de la jouissance par des plaisirs simples,
L’Amour, la Beauté de la Lune d’un soir sont d’excellents ingréedients …

Rencontre avec un Autre

J’ai rencontré un Autre, Quelle découverte étrange …
Il me ressemblait, son corps, son visage, un Autre Moi !
Était-ce un jumeau, un portrait de Dorian Gray?

Mais que faisait-il ici?
Dans un endroit si glauque …
Et pourquoi y étais-je aussi?

Sur son visage, je lus Angoisses,
Tourments de corps et âme,
Jouissance Impérieuse.

Dans ce miroir, je vis celui que je ne voulais plus être :

Excité, Tourmenté,
Dans une chute libre à l’infini.

Cette vision, ce rêve, ce fantasme
M’ont à la fois fasciné et répugné.
En guise d’Adieu, je souhaite m’émanciper,
Je veux rompre cette duplicité :
Lui laisser Sa jouissance pour n’en garder que Mon effroi,
Telle la souche du virus permet le salvateur Vaccin.
Etre Inoculé mais Sain et donc enfin …

Rester Aérien !

Je pense à Lui – 1

Je pense à lui

Ce n’est pourtant pas à lui que je devrais penser.

Penser à lui est déjà une forme d’infidélité.

Tant pis!

Lui c’est un autre …

Je nous vois ensemble partout.

Peu importe le lieu, lit, balcon, terrasse,

Tous ont pour destination Vénus ou Mars …

La seule pensée de ses baisers me donne le tournis,

Cet enlacement de langues et corps,

Ce monde englouti dans une courte éternité,

Cette perte de notion du temps dans une avalanche émotionnelle.

C’était il y a longtemps,

J’y pense Toujours …

Et telle une mousse au chocolat,

Mon être en veut Encore.

Adrénalinovore

L’avalanche nait dans ses cheveux,
S’étend sur son corps,
Perçant cou, épaules, contractant peau, dévalant avant-bras,
Elle reflue à ses extrémités,
Qui s’étendent comme pour la retenir.

Tsunami le long du dos,
S’échouant parfois au creux de ses reins …
Le corps ne sursaute pas,
Conquis par une chaire de poule rapide, puissante,
L’irradiant jusqu’en son Centre.

Aspirée par l’écran de télévision,
Recevant son shoot d’adrénaline journalier,
Sa conscience n’est plus,
Les Frissons glissent sur elle,
Elle vibre en direct les soubresauts de son héros.

Et lui transmet sa Jouissance.

Vouloir c’est Libérer

Quelques morceaux choisis de Frédéric Nietzsche dans « Ainsi parlait Zarathroustra »:

« Les figues tombent des arbres, elles sont bonnes et douces: et lorsqu’elles tombent éclate leur rouge pelure. Un vent du Nord, voila ce que je suis pour des figues mures.

Ainsi comme des figues, sur vous tombent ces leçons, ô mes amis: de leur suc nourrissez-vous maintenant et de leur douce chair! »

« Créer – voila le grand rachat de la souffrance et ce qui rend la vie légère. Mais pour être le créateur il est besoin de peine et de force métamorphose. »

« C’est vouloir qui libère, telle est la vraie leçon sur le vouloir et sur la liberté — c’est la leçon que vous enseigne Zarathoustra.
Ne-plus-vouloir et ne-plus-estimer et ne-plus-créer! Ah! que cette grande lassitude continument loin de moi reste! »

Zarathoustra éclaire l’esprit, sa pensée est à la fois belle, modérée et puissante.

Il appelle de ses voeux la capacité de créer, et la nécessaire métamorphose pour y parvenir. Il est confortable de passer sa vie dans une direction, de rester dans son inertie.

Le Conatus de Spinoza nous entoure.

« Toute chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. »

Il s’agit d’un instinct de conservation qui existe autant en qu’en dehors de nous, hommes, animaux, plantes, objets, pensées et nous réduit au conservatisme, à l’habitude, à l’inertie.

On l’oublie souvent, mais la possibilité de Changer existe toujours.

Dans un présent qui s’apparente à l’éternité, l’esprit soudain s’éclaircît, le temps s’accélère, la naissance d’un simple « Et si … » peut créer un début de changement.
Certains continuent imperturbablement leur route. D’autres doutent, voire s’engagent dans la voie du changement. Malgré la peur de tout perdre et le refus d’incroyables opportunités qui peuvent nous détourner, l’Inconnue éveille nos sens, anime notre esprit, et pimente notre vie.

 

Des profiteroles au chocolat

Arriva le moment du dessert. J’étais le dernier à commander.
En un éclair je choisis les profiteroles au chocolat.
Je n’eus pas besoin de me racler la gorge, ma voix ne trembla pas.
Au contraire, elle fut claire et distincte.
Le garçon prit note, et s’éloigna de la table.
S’ensuivit un léger silence. Ils m’observaient mais je ne les voyais pas.
J’étais satisfait de mon choix.
Je piaffais d’impatience de voir arriver ce met qui semblait m’avoir été imposé par une volonté supérieure.
Et un petit sourire au coin des lèvres traduisait mon désir.

Lorsqu’arriva mon dessert, mon voisin d’en face, et jusqu’ici ami le plus cher le dévora des yeux.
Il semblait regretter d’avoir commandé une salade de fruit, pourtant fort appétissante, mais manquant d’excès.
Peut-être manquait-elle de désir aussi. Le mien en débordait.
Je prenais ma cuillère avec délicatesse, coulissais sur la chantilly
Pour cueillir un morceau de profiteroles baignant dans le chocolat noir fondu.
Mes gestes étaient doux, caressant le dessert pour le porter à ma bouche.
J’étais dans un ailleurs, suspendu dans le temps et l’espace.
Je dégustais l’éternité du moment présent.
Ma vision et mon ouïe étaient floues, mes yeux pétillaient,
Mes papilles vibraient à mesure de l’explosion du goût jusqu’à l’engloutissement.

Le silence régnait à table, un silence religieux, ébahi de mes compagnons d’assister à ce spectacle.
Ils me regardaient jouir.
L’intensité de mon désir était tellement forte que je le leur avais transmise.
Leur dessert leur paraissant fade, ils voulaient tous du mien.
Seul Stéphane jubilait : Il attendait de me voir finir pour commencer  …

Ses profiteroles au chocolat !