Ce monde devenu fou, la Reine Mère est partout

Je t’aime, tu m’aimes, nous nous aimons …
Un peu, beaucoup ou à la folie ? Passionnément …
En plein été sans climatisation, les nerfs s’échauffent.

Le monde devient-il complètement fou ?
Car la tension n’avait jamais été aussi Palpable,
Au sens figuré, mais aussi au sens Propre.

Monsieur Propre rend tout si propre que l’on peut se voir dedans

Tentons donc de nous voir dedans, afin d’y découvrir peut-être quelque chose.
Apparaît alors la Reine-mère qui s’adresse à son miroir magique :

Miroir, Ô mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

Le miroir magique moderne, à la fois téléphone et Facebook.
Et les Mamas and Papas disaient dans I Wanna Be a Star

I wanna be photographed
Asked for my autograph

Je m’aime, tu t’aimes, nous nous détestons …
Un peu, beaucoup ou à la folie ? Passionnément …

Du J’aime dans l’attente d’en recevoir en retour,
L’amour numérique devenu une crypto-monnaie …

Alors, ces réseaux sociaux nous rendent-ils tous Reine-Mère ?

Prends garde au Loup

Prends garde à toi bel inconnu,
Un animal féroce est peut-être bien devant toi !
En effet, bien que n’en ayant ni l’air ni l’allure,
Planqué derrière mes yeux doux,
Et ce niais visage d’innocent,
Je suis bel et bien Loup,
Et toi ma prochaine victime …

Je t’aurai prévenu Petit Poucet,
Tu n’auras donc Rien à me reprocher …
Peut-être même te dirai-je que tu l’avais si bien cherché,
Que je n’ai Vraiment Pas pu m’en empêcher !
En effet, mon irrépressible nature finit toujours par m’emporter.
Je suis un Loup,
Dès lors, pourquoi donc Lutter ?
Autant plutôt en Profiter !

Prends garde surtout à ne point tenter de me sauver,
Tu ne serais que l’énième victime périssant par Bonté,
Qu’une simple ligne de plus sur un coeur desséché.
Ou bien serait-ce par Stupidité ?
Car je ne sais point faire la différence !
Sous ma cape de politesse se cache l’individualiste,
Dont les douces paroles sont des contes si bien tournés,
Que son propre conteur lui-même se laisse ensorceler !

Et si je déclare soudain être « Amoureux de la Vérité » ,
Méfie-toi …
Car le mensonge aura déjà commencé !
Tends bien l’oreille pour saisir
La petite voix de ton intuition étouffée,
Qui seule peut encore, éventuellement te sauver !

Toc ! Toc ! Toc !
— Qui est là ?
— Ouvrez-moi , je suis perdu
— Je n’en doute pas …
Mais que fais-tu en un si sombre lieu ?
— Je cherche où manger et passer la nuit.
Car je crains d’être dévoré tout entier par le Grand Méchant Loup des Bois.
A moins que je ne le souhaite ?
Quel sot, je ne sais plus !
— Bien t’en a pris,
Te voici désormais en sécurité,
Entre donc
Et mets toi bien tout à ton aise …

Et l’on relata l’histoire du Grand Méchant Loup des Bois …
Férocement dévoré par le gentil Petit Poucet !
D’où l’expression

N’est pas toujours Loup celui qu’on croit !

Indépendance de la Catalogne : Une chimère identitaire?

Aujourd’hui j’ai tout oublié et me lève d’un tout autre pied !
Ô père, pourquoi ai-je cette mine renfrognée ?

Exalté tu es, car le jour est pair !

Me voici soudain devenu Conformiste et Centraliste !

L’Espagne est Une et Indivisible !
Car l’union fait la force !
Puigdemont ! Tremble devant l’apocalypse qui gronde !
Et cesse donc tes clairons populistes !
Car ton plan B n’est que Broutille !
Par Toutatis, es-tu donc tombé sur la tête ?
Iras-tu jusqu’à détruire notre beauté cosmopolite ?

Il est bientôt minuit. Soudain, la tête me tourne …
Et je m’endors alors tout étourdi !

Aujourd’hui j’ai tout oublié et me lève d’un tout autre pied !
Ah mère, pourquoi suis-je plus déchaîné que la Méditerranée ?

Exalté tu es, car le jour est impair !

Me voici soudain devenu Insoumis et Indépendantiste !

Vive la Catalogne libre et indépendante !
Affranchie de l’injustice et de l’infamie !
Rajoy ! Ta dictature ne nous écrasera pas deux fois !
Nous résisterons à l’envahisseur espagnol !
Nous bâtirons une société juste, et vraiment démocratique !
Iras-tu jusqu’à détruire notre beauté cosmopolite ?

Il est bientôt minuit. Soudain, la tête me tourne …
Et je m’endors alors tout étourdi !

Cette nuit, je rêve d’un jeu d’échec sur le Guernica-Titanic.
Blanc et noir sont remplacés par des drapeaux.

  • Échec dit le roi : La Catalogne restera espagnole au XXIème siècle !
  • Échec répliquent les tours indépendantistes : La Catalogne sera indépendante au XXIème siècle !
  • 900 blessés catalans dit le fou Rajoy ? Mais que nenni !
  • Mais pourquoi ta loi ne s’applique-t’elle pas à ta corruption lui répliquent les tours indépendantistes ?
  • Le roi décroche et appelle Seat : Délocalisez-vous immédiatement de Catalogne !
  • Le fou Puigdemont réplique : Vous ne m’aurez pas! Je suis déjà en Belgique !
  • Mat ! En taule le gouvernement catalan s’exclame la reine juge !
  • Mat ! Jusqu’au bout nous irons s’écrient en coeur les indépendantistes !

L’equipage du Guernica-Titanic,
Prévenu de l’iceberg depuis 25 ans,
Accéléra graduellement jusqu’à l’impact.

Le Guernica-Titanic coula tragiquement.
L’enquête dira que leur ego les empêcha de virer de bord …
En effet, ils ne surent reconnaître leurs torts.

Surtout, ils avaient un goût fort prononcé pour la mort …
Des pingouins déclarèrent même avoir entendu des chants exaltés avant l’impact …

Je savoure une paella sur une terrasse.

Et dire que ce pourrait-être ma dernière …
Avec leurs enfantillages, ces abrutis finiront par nous faire entrer en guerre !

Pour le dessert, j’hésite entre crème catalane et torrijas, le pain perdu espagnol.
Tout bien réfléchi, je peux bien commander les deux …

Tant d’énergie dépensée pour de vulgaires drapeaux,
Quel gâchis inutile, je ne comprends pas.

Alors, je déguste mes desserts,
Essayant de ne point trop penser
À cette funeste supercherie identitaire.

La Marche du progrès : Une Chimère ?

Sous le règne de l’adrénaline,
Le coup d’éclat permanent est l’information en temps réel,
Tel un bruit de fond incessant infernal,
Plus c’est sensationnel mieux c’est.
L’homme est un média,
« Le média est un message »,
L’homme est donc un message,
Or il y a plus d’hommes que d’Idées selon Platon.

Sous le règne du stress,
Le coup d’état permanent est dirigé vers le cerveau,
Tel un faisceau constant et abrutissant.
Plus c’est fascinant mieux c’est.
Je fascine donc j’existe.
L’individu n’existe plus,
L’autre est mon spectateur,
Or, le spectateur c’est l’esclave du XXIème siècle.

Sous la doctrine du choc,
On agite, on secoue, on met KO l’individu, pour qu’il s’adapte.
On ne parle pas de la dérive oligarchique de la démocratie.
On n’évoque pas la perversité croissante d’un système destructeur,
On transforme pour progresser, comme si on allait de l’avant,
Et la marche vers le progrès prend des allures triomphale et heureuse.
Comme l’évoque « la marche des gens heureux » des Trois Ménestrels:

Quand nous passons main dans la main sous le ciel clair
On dit de nous « Les voilà les gens heureux »
Et nous allons droit devant nous et le cœur fier
Fiers d’être nous, très heureux d’être amoureux
Rien ne pourrait nous empêcher
De nous aimer

Ringardiser l’adversaire c’est l’ancrer dans ce passé figé,
L’envoyer dans les cordes car il est contre « le progrès »,
Alors que le présent est en mouvement.
On ne s’interroge pas si ce mouvement va en avant ou en arrière,
L’essentiel est bien d’être « En marche ».
Certaines âmes perdues soutiennent même que, pour aller de l’avant,
Il est parfois nécessaire de faire marche arrière, un argument qui laisse pantois …

Or, comme le disait Beaudelaire dans « Chacun sa Chimère » :

Je questionnai l’un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu’il n’en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu’évidemment ils allaient quelque part, puisqu’ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n’avait l’air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu’il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.

Un poème dont l’actualité reste incandescente…
Mais quelle est cette « bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos » ?
Cette marche vers le progrès est-elle la condamnation à l’éternelle espérance ?
Ce progrès en est-il seulement un ?
Auquel cas, savons-nous seulement si nous vivrons mieux demain ?

Nous n’en savons rien car le futur est mouvant,
Telle une pièce de monnaie qui tournoie dans l’air.
Dès lors, à qui profite la Marche ? Ou bien serait-ce … le Crime ?
Est-ce donc la « marche des gens heureux » ?
Ou bien celle de « Chacun sa chimère » ?

Je n’en sais rien …
J’essaie de garder les yeux ouverts …
Et de ne pas céder aux sirènes rassurantes de cette croyance du progrès
Qui prend toutes les allures d’une nouvelle religion …
Ulysse! Aide-moi à rester éveillé dans cette tourmente !

La tragédie est-elle réelle ou seulement médiatique?

Le grand écart est atteint.
Jamais la réalité n’avait semblé si éloignée de la fiction.
Ou bien si proche?
On en doute…

Un coup d’oeil par la fenêtre …
Ciel est nuageux, tout est calme.
Un coup d’oeil sur Twitter,
L’apocalypse est pour demain, ou pour le 19 Février 2017.

Qu’en penser? Où est donc la réalité?
Le présent médiatique tragique va t’il se réaliser?
Ou s’agit-il simplement de la bonne vieille stratégie visant à occuper notre temps de cerveau disponible,
Et donc à réduire notre capacité à penser et à vivre aussi.

En attendant, que faire?
Stocker de l’eau et de la nourriture,
Ou se la couler douce?
Incroyable mais pourtant vrai, le doute est en ce moment permis!

À cet étudiant chinois

L’image de cet étudiant chinois écrasé par un char sur la place Thyenanmen est fascinante et terrifiante à la fois. C’est l’homme dont l’individualité est anéantie par un système -quel qu’il soit.

Appelez le communisme, capitalisme voire même matriarcat c’est la même chose, rien n’arrête un système dont le seul but est de survivre et s’étendre par la conquête , quitte à aplatir l’individu.

La fin justifie les moyens.

L’usage du nous est parfois révélateur d’un système totalitaire, dans le sens où il englobe et prive de parole l’autre, qui est placé dans une affirmation par défaut. Et il n’existe de pire fascisme que celui qui endort et se cache derrière les bonnes intentions et autres bons sentiments.

Car personne n’est désintéressée et c’est probablement celles et ceux qui cachent le plus leur intérêt ou besoin des autres qui sont aussi les plus manipulateurs. À l’heure de l’hypermédia, l’aliénation mentale est reine et fait renaître, en réaction, un autre type de fascisme de ses cendres.

En finir avec Eddy Bellegueule

Je me souviens de ma mère me tendant ce bouquin « En finir avec Eddy Bellegueule », visage angoissé et demande implicite…

– As-tu vécu cela?

Et ma réponse:

– Non maman, ce n’est pas mon histoire, j’ai vécu autre chose

Je me souviens d’un véritable choc en lisant ce bouquin, telle une décharge électrique…
Puis d’une colère mêlée d’admiration contre la force de cet homme,
Ce parvenu parisien qui reniait sa famille et son passé jusqu’à oser changer de nom!
Enfin d’une jalousie devant la Liberté désormais sienne, en coupant si « Malevichement » avec ses racines …
Je critiquais dans un déni acerbe le style qui s’écroulait complètement dans la dernière partie du livre,
Et me permettait de le détruire sereinement afin de l’oublier au plus vite et d’éviter de se poser des questions…

Un an et demi après l’avoir lu, j’y reviens suite à la lecture d’un article d’Edouard Louis dans Libération.
Comme si ce rejet commun de la Picardie liait nos passés, même si je n’ai pas vécu la même chose…

Je me souviens de la double-écriture en français et picard tout d’abord,
Mais surtout l’électrochoc vint de la lecture que j’en faisais…
En effet, ce fameux texte en italique résonnait dans mon esprit avec ce fameux accent picard que j’avais toujours méprisé…

Je me souviens donc des gens dans ce plateau du Santerre à deux vitesses,
Ceux qui parlaient français sans accent -les gens intelligents et pleins d’Avenir donc- et les autres, les ploucs.
En sixième, j’ai compris que les gens intelligents pleins d’Avenir étaient aussi snob et cruels…
Petits bourgeois habillés en Chevignon et Levi’s et se moquant de tous ceux qui ne leur ressemblaient pas,
Les snobs, malgré leurs marques et bonnes notes en classe ne brillaient pourtant pas par leur intelligence.
Comme le disait si bien le plus grand d’entre nous:

Je fus frappé à quel point, chez ce jeune homme et les autres très rares amis masculins de ces jeunes filles, la connaissance de tout ce qui était vêtements, manière de les porter, cigares, boissons anglaises, cheveux, –et qu’il possédait jusque dans ses moindres détails avec une infaillibilité orgueilleuse qui atteignait à la silencieuse modestie du savant– s’était développée isolément sans être accompagnée de la moindre culture intellectuelle. 1

La bande des premiers de la classe méprisait donc profondément les ploucs et ne se mélangeait avec eux qu’à l’occasion de rares activités, comme les cours de sport, dessin ou encore musique où tous chantaient horriblement faux…
Dans ces moments particuliers, ni l’accent ni une meilleure maîtrise du langage n’accordaient de privilège…

Intolérance, homophobie, domination, cruauté,
Il ne faisait pas bon vivre non plus avec les snobs picards …
À tel point que je revenais souvent chez les ploucs malgré cet accent picard que j’abhorrais tant.
Puis, je me décourageais devant les mauvaises odeurs et blagues de caniveau,
Comme désolé de ne trouver ma place nulle part …

Mon erreur fût de ne pas comprendre plus tôt que j’étais très bien tout seul.
Que, dans cet environnement détestable, mes bouquins, mon piano et mes chats étaient mes seuls et véritables amis …

Mon salût vint grâce à la musique qui m’offrît une première échappatoire, au lycée, à la ville.
Amiens, tel un nouveau début avant de partir plus loin encore.
La ville à la rescousse pour s’extraire d’une nullité ambiante, avec un doute toujours,
Celui de savoir si je suis parti assez loin et si je peux encore être rattrapé…

 

La fin du social

Il est curieux de constater comme, parfois politique et personnel se rejoignent…
Ainsi, alors que le socialisme traverse sa plus grande crise européenne, je prends soudain conscience de la vacuité du « social » ou du petit théâtre des relations humaines, basées sur l’image de l’Autre.
Partagées parfois entre acteurs et spectateurs, les uns et les autres sont prisonniers de leurs rôles respectifs.
Et tout cela est absolument ennuyeux, à mourir.
Cela signifie t’il pour autant que l’autre n’est plus rien? Non à condition que les relations soient plus franches, et donc moins dans l’image, ce qui implique moins d’effort et plus de naturel, ce qui nécessite parfois de gros réajustements.
Bien sûr, cela n’est pas toujours possible. Certains vont demander des explications, ce qui est d’autant plus impossible que, comme l’a très bien dit Lacan, « pas tout…« 

Ma drogue à moi

La drogue n’est pas qu’une substance chimique d’origine externe
Telle la cocaïne ou l’héroine…
Certains comportements aussi sont addictifs,
Mais la Science ne les a peut-être pas encore bien détectés.

Ma drogue à moi c’est le « Bon Garçon ».
Cette belle image de moi renvoyée par les autres agit tel un anxiolytique.
Malheureusement, je ne suis pas tel que vous le pensez.
Ce qui fait donc de moi un imparfait inconnu!

Pour être un « Bon Garçon », je suis prêt à dire le contraire de tout ce que je pense,
Jusqu’à trahir mes plus profondes convictions… Volatilisées!
L‘amnésie s’installe comme un éléphant applatit une fourmi,
C’est à dire dès l’instant même où ma drogue commence à faire effet.

Oh, je vous entends ricanner penser:

« Mais rien de bien grave jusqu’ici!
Chacun doit faire des efforts en société!
Et surtout, ne soyons pas égoïste!
Un peu d’altruisme n’a jamais fait de mal à personne, que diable! »

Alors, le bon garçon vous écoute, s’efforce et suit vos bons conseils.
Mais patatra, l’inconscient fait des siennes!
Lapsus à répétition, tristesse, négativité, dépression, descente aux enfers…

Le « bon garçon » est un bombardier allemand au dessus de Londres,
Chargé d’autant de bombes que d’efforts réalisés…
Dans une vrille qui semble sans issue, il se décide enfin à tout lâcher.

Miracle, il reprend doucement de l’altitude.
À 38 ans, il était grand temps …

Improphile

Tout est dans les nuages …
Et plus seulement nos rêveries …

Bientôt, tout battement, du coeur jusqu’au cil sera ausculté,
Dans ce grand projet de santé mondiale que sera la télémétrie vivante.

Mettra t’elle à jour le mystère de la pensée?
Découvrira t’on encore ce que l’on sait déjà?
À savoir par exemple, que l’animal pense et sent aussi!

Oh, quelle grande découverte scientifique quand on en aura enfin la Preuve!
Prix Nobel et applaudissements à la clé …

Mais que cache donc notre estimable besoin de certitude?
Une envie de ne plus trop se casser la tête, peut-être?

L’homme-en-données sera t’il décodé, compris -et donc Vaincu– par la Machine?
Ce progrès s’accompagnera forcément -encore- d’une nouvelle perte de liberté …

Alors que les grands électrodes cérébraux rappliquent à toute vitesse,
L’Humanité est-elle en péril ou réellement en progrès?

Et que devient l’Art?
Appauvri par un effet de gravitation scientifique menant droit au trou noir cérébral …
La Science pour savoir, certes, mais cela n’est pas tout!
Il y a d’autres choses dans la vie!

Elle promet l’Avenir mais prépare un Enfer-sous-contrôle,
Comme le fit avant-elle -mais dans une moindre mesure- sa prédécesseur éclairée …

Le progrès serait réel s’il était accompagné par un contrôle démocratique.
Mais l’attaque est généralisée
Combien de temps tiendront les états et les langues
Avant d’être vaincu par cette grande lessive globalisante?

Nous parlons déjà tous anglais,
Quand serons-nous tous américains?

Pourvu que ça tombe à côté

Ce début de 21ème fonçait dans une direction inquiétante.
La douceur du quotidien semblait parfois altérée par une dimension parallèle,
L’angoisse perpétuelle d’une violence à venir,
Étrange atmosphère d’un ciel orageux dont on admire fébrilement la beauté …

Pourvu qu’ça tombe à côté

L’impuissance politique était portée à son comble,
Les scientifiques invitaient le monde à agir pour empêcher l’apocalypse,
Certains pensaient heureusement être sauvés par le progrès.

Le système médiatique diffusait la peur pour augmenter ses revenus publicitaires.
Actualités morbides, séries télévisées à suspense et autres films d’horreur,
Les annonces apocalyptiques pleuvaient,
Et maintenaient l’instinct de survie en alerte …

Parc’que ça servira p’tet bien un jour…

En effet, l’homme était réduit à l’état de zombie,
Pas celui fantasmé du coin de la rue,
Sinon le spectateur exposant ses neurones à ce grand lavage de cerveau collectif.

Cette culture d’angoisse conduit droit à la régression.
Il faut donc prendre toutes les mesures nécessaires afin de s’en préserver.
Cultiver une résistance basée sur des plaisirs simples,
Si accessibles et pourtant si difficiles d’accès.

La fin du petit rêve

Rêvons un peu ferme donc ses portes pour rendre sa place à Antoinet.
Comme si le rêve n’avait jamais réellement commencé,
À moins qu’il n’ait été qu’un artifice?

En effet, votre serviteur est incapable de ne rêver qu’un peu…
C’est soit l’âpre réalité ou le fantasme fou,
La tablette de chocolat entière ou complètement consommée, il faut choisir,
Pas d’entre deux!

J’ai certes ressenti de nombreuses fois que certains textes, trop réels peut-être, n’avaient pas leur place ici,
Puisqu’il était parfois question aussi de cauchemars…
Mais pas de feintes excuses, ce n’est pas un nom qui empêche d’écrire!
Sinon une flemmardise un peu trop cultivée à coup de desserts chocolatés,
Le sucré pour échapper à la réalité et amortir sa soi-disant dureté,
Lorsque fuir devient urgent, c’est que le réellement nécessaire ou encore le nécessairement réel est trop angoissant…
L’angoisse de l’inconnu pire que celle de la mort disait Lacan.

Mais, un homme peut retrouver la face,
Ne serait-ce qu’une minute avant sa mort,
Malgré toute l’angoisse qu’elle lui procure,
Et partir sur une bonne impression…

Et pour ma part, j’aimerais pouvoir écrire encore cent ans!
Pas une minute à perdre donc,
Je m’y remets dès maintenant,
Et j’efface cette berceuse pour tenter de la remplacer par un âpre désir d’incandescence,
Ce truc qui ne peut se vivre qu’au présent!

Ces envies qui font qu’on le reste

Pardonne-moi de t’interrompre dans ce grand moment d’ennui…
En fait, je ne sais si je t’interromps ou te soulage…
Je te voyais tellement absent, pris dans une rêverie, ou un fantasme peut-être?
En fait, derrière ce visage en apparence calme et inexpressif, ton inconscient tapait à ma porte…

Ô rage ô désespoir ô viellesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

J’ouvrais la porte, le priais de s’assoir lorsqu’il me fit part de ses envies…
De partir en vrille, d’extase, d’exaltation oui,
De ces envies qui nous poussent à brûler la vie par les deux bouts et nous empêchent donc de le rester…
Jamais rassasiées tel un ogre avide de petits enfants,
Une drogue, l’héroïne qui, d’exploits en exploits nous porte sur des sommets,
Oui l’inconscient était entré et il criait pour que nous partions vite loin fort à tout jamais, pitié Aaaahhhhh!
Faire quelque chose qui lui donne une impression de vivre bien que cela conduit droit vers la mort!
Bien que n’y tenant plus, je ne cédais pas à ces envies…
Je refermais doucement la porte et vivais l’instant avec cette douceur incomparable qui accompagne l’ennui.
En un mot, j’étais heureux, simplement, et simplement heureux…

Ulysse et les sirènes, deuxième

La bonne humeur rapatriée en urgence?
Malaka oui, c’est possible, mais sans ambulances ni sirènes hurlantes!
Ulysse, de retour en Grèce, les renvoie prestement à ces abysses auxquelles elles appartiennent !
Soudain donc, la Grèce, berceau de la démocratie européenne,
Mais aussi, et surtout, leader intergalactique de l’art de vivre, tout du moins avant le grand crac de…
2009?
Ou 2010?
Ou bien 2011?
Mais encore 2012?
Ah bon c’était peut-être bien 2013?
À moins que 2014?
Mais attendez, la France, elle, est en crise depuis 1977.
C’est bien simple, c’est la crise tout le temps! On étouffe !
La crise interminable, la crise parce que quels que soient les efforts, ils ne sont jamais suffisants.
Il faut toujours donc faire des sacrifices, baisser les salaires, gagner en compétitivité, pour retrouver des poings de croissance afin de pouvoir ex-porter.
Et blablabli ! Et blablabla !
Ce ne sont que des prétextes pour frapper sur des populations…
On connait la petite musique lancinante, hypnotisante,
On finit tous par y succomber en lisant « les média », et donc par fermer sa gueule, et bosser telle une machine.
C’est tout simplement l’effet du chant des sirènes… On l’écoute et puis à trop vouloir comprendre, on en perd son âme…
Et pendant ce temps là, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent,
Non mais à quoi bon bosser lorsque le travail devient esclavagisme ?
Et donc les grecs, ce peuple surdoué dans l’art de vivre et épargné jusqu’ici par ces potions amères, se sont fait littéralement massacrer pendant 5 longues années par une bande de brindezingues obsédés par les chiffres et totalement déconnectés de la réalité … et pire, des gens au point de les considérer comme quantité négligeable devant les chiffres…
Oui, des extrémistes.
Et c’est donc à ce prix que des familles ont perdu toutes leurs économies pour renflouer les caisses des banques…
L’Argentine, pays magnifique, savant mélange d’Europe et d’Amérique ne s’en est pas encore remise, quinze ans après l’administration forcée de la même potion, rendez-vous compte …
Et puis soudain, Miracle!
Fin de la tragédie grecque !
Non seulement un parti de gauche arrive au pouvoir, ce qui n’était pas arrivé depuis les années soixante dix…
Parce que le comble c’est que c’est la même droite qui a coulé l’économie du pays qui prétendait la sauver!
Mais, en plus, un ministre des finances de gauche beau, intelligent, brillant stratège et bon communicant apparaît!
Ulysse! Te voilà, sublime ! J’en tombe à la renverse !
Ah, mes amis grecs, vous avez osé, oui!
Je n’ai rien vu venir, je n’y croyais plus!
Et vous nous sauvez aussi de l’affre du dimanche soir et de sa sombre compagne : la sourde angoisse du lundi,
Cette machine outil que l’on appelle Travail et dont le bruit du lendemain empêche parfois de dormir la nuit…
Mais ce soir je respire car…
Oui c’est bien cela j’ai soudainement retrouvé la voix la plume mais aussi l’espoir perdu dans cet outrage…
Plus que jamais, les grecs sont des dieux et les dieux sont grecs,
L’avenir de l’Europe commence en Grèce et ce, pour l’éternité !
Ulysse, Ainsi soit-il,
Adieu Austérité et pendant qu’on y est Adieu Alain Juppé !
Vive la croissance, l’expansion, la grandeur, le bien-être, la vie !

Pour une Mémoire Vive

Aller mieux commence souvent par une prise de conscience dérangeante…
Mais ensuite, comment ne pas l’oublier?
Un quelque part en soi meurt d’envie que cette perturbation s’efface afin que tout redevienne comme avant…

Le conatus de Spinoza est une force de la nature insoupçonnée pour que le quotidien persiste à continuer d’exister.

Au réveil, le rêve s’échappe au grand galop, et l’oubli chasse ces nuages de l’âme perturbants.
Et tout redevient comme avant. Et l’on tourne à nouveau dans l’infernal cirque de la vie quotidienne…

Alors, comment garder cette mémoire vive allumée?
En opposant l’optimisme de la volonté au pessimisme de la pensée! Oui Je veux!

Le sourire du Chat

Nu, revêtu simplement de son élégance singulière,
Il avance nonchalant, dans un silence teinté de mystère,
Il déambule, sa silhouette est belle et dédaigneuse à la fois.

Sans un regard, tressaillement d’oreille ou mouvement
Qui trahirait le quelconque intérêt qu’il me puisse porter …
M’en voici donc convaincu: Mon Chat me snobe!

Et pourtant je le traite en Dieu …
Je l’héberge le câline l’aime depuis que j’eus le privilège d’être son élu.
Je le nourris, m’extasie, porte l’adoration jusqu’à nettoyer son cabinet …

Je suis son petit homme, servant, esclave volontaire …
Mais si « mon » chat n’existait que pour être adulé?
À moins que je n’existe que pour me prosterner?

Du haut de son regard abyssin, il me nargue avec son sourire matois,
Me prend de haut, et semble se moquer de ma condition de pauvre humain
Bougeant parfois à peine une oreille en guise de consolation …

Le tricycle

J’ai trois ans et demi, peut-être quatre tout au plus. Je suis sur mon tricycle jaune. Gosse invincible. Rien ne peut m’arriver. Je suis le gentil de toutes facons, j’ai dû sauver la terre une dizaine de fois dans les dernières heures. Rien ne m’arrête, sauf peut-être Stéphane qui s’amuse à jouer au méchant et contrarie donc systématiquement mes plans. C’est très fatigant alors qu’on pourrait très bien sauver le monde ensemble mais non, nous ne sommes jamais d’accord, alors c’est coup bas contre coup bas! On ne lâche rien, Jamais! Meilleurs ennemis!

Contrairement aux opinions de la plupart des adultes touchés le plus souvent par une grande amnésie collective, la vie d’enfant n’est ni reposante ni drôle! Il y a beaucoup de travail pour empêcher le pire de s’accomplir, en l’occurrence les plans démoniaques de Stéphane le méchant! C’est très important! On ne peut pas laisser faire!

Il y a certes des moments de répit, comme là sur mon tricycle jaune, sur ce petit pont en ciment devant le garage de la maison de mes grands parents. Plus que du répit, c’est de l’ennui même, un ennui à mourir. Je ne sais pas ce que fait Stéphane sur son grand vélo à deux roues et deux roulettes, mais malheureusement pour moi, il ne semble pas très diabolique. Peut-être fait-il souffrir une mouche, bref, rien de très important … Mon intervention n’est pas nécessaire, le monde n’est pas en péril, mon orgueil n’est pas remis en question, tout va bien …

Alors, je regarde autour de moi. Que vais-je bien pouvoir faire dans ce moment de calme? Rester tranquille, regarder les oiseaux? Vous n’y pensez pas, il doit quand même y avoir des choses importantes à faire … Mais on n’a pas vraiment besoin de moi en ce moment, l’oisiveté m’est pesante, je m’ennuie et j’ai envie de faire un truc. C’est une sorte de légère démangeaison interne comme pour combler un vide … Il faut agir … Faire quelque chose, vite! Je ne peux quand même pas faire souffrir la mouche avec Stéphane! Mon status de gentil universel ne s’en remettrait pas, et puis … mon orgueil m’en empêche … Même si ce ne serait pas la première fois que je m’assieds dessus pour un acte passionnant, pas maintenant!

Alors il y a bien cette rivière qui coule sous le petit pont, et ce bord à quelques pas … Mamie – la sainte protectrice – m’a dit de faire bien attention à ne pas tomber dans la rivière. Sa voix est montée dans les aigus pour insister. Mais pourquoi? Et si je tombe, que se passe t’il? Rien de terrible sans doute … Du moins je ne crois pas … Alors je m’approche silencieusement du bord. Je regarde Stéphane, il est toujours très occupé. Je regarde la rivière … Le courant est important … Le danger est réel … Le coeur palpite … J’ai envie de savoir:

Que se passe t’il si je tombe?

Qu’y a t’il en dessous?

Alors je me colle au bord en tricycle. Je place doucement une roue dans le vide, joue à basculer, trouve un premier point d’équilibre. C’est drôle le danger, on se sent soudain très éveillé, les sens en action, la respiration plus rapide … Je ne cherche pas à tomber réellement … Du moins je ne pense pas … Juste à me faire peur … Trouver la limite … Mais j’avance irrésistiblement vers le vide.

Je dépasse le point d’équilibre, me penche en arrière, rétablit superbement la situation … Ouf j’ai eu vraiment peur … Mais soudain le tricycle glisse! Et je tombe  dans cette rivière qui m’engouffre dans les égouts …

Aux fusilleurs de l’Amour

À vous les fusilleurs de l’amour!
Vous vous croyez modernes, mais prescripteurs nihilistes, voilà ce que vous êtes!
Et si je vous méprise autant aujourd’hui, c’est qu’hier, vos croyances je fis miennes,
Et c’est à la ruine de l’âme, du corps, au coeur de l’abime qu’elles m’ont mené.
Au suicide, voilà ce que vous appelez inconsciemment de vos vœux!

Vous ne comprenez rien a l’Amour et vous vous en déclarez maîtres.
L’Amour serait donc une alchimie basée sur les points communs entre deux êtres.
Chacun, suivant sa catégorie sociale, aurait droit à un alter ego.
Nous serions donc constamment dans la recherche d’un mieux!

Être d’accord en guise de jouissance ultime.
Demain, l’algorithme permettant à chacun de trouver son Autre rendra l’humanité paradisiaque.
La solitude éradiquée, ces « parfaits binômes » pourront procréer pour le plus grand bonheur d’une société archéo-parentale comblée par une technologie assouvissant ses rêves les plus fous.
Certains, une poignée d’ambitieux ne se contenteront pas des propositions formulées par « le système ». Ils trouveront des moyens de se marier avec quelqu’un dans une catégorie supérieure, tels les mariages entre bourgeois et nobles du 18eme siècle en guise de réussite sociale!

Mais pourtant, une courbe que l’on choisit d’ignorer tous les jours démontrera une çroissance de la misère intellectuelle.
Celle du suicide, drame d’une société réglementée qui encadre l’humain et le tue de l’intérieur.

Fuyons mes amis! Résistons à cette propagande nihiliste!
N’en doutez pas, si personne ne comprend rien a votre Amour, c’est qu’il est véritable car de par sa nature, il est incompréhensible.

Bientôt, nous aurons des capteurs dans le cerveau.
Ils nous indiquerons si nous sommes heureux ou tristes.
Nous serons alors invités à réagir en conséquence pour redresser la situation, car bien sur, la tristesse doit être évitée.
Un projet de loi pour éradiquer la tristesse sera approuvé à l’unanimité par des « politiques hommes ».
En robots hédonistes à la volonté annihilée nous serons donc transformés.

D’ici la, je serai loin mais parmi vous,
Jouant la comédie de la ressource humaine,
Amoureux fou ou Fou furieux, je n’ai pas encore vraiment décidé…

On vous ment!

Vous qui croyez impossible de concilier l’inconciliable!
A qui on explique qu’il faut faire des choix simples,
Être raisonnable ou pire, normal, ce mot ignoble!

Vous qui avez été assez crédule pour y croire,
Et qui pourtant – malgré les somnifères – ne dormez pas si bien la nuit,
Et bien je vous le dis, dans le blanc des yeux, sans sourciller:

Vous vous trompez!
Votre recherche de tranquillité
Est une chimère au goût si funèbre que vous êtes déjà mort
Sans même vous en rendre compte.

Vous me répondrez alors:

Mais je ne souhaite qu’un peu de quiétude

Et bien le moment est venu de choisir!
Prenez donc un puissant calmant!
Veillez surtout à ce qu’il vous soit fatal!

Ainsi vous pourrez profiter de la tranquillité durant l’éternité!
Et moi de ne plus subir vos sinistres leçons de morale!

Et pourtant, l’espoir est permis même aux plus cons d’entre nous!
Oui, ressusciter est toujours possible, je ne perds pas espoir en vous,
Tant que vous vous maintenez à une saine distance qui me permette de respirer convenablement.

Et pourquoi pas après tout?
Que celui qui n’a jamais été crucifié lève la main et se jette immédiatement d’une falaise!
Ainsi, commencera t’il enfin à vivre!

L’amant

Je fermais les yeux et son visage apparaissait. Je ne pensais pas m’être autant attaché à ce garçon. Il ne s’était encore rien passé entre nous, quelques conversations, des sourires inconscients comme lorsque deux personnes apprécient le moment, une voix un peu plus aiguë peut-être, la recherche de sujets de conversation tout à fait banales pour faire durer ces trop brefs moments passés ensemble, car ni l’un ni l’autre n’avait pu, n’avait su demander le numéro de téléphone, trop concentrés sur le moment, pas du tout sur le coup d’après.
Il n’était pas là donc, alors que justement, précisément c’était le soir où je comptais l’inviter à boire un verre, pour prolonger enfin ces conversations trop courtes, se rapprocher, s’embrasser peut-être. Alors que c’était le soir où je pensais à l’après, il n’était pas là, comme un coup de tonnerre pour me rappeler qu’il n’y aurait jamais de suite, que tout se vivrait toujours dans l’urgence du présent, et qu’il faudrait se contenter de celà, pour l’éternité. Le reste nous était interdit, nous étions maudits pour cause d’adultère, mon superbe amant ne serait que chimère, il me fallait me rendre à l’évidence, peut-être même ne le reverrai je jamais plus.
On l’avait assassiné pour empêcher un bonheur futur, l’antérieur cherchant à prévenir le naufrage qui s’annonçait.
Ou bien pire, il avait eu peur et n’oserait plus jamais me recroiser.
C’était la fin d’une histoire qui n’avait jamais commencé, et dont le seul déroulement avait été dans ma tête.
Mais s’il y avait une seule chance – si petite soit-elle – pour que cette histoire eût lieu, je me promettais de tout mettre en oeuvre pour pouvoir la vivre, et rien ni personne ne pourrait m’arrêter.

Garçons

Il y avait deux garçons très intéressants dans mon gymnase. En fait, il y en avait plus de deux, mais ces deux là se détachaient par leurs corps et beautés respectives.
L’un portrait une paire de lunettes qui lui donnait un faux air d’intellectuel, ce qui n’est pas très courant dans une salle de sport. C’était le garçon parfait pour aller au cinéma, ou encore au musée, à présenter à ses parents, qui s’intégrerait très bien dans la famille. Un très bel homme bon chic bon genre, cultivé, modeste, probablement gentil, d’une telle sagesse que sa véritable nature sauvage s’exprime au lit, soudain, lorsque toutes les barrières sont lâchées.
L’autre – son rival – est bien différent. Sa beauté est solaire, il rayonne tellement qu’il en est insolent. Il subjugue la salle lorsqu’il est présent. Les autres n’existent plus, leurs muscles se retiennent afin de ne pas déranger. Mais c’est surtout son regard qui fascine. Car on décèle la conscience de sa propre beauté dans ses yeux, la maîtrise de son pouvoir sur les autres par l’effet qu’il exerce sur eux. Car à son visage brun répond un corps musclé, dont la finesse s’étend par des jambes superbes jusqu’en bas du corps.
C’est l’amant parfait, celui des nuits enflammées, impresentable d’orgueil mais certainement pas impénétrable, celui que l’on chevauche et qui vous chevauche en retour, avec qui l’on rêve dans des nuits follement agitées de partir au bout du monde dans un coup de folie qui ranimerait le plus mort des vivants.

Un monde sans merde

Un monde sans merde!
Voila un projet fort éloigné,
Tant nous en sommes submergés.

Dans ces moments surréalistes,
Annonciateurs d’apocalypse dans lequel
L’espoir n’existe plus, le désespoir non plus,
L’Humain semble vaincu.

Coma éthylique ou mort clinique?
Conscience endormie ou définitivement morte?

Les « grands esprits » regardent ailleurs,
Leur nez plongés dans cette marée
Infinie et dégoulinante de données,
De laquelle on extraira bientôt
Une « Vérité » bien particulière
Justifiant les pires atrocités.
A cela, il nous faudra résister.

Ces grands esprits qui savent nous parasitent, ils nous empêchent,
Avec leur flot de certitude, nous cherchons à comprendre
De quoi sera fait cet Avenir si magnifique qu’ils souhaitent nous vendre.
Leur dédier du temps de cerveau disponible, voila notre erreur.

La science en nouvelle religion englobe la société et abrutit les esprits les plus vifs.
Elle nous porte dans une culture de l’instant qui nous fait oublier l’essentiel.
L’humain, les mots, la baise, l’Amour.
Rien n’est plus important.

C’est parce qu’on oublie ces Essentiels,
Ces besoins dont les bienfaits apparaissent
Lorsqu’ils sont utilisés de manière combinée
Lecture pour s’enrichir, Ecriture pour s’élever
Amour pour s’émouvoir, Baise pour se libérer.

Si le monde s’emmerde un peu plus chaque jour,
S’il nous entraîne dans cette spirale infernale,
C’est parce que nous avons perdu cette capacité de retraite,
Cette prise de distance avec le temps pour revivre cet essentiel qui nous fait défaut.

Si l’espoir le désespoir semblent perdus, rien n’est perdu pour autant.
Dans ces moments sombres, le probable devient incertain, et l’impossible probable,
Lorsque tout est noir, le sursaut devient nécessaire.
Et si ce monde sans merde n’était pas si loin?

Un peu Beaucoup Passionnément … À la Folie?

Dans le Fantasme l’esprit prend la fuite,
Atteignant des altitudes célestes inégalables.
Bien au delà de la stratosphère, les pensées peuvent devenir
Solaires Lunaires Galactiques Lumineuses Grandioses!

La pensée s’étire dans une extravagante infinité,
L’idée naissante n’a pas le temps de mûrir qu’elle est déjà idolâtrée.
Alors elle se consume et nous consomme,
Elle brule et aspire l’être tel un corps bouffi de jouissance.

Heureusement ou Malheureusement
– Chacun décidant ce qui lui est « préférable » –
Un certain retour à la réalité s’opère.
En douceur ou « Brace Brace » en catastrophe,
Atterrissage, et tête à Terre.

Alors, Rêve ou Fantasme?
L’un évade quand l’autre embrase.
Difficile de s’abstenir de ce mal qui fait du bien,
Même s’il ramène droit dans la caverne
Ah! La Caverne …

Virus médiatique et Délire du marché

Les bourses mondiales font les montagnes russes,
Dans leur mouvement perpétuel aussi brusque qu’incompréhensible,
On alterne entre baisses et dégradations de notes,
Les nouvelles apocalyptiques se succèdent dans un cauchemard à rallonge.

Le système est-il enlisé dans la recherche du gain immédiat?
La crise est-elle financière, politique, sociale?
On ne sait même plus, pas le temps d’y penser,
Il faut survivre, avancer, « s’en sortir« ,
Par le haut si possible, par le bas c’est impensable!

Nous voici donc irradiés par un nuage médiatique,
Dans son mouvement continu il captive l’attention,
La radioactivité des mauvaises nouvelles s’étend et nous contamine,
Subrepticement, un virus – le pessimisme – colonise notre esprit,
Dans une succession d’événements qui nous dépassent.

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Je voudrais te dire …

Je voudrais te dire que je ne t’aime plus mais je te hais,
Je voudrais te dire le mal que tu me fais mais tu es sourd,
Je voudrais te dire adieu mais imperturbable tu restes muet.

Je suis face à ce mur de silence,
Qui semble bien décidé d’en finir,
Ce silence qui pue la mort.

Et ni mes cris ni mes larmes n’y pourront rien changer.

Hermétique, insensible tel un diamant poli,
Je suis exilé par ta volonté de tyran.

Ton silence me soumet.
Et personne ne m’a jamais traité comme celà.

Je ressens cette violence inouïe,
Fruit d’une impuissance contre-nature mais assumée,
Pour tenter – dans un dernier souffle – de nous sauver.

Mais pour combien de temps accepterai-je cette souffrance?
Pour un jour ou pour un an?
Tes paroles – mon oxygène – me viennent à manquer,
Et ton plaisir de sadique me fait suffoquer.

Procrastination, la Paresse Intellectuelle Tue

La «PIT», cette nouvelle donnée économique,
Ou plutôt anti-culturelle à souhait,
Tant la Paresse Intellectuelle, Tue.

Peut-être – comme moi – vous empêche-t’elle de créer?

On l’appelle procrastination,
Virus du 21ème siècle,
Certes fort mal nommée,
Mais connaît-on une maladie au joli nom?

Alors on procrastine, on esquive, on papillonne,
Appelez celà comme vous voulez,
Mais si vous ne trouvez pas d’écrit pendant deux jours,
Vous imaginerez bien quelle mouche m’aura encore piqué!

Ne Rien Faire

Alors devant la débauche d’activités pour esquiver,
Ou l’effort pour rentrer dans la plus complète inactivité,
Et l’épuisement créé par la culpabilité ainsi générée,

Peut-être devrait-on s’y mettre pour de vrai,
ni devoirs ni obligations,
Mais à toutes ces choses dont on a envie et ne fait jamais.

Et lorsque vient enfin le moment où l’on pourrait,
On préfère s’abandonner ou s’exciter à tout sauf au plaisir.
Vous conviendrez de la grandeur de ce n’importe quoi!

Alors, on s’y remet?
A moins bien sûr que vous ayez encore autre chose à faire…

Rien

Certaines périodes sont vides,
Ou sont-elles trop denses
Pour en dire quelque chose?

L’intensité assèche,
L’objectif absorbe l’être.
A chacun son fonctionnement,
Qui vous prend
Qui vous absorbe
Qui vous malaxe.

C’est un prédateur,
Il vous prend dans sa mâchoire
Il ne vous lâche pas
Il vous broie.

Vous voici dans ce sable mouvant
Où s’agiter c’est couler!

Il faut ralentir inspirer expirer
Ralentir encore lire écrire
Ralentir toujours regarder observer
Ralentir enfin, trouver ce rythme grec
Ce truc qui n’existe que là-bas
Et que ces fous veulent supprimer.

Oui parce que vous comprenez, les dettes et bla bla bla
Mais la culture et pas bla bla bla?
Et la cuisine le temps de vivre la respiration méditerranéenne toujours pas bla bla bla?
Ah non non non, productivité ressources humaines produit à l’intérieur de brutes et bla bla bla!

Madame mademoiselle monsieur
Tout ceci n’est qu’immense vulgarité.

On nous vend la faillite d’un paradis sur terre
On s’approprie notre temps.

J’ose, un conseil stendhalien
Surtout se foutre Complètement de Tout!
Certains ont connu le bonheur dans des périodes pires que la nôtre.

Alors pourquoi pas nous?

Ah l’Amour! Mais qu’est-ce donc?

Assaillis de films niais et de publicités imbéciles,
On en perd son Amour comme d’autres leur latin.
Nous voilà perdus, égarés, paumés! Qu’est-ce que l’Amour?

A la recherche de repères, je consulte fébrilement dictionnaires et encyclopédies.
L’Amour, quelqu’un sait-il encore ce que c’est?
Ou ce sentiment est-il indéfinissable?

Commençons par la définition d’amour du Larousse :

Inclination d’une personne pour une autre, de caractère passionnel et/ou sexuel

C’est un début desespérant, celà donne envie d’aller se coucher pour oublier … cette lecture, c’est un mauvais rêve!

Mais ne restons pas sur ce regrettable échec amoureux, c’est déconseillé,
Continuer la lecture de Ah l’Amour! Mais qu’est-ce donc?

Souffle d’écrire

Dépasser cette honte, ce frein,
Cette angoisse qui me retient,
Pour trouver le véritable désir,
Pour lui laisser exprimer ce qui est en moi.

Sa voix sort de mes profondeurs insoupçonnées,
C’est quelque chose que je n’entends pas,
Mais qui soudain exprime s’impose m’explose
Dans des mots qui me surprennent par leur force,
Leur talent, leur envie et leur passion!

Le laisser hurler, arrêter de le censurer,
Dans cette société du calme et du contrôle,
Pour atteindre un supposé bien-être zen!
Foutaise! Il respire enfin, désormais l’aider à grandir.

Je rétablis l’énervement, l’action, la baise sauvage, le souffle,
En un seul mot, je vis!
Et tant pis pour la crise cardiaque!

Lutte – 1

C’est la Lutte partout,
Le combat Permanent,
Contre Personnes et Objets,
Indifféremment.
Indéfiniment.

 

C’est une compétition harassante,
Trou noir d’une Humanité évanescente.

 

ConCentré sur la confrontation,
Volonté de dépasser l’Autre.
Toute émotion est réduite à néant,
Oubli de l’Humain.

 

Tout désir s’efface,
La Lutte anesthésie
Dans un sommeil de Jouissance,
Et une vie d’Abruti.