Garçons

Il y avait deux garçons très intéressants dans mon gymnase. En fait, il y en avait plus de deux, mais ces deux là se détachaient par leurs corps et beautés respectives.
L’un portrait une paire de lunettes qui lui donnait un faux air d’intellectuel, ce qui n’est pas très courant dans une salle de sport. C’était le garçon parfait pour aller au cinéma, ou encore au musée, à présenter à ses parents, qui s’intégrerait très bien dans la famille. Un très bel homme bon chic bon genre, cultivé, modeste, probablement gentil, d’une telle sagesse que sa véritable nature sauvage s’exprime au lit, soudain, lorsque toutes les barrières sont lâchées.
L’autre – son rival – est bien différent. Sa beauté est solaire, il rayonne tellement qu’il en est insolent. Il subjugue la salle lorsqu’il est présent. Les autres n’existent plus, leurs muscles se retiennent afin de ne pas déranger. Mais c’est surtout son regard qui fascine. Car on décèle la conscience de sa propre beauté dans ses yeux, la maîtrise de son pouvoir sur les autres par l’effet qu’il exerce sur eux. Car à son visage brun répond un corps musclé, dont la finesse s’étend par des jambes superbes jusqu’en bas du corps.
C’est l’amant parfait, celui des nuits enflammées, impresentable d’orgueil mais certainement pas impénétrable, celui que l’on chevauche et qui vous chevauche en retour, avec qui l’on rêve dans des nuits follement agitées de partir au bout du monde dans un coup de folie qui ranimerait le plus mort des vivants.

Un monde sans merde

Un monde sans merde!
Voila un projet fort éloigné,
Tant nous en sommes submergés.
Dans ces moments surréalistes,
Annonciateurs d’apocalypse dans lequel
L’espoir n’existe plus, le désespoir non plus,
L’Humain semble vaincu.
Coma éthylique ou mort clinique?
Conscience endormie ou définitivement morte?
Les « grands esprits » regardent ailleurs,
Leur nez plongés dans cette marée
Infinie et dégoulinante de données,
De laquelle on extraira bientôt
Une « Vérité » bien particulière
Justifiant les pires atrocités.
A cela, il nous faudra résister.
Ces grands esprits qui savent nous parasitent, ils nous empêchent,
Avec leur flot de certitude, nous cherchons à comprendre
De quoi sera fait cet Avenir si magnifique qu’ils souhaitent nous vendre.
Leur dédier du temps de cerveau disponible, voila notre erreur.
La science en nouvelle religion englobe la société et abrutit les esprits les plus vifs.
Elle nous porte dans une culture de l’instant qui nous fait oublier l’essentiel.
L’humain, les mots, la baise, l’Amour.
Rien n’est plus important.
C’est parce qu’on oublie ces Essentiels,
Ces besoins dont les bienfaits apparaissent
Lorsqu’ils sont utilisés de manière combinée
Lecture pour s’enrichir, Ecriture pour s’élever
Amour pour s’émouvoir, Baise pour se libérer.
Si le monde s’emmerde un peu plus chaque jour,
S’il nous entraîne dans cette spirale infernale,
C’est parce que nous avons perdu cette capacité de retraite,
Cette prise de distance avec le temps pour revivre cet essentiel qui nous fait défaut.
Si l’espoir le désespoir semblent perdus, rien n’est perdu pour autant.
Dans ces moments sombres, le probable devient incertain, et l’impossible probable,
Lorsque tout est noir, le sursaut devient nécessaire.
Et si ce monde sans merde n’était pas si loin?

Un peu Beaucoup Passionnément … À la Folie?

Dans le Fantasme l’esprit prend la fuite,
Atteignant des altitudes célestes inégalables.
Bien au delà de la stratosphère, les pensées peuvent devenir
Solaires Lunaires Galactiques Lumineuses Grandioses!
La pensée s’étire dans une extravagante infinité,
L’idée naissante n’a pas le temps de mûrir qu’elle est déjà idolâtrée.
Alors elle se consume et nous consomme,
Elle brule et aspire l’être tel un corps bouffi de jouissance.
Heureusement ou Malheureusement
– Chacun décidant ce qui lui est « préférable » –
Un certain retour à la réalité s’opère.
En douceur ou « Brace Brace » en catastrophe,
Atterrissage, et tête à Terre.
Alors, Rêve ou Fantasme?
L’un évade quand l’autre embrase.
Difficile de s’abstenir de ce mal qui fait du bien,
Même s’il ramène droit dans la caverne
Ah! La Caverne …

Virus médiatique et Délire du marché

Les bourses mondiales font les montagnes russes,
Dans leur mouvement perpétuel aussi brusque qu’incompréhensible,
On alterne entre baisses et dégradations de notes,
Les nouvelles apocalyptiques se succèdent dans un cauchemard à rallonge.
Le système est-il enlisé dans la recherche du gain immédiat?
La crise est-elle financière, politique, sociale?
On ne sait même plus, pas le temps d’y penser,
Il faut survivre, avancer, « s’en sortir« ,
Par le haut si possible, par le bas c’est impensable!
Nous voici donc irradiés par un nuage médiatique,
Dans son mouvement continu il captive l’attention,
La radioactivité des mauvaises nouvelles s’étend et nous contamine,
Subrepticement, un virus – le pessimisme – colonise notre esprit,
Dans une succession d’événements qui nous dépassent.
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Je voudrais te dire …

Je voudrais te dire que je ne t’aime plus mais je te hais,
Je voudrais te dire le mal que tu me fais mais tu es sourd,
Je voudrais te dire adieu mais imperturbable tu restes muet.
Je suis face à ce mur de silence,
Qui semble bien décidé d’en finir,
Ce silence qui pue la mort.

Et ni mes cris ni mes larmes n’y pourront rien changer.

Hermétique, insensible tel un diamant poli,
Je suis exilé par ta volonté de tyran.
Ton silence me soumet.
Et personne ne m’a jamais traité comme celà.
Je ressens cette violence inouïe,
Fruit d’une impuissance contre-nature mais assumée,
Pour tenter – dans un dernier souffle – de nous sauver.
Mais pour combien de temps accepterai-je cette souffrance?
Pour un jour ou pour un an?
Tes paroles – mon oxygène – me viennent à manquer,
Et ton plaisir de sadique me fait suffoquer.

Procrastination, la Paresse Intellectuelle Tue

La «PIT», cette nouvelle donnée économique,
Ou plutôt anti-culturelle à souhait,
Tant la Paresse Intellectuelle, Tue.
Peut-être – comme moi – vous empêche-t’elle de créer?
On l’appelle procrastination,
Virus du 21ème siècle,
Certes fort mal nommée,
Mais connaît-on une maladie au joli nom?
Alors on procrastine, on esquive, on papillonne,
Appelez celà comme vous voulez,
Mais si vous ne trouvez pas d’écrit pendant deux jours,
Vous imaginerez bien quelle mouche m’aura encore piqué!

Ne Rien Faire

Alors devant la débauche d’activités pour esquiver,
Ou l’effort pour rentrer dans la plus complète inactivité,
Et l’épuisement créé par la culpabilité ainsi générée,
Peut-être devrait-on s’y mettre pour de vrai,
ni devoirs ni obligations,
Mais à toutes ces choses dont on a envie et ne fait jamais.
Et lorsque vient enfin le moment où l’on pourrait,
On préfère s’abandonner ou s’exciter à tout sauf au plaisir.
Vous conviendrez de la grandeur de ce n’importe quoi!
Alors, on s’y remet?
A moins bien sûr que vous ayez encore autre chose à faire…

Rien

Certaines périodes sont vides,
Ou sont-elles trop denses
Pour en dire quelque chose?
L’intensité assèche,
L’objectif absorbe l’être.
A chacun son fonctionnement,
Qui vous prend
Qui vous absorbe
Qui vous malaxe.
C’est un prédateur,
Il vous prend dans sa mâchoire
Il ne vous lâche pas
Il vous broie.
Vous voici dans ce sable mouvant
Où s’agiter c’est couler!
Il faut ralentir inspirer expirer
Ralentir encore lire écrire
Ralentir toujours regarder observer
Ralentir enfin, trouver ce rythme grec
Ce truc qui n’existe que là-bas
Et que ces fous veulent supprimer.
Oui parce que vous comprenez, les dettes et bla bla bla
Mais la culture et pas bla bla bla?
Et la cuisine le temps de vivre la respiration méditerranéenne toujours pas bla bla bla?
Ah non non non, productivité ressources humaines produit à l’intérieur de brutes et bla bla bla!
Madame mademoiselle monsieur
Tout ceci n’est qu’immense vulgarité.
On nous vend la faillite d’un paradis sur terre
On s’approprie notre temps.
J’ose, un conseil stendhalien
Surtout se foutre Complètement de Tout!
Certains ont connu le bonheur dans des périodes pires que la nôtre.
Alors pourquoi pas nous?

Ah l'Amour! Mais qu'est-ce donc?

Assaillis de films niais et de publicités imbéciles,
On en perd son Amour comme d’autres leur latin.
Nous voilà perdus, égarés, paumés! Qu’est-ce que l’Amour?
A la recherche de repères, je consulte fébrilement dictionnaires et encyclopédies.
L’Amour, quelqu’un sait-il encore ce que c’est?
Ou ce sentiment est-il indéfinissable?
Commençons par la définition d’amour du Larousse :

Inclination d’une personne pour une autre, de caractère passionnel et/ou sexuel

C’est un début desespérant, celà donne envie d’aller se coucher pour oublier … cette lecture, c’est un mauvais rêve!
Mais ne restons pas sur ce regrettable échec amoureux, c’est déconseillé,
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Souffle d'écrire

Dépasser cette honte, ce frein,
Cette angoisse qui me retient,
Pour trouver le véritable désir,
Pour lui laisser exprimer ce qui est en moi.
Sa voix sort de mes profondeurs insoupçonnées,
C’est quelque chose que je n’entends pas,
Mais qui soudain exprime s’impose m’explose
Dans des mots qui me surprennent par leur force,
Leur talent, leur envie et leur passion!
Le laisser hurler, arrêter de le censurer,
Dans cette société du calme et du contrôle,
Pour atteindre un supposé bien-être zen!
Foutaise! Il respire enfin, désormais l’aider à grandir.
Je rétablis l’énervement, l’action, la baise sauvage, le souffle,
En un seul mot, je vis!
Et tant pis pour la crise cardiaque!

Lutte – 1

C’est la Lutte partout,
Le combat Permanent,
Contre Personnes et Objets,
Indifféremment.
Indéfiniment.
 
C’est une compétition harassante,
Trou noir d’une Humanité évanescente.
 
ConCentré sur la confrontation,
Volonté de dépasser l’Autre.
Toute émotion est réduite à néant,
Oubli de l’Humain.
 
Tout désir s’efface,
La Lutte anesthésie
Dans un sommeil de Jouissance,
Et une vie d’Abruti.