Marcel Proust et le tweet mal-aimé

J’avais publié ce tweet à 23h…

Dans un acte que je pensais « innocent », je l’avais donc publié…

Et il n’avait reçu ni like ni retweet…

J’avais été surpris dès les premières minutes…

Comment ? Un tweet citant une phrase du deuxième tome d’À la recherche du temps perdu n’avait reçu aucun like ni retweet?

Comment était-ce possible ? Il contenait pourtant le nom de Cambremer…

Il me fallait immédiatement décrocher mon téléphone,

Appeler Twitter pour leur signaler la présence d’un énorme problème dans l’algorithme !

Et pourtant, l’algorithme de Twitter -comme tout algorithme d’intelligence artificielle- n’est qu’un amplificateur de tendances…

Il n’est donc pas responsable, car il ne fait qu’amplifier l’existant…

Et dans ce cas, l’amplification du Rien, n’est rien d’autre que le Rien…

Et le Rien, c’est celui que nous avons dans la tronche…

Mais enfin réveillez-vous ! C’est impossible, c’est un cauchemar !

Et pourtant non, je ne rêvais pas…

Un tweet de Marcel Proust n’avait reçu ni like ni retweet…

C’était la réalité. Sèche. Juste. Tel un rêve qui jette une volée de bois bien vert en pleine face…

Je n’en revenais pas. J’imaginais Marcel Proust, -mon meilleur ami- assis devant moi…

Nous étions assis non pas en face à face mais légèrement en biais, ce qui est plus doux…

Mais il m’avait aide à sauter le pas pour m’installer sur le divan…

Il était donc assis derrière moi, et je fus parcouru d’un frisson…

Je l’aimais profondément, j’aimais tout de lui… Sa lecture constituait une véritable psychanalyse en soi…

Ce talent tel un diamant brut qu’une machine idiote ne savait pas reconnaître…

Car, s’il faut dire « Marcel Proust » pour que ses écrits soient reconnus, pardonnez-moi,

Cher « public » harnaché dans le délirant ego tout-oui-terrien,

Mais c’est la démonstration sinequanone d’un énorme problème !

« Je te suis, tu ne me suis pas »… Et paf, la Volonté Schopenhauerienne démasquée jusque sur Twitter!

Je remerciais Marcel Proust d’avoir voyagé dans le temps pour réaliser cette démonstration libératrice. Il semblait me dire :

« – Mais enfin, qu’attends-tu ? Écris ! S’il ne m’a pas reconnu, c’est bien qu’ils sont incapables de ne reconnaître aucun talent ! Fais donc confiance à cet algorithme qui, de par son absence de reconnaissance, dénonce l’essence même de son époque: le Rien. Écris sans t’en soucier, mais Écris ! C’est une forme de compliment silencieux venant d’une machine formée à reconnaître le Rien … ou L’Idiot! »

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