L’Idiot

Ma bétise M’avait ouvert grandes les portes des plus hautes fonctions.
Et Je jouissais avidemment de Ma position de pouvoir…
Jécrasais donc les doux visages des autres de Mes bottes de chasse encrottées,
Et Je leur plantais Mes yeux bleus menaçants droits dans les leurs.

J’etais ennivré par mon pouvoir …
Je respirais la puissance et aspirais à toujours plus de puissance …
Quelque chose les empêchaient d’admettre leur jouissance dans la prosternation …
Et pourtant, le simple fait de ne pas se rebeller contre moi en était déjà une…

Ah ! Personne d’autre que Moi, n’avait jamais gouverné ainsi…
Malgré Darwin, si le Sapiens reprenait enfin toute sa place, c’était bien grâce à Moi
Celle d’un petit singe se grattant le visage un peu plus que les autres …
Car n’importe quelle dinde eût gouverné bien mieux que Moi

Étais-je pourtant si bête ? Je, n’en savais rien Moi-même…
J’avais certes invité mes fidèles à manifester
Pour braver le confinement que j’avais Moi-même décrété…
Cela n’allait pas manquer de les contaminer.

Ce n’était donc pas très intelligent …
Même d’un point de vue politique,
Flinguer ainsi ses électeurs était pour le moins une stratégie novatrice …
Surtout si les morts acquéraient le droit de vote pour les prochaines élections …

Car certains d’eux mourant glorieusement
De leur bétise de m’avoir cru et soutenu,
N’hésiteraient pas, une fois dans l’autre monde,
À en demander encore…

Oui, encore,
Écrase-moi plus fort
Fais-moi sentir petit,
Ô toi dont la petitesse est infinie…

J’avais crânement défendu cette idée particulièrement Conne,
Qui venait de s’instiller dans Mon esprit comme un Virus …
Boire ou s’injecter du désinfectant pour prévenir le Coronavirus !
Ou encore projeter des UV sur le poumon afin de le guérir !

J’insistais auprès des médecins -bien évidemment à mon service-
Afin qu’ils étudient cette grande idée qui est Mienne.
Car il ne pouvait en être autrement,
Toute pensée émanant de Ma, personne devait-être étudiée.

Même Mes, excréments devaient l’être. Surtout, d’ailleurs !
Ils, devaient-être recueillis… stockés… étudiés…
Que dis-Je, Exposés aux yeux de tous dans un musée à Ma, gloire…
Car Ils, ne valaient guère moins que la meilleure de Mes, pensées…

S’il n’y a pas de plus belle mort que par connerie,
Celle vers laquelle j’entraîne Mes fidèles est sublime,
Que dis-je elle est parfaite, divine,
Comme MOI, l’Idiot !

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