Ici, là

Nous étions là, en train de siroter tranquillement une menthe à l’eau à l’ombre tandis que le soleil fessait les joues de nos voisins alcoolisés à la recherche d’un bronzage accéléré.
Nous discutions tranquillement de ces paradoxes de début de siècle, de ce mélange de chaos interconnecté dont nous arrivions parfois à nous protéger en s’éloignant de médias apocalyptiques et d’incessantes interruptions électroniques.
Nous prenions du plaisir dans une conversation aussi tranquille que réfléchie, dans un monde qui ne laisse plus de place qu’à la réaction où le cerveau humain semblait remplacé par le moteur à explosion d’un avion.
Une boîte crânienne en décomposition pour cause d’harcèlement électronique dont nous étions incapables de décrocher, une drogue dure à base d’adrénaline pure entretenue par de faux suspense quotidien à base de séries, films d’horreur et autres annonces apocalyptiques.
Et pourtant, parfois, l’Amour – oui l’Amour avec un grand A – était encore possible. Même avec le lavage de cerveau d’une société détruisant à son insu les individus qui la composait. L’Amour faisait de la résistance alors que le don d’une partie de soi n’était plus franchement à la mode. L’Amour résistait héroïquement à l’assaut. Il tenait des jours, des semaines voire des années, cerné par un étau qui imposait le plaisir en priorité, l’infidélité en modèle préconisé par ces inconformistes éclairés dont l’esprit était en fait resté bloqué au dix neuvième siècle.
Il fallait être têtu et pourtant parfois on finissait par céder dans un moment de faiblesse. Et l’ombre du plaisir Roi s’abattait sur nous tel un orage qui semblait ne jamais cesser. Nous étions fait comme des rats, mais, dans des moments de hauteur vertigineuse, on riait de ce piège à cons redoutable qui bientôt nous reprendrait.

Surmenage

On paie toujours la jouissance,
Pas sur le moment bien sûr mais dans un après sans pitié auquel il faut s’attendre,
D’ailleurs on se dit parfois qu’on n’a pas vraiment le choix alors que pas du tout,
On a toujours le choix de ne pas jouir,
De prendre les choses calmement telles qu’elles viennent,
De ne pas se laisser démonter par ses angoisses et de réduire la vitesse,
Ralentir un peu, repasser en roue libre même si ça monte c’est parfois nécessaire.

On en a besoin mais pas forcément le courage ou la force, la jouissance quelle qu’elle soit est une fuite, une échappée vers un ailleurs que l’on souhaite meilleur,
Dans ce cas, il y a des fantasmes liés au surmenage,
des envies de grandeur, de richesse, de célébrité ou pire, les trois à la fois!

Et le problème vient d’une forme de colère qui naît en soi,
de ne pas être plus aidé dans sa quête par les autres,
mais en fait c’est heureux car ça freine un peu,
au moins ça énerve mais ça n’encourage pas.

Mais il y a cette colère, cet énervement
Qui n’est que la conséquence postérieure de la jouissance,
Et qui ne repose sur rien d’autre mais qui utilise un objet, l’autre,
Pour lui faire payer les pots qu’il n’a pas cassés.

Il y a tout cela et c’est la conséquence logique d’un week-end travailleur.

Et bien qu’étant pris dans cet engrenage,
Il faut absolument ralentir la machine, freiner, s’arrêter pour souffler un peu
Au risque d’exploser en vol telle la navette challenger
Dont la maintenance avait peut-être été défaillante
Et qui se termina en ce dramatique accident alors que son objectif était les étoiles.

N’est ce pas celui de tous?

Au cinéma

Au cinéma devant le grand écran blanc, grand silence apaisant avant le feu d’artifice, le film. Et puis les gens rentrent, peu a peu le silence disparaît, les bande annonce pétaradantes le remplace, place au film!
Manuale di amore, film décevant avec pourtant tous les ingrédients, les acteurs, l’histoire, l’amour, l’italie surtout, un jeune cupidon qui tire 3 flèches sur des hommes dont l’âge diffère.
Des histoires d’adultère, des coups de foudre, la peur de l’impossible.
Pourtant, il manque quelque chose, les acteurs n’y croient pas, seul de niro, retraité, convainc.

Barcelone change, l’été se termine, l’automne s’annonce, les feuilles tombent déjà, le climat, encore une fois double dérègle, comme le temps, en avance.

Tous des Rhinocéros!

C’est un courant,
Que dis-je!
Un torrent permanent de nouvelles
Qui nous emporte tous les jours!

Un jour c’est l’explosion d’une centrale nucléaire,
Le lendemain le système financier tombe.
Puis la dernière affaire d’harcèlement
Dont le protagoniste n’est autre que le président!
Demain un nouveau virus qui rend zombie,

Demain donc, tous Zombies! Ne le serait-on pas déjà ?

Bientôt l’arrivée des extra-terrestres
Ou que sais-je encore.
L’imagination vient à manquer,
Tant l’Inattendu devient Certain.

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Pourquoi tu cours?

Le hamster monte dans sa roue, et court. Après un but, un objectif : Ah, cette ile paradisiaque… On lui a dit que la-bas, l’herbe y était plus verte, l’air plus doux, l’eau plus fraiche, et les hamsters plus beaux!

Parfois, il en sort. Il dort, boit, mange, met un peu d’ordre dans sa vie, se dit que plus tard ce sera bien, quand il y sera arrivé. Puis il y retourne, croyant que sa petite roue le rapproche un peu plus de son ile.

Parce que Oui, Un Centimètre de Plus, Ca Compte! Alors il court encore plus fort pour arriver plus vite!

Son maitre, un célibataire d’une trentaine d’années l’observe. Arnaud est exténué, mort, stressé par sa semaine. Mais ouf, il est en week-end, un instant d’apaisement enfin. Pendant 2 jours, il pourra se retrouver, un peu. 48h pour vivre, c’est trop court pour atterrir complétement. Stress, insomnie, déprime, c’est devenu une habitude. Comme un cercle vicieux dans lequel il s’enfonce progressivement. Il sent peu a peu son esprit s’abrutir, tel un corps plongé dans un sable mouvant. Non, ce n’est pas l’age, c’est autre chose. Son objectif l’empêche de gouter le présent, de Vivre. Et pourtant il ne parvient pas a s’en libérer. Pire, plus il force, plus il coule. Alors il se sent impuissant.

Quelle drôle de vie que celle d’un hamster, quel manque de sens apparent! Il réalise pourtant qu’ils se ressemblent. Que son seul but est d’atteindre son objectif pour pouvoir enfin sortir de la roue, s’arrêter de courir. Pour cela, il lui faut courir encore plus vite, plus loin, plus fort.

Tel un alcoolique qui déciderait de se saouler pour arrêter de boire …

Et pourtant, de lui-même Arnaud dit qu’il va très bien !

Rions un peu

Un petit aperçu pour découvrir l’intimité du rire sur Internet dans chaque langue. L’Anglais, le Français et l’Espagnol ont chacun leur manière de rire.

A commencer par le fameux  LOL de l’Anglais, « Laugh[ing] Out Loud » ou encore « Lots of Laugh ». Ces deux acronymes introduisent des notions de quantité du rire, d’exhubérance. En trois lettres, le rire physique apparaît bien déconnecté de sa représentation virtuelle! Court, facile à prononcer, il s’impose comme l’acronyme mondial du rire. Des dérivations sont apparues pour transmettre un rire encore plus fort : LMAO « Laughing my Arse Off » ou encore ROFL « Roll[ing] On the Floor Laughing ».

Comme si l’on ne pouvait pas rire un peu, comme si pour franchir cette barrière numérique, la force du rire était obligée!

En Français, on est mdr soit « mort de rire ». Cette association de la mort et du rire expriment un excès qui peut conduire jusqu’à la mort. On imagine alors son interlocuteur peinant à respirer derrière son écran. Si l’Anglais prend des gants pour rire « à s’en exploser le postérieur », le Français est plus direct en « pétant de rire » avec l’acronyme ptdr. On note donc le même excès qu’en Anglais, sauf que les rires en Français ne se prononcent pas, ce qui interdit leur utilisation à l’oral : mdr, ptdr. Chez nos frères québecois, c’est plus sexuel – longs hivers obligent – on est donc cbr, « crampé ben raide »!

En Espagnol, le rire est beaucoup plus drole. Tout d’abord, en utilisant le fameux j de jota, il existe les fameux jaja, jeje, jiji, et jojo!
Chacun suivant la conversation ou son caractère peut choisir sa variante! Par exemple, jijiji pour un rire contenu, jojojo pour un rire ouvert, jejeje pour un rire calme, et jajaja pour un rire à gorge déployée.

Contrairement à leurs equivalents anglais et francais, les acronymes du rire espagnol sonnent aussi à l’oral, ils transmettent le rire, lui permettent de s’extérioriser, et peuvent-etre librement contractés et étendus afin de transmettre la quantité de rire souhaitée! Jajajajajajajaja!

Le syndrome Astérix contre les romains

Asterix contre les romains

Maladie ancienne, toujours ignorée et non traitée,
Elle tue au quotidien par les nombreux stress qu’elle provoque.
On la suspecte d’avoir poussé Philippe Séguin de l’autre côté.
C’était pourtant un homme intelligent, et intègre.
Cette obsession française est présente partout.
Inculquée depuis le plus jeune âge, ressassée par des élites contaminées,
Elle conduit beaucoup de français à une forme de bétise collective.

Ses symptômes sont une envie de grandeur,
Qui dégénère en frustration, découragement, défaitisme et enfin dépression.
C’est la maladie de la grandeur de la France, ou encore le syndrome Astérix contre les romains.

Ses origines sont multiples :
Une mémoire sélective de l’histoire de France, les conquêtes de Charlemagne, les lumières de Louis XIV, l’expansionnisme de Napoléon,
Associée à un refoulement d’épisodes moins glorieux, telle la collaboration, la guerre d’Algérie ou encore d’Indochine,
Comme si le pays était incapable de gagner, condamné à être deuxième, frustré par son échec répété.

Si à la sortie de la deuxième guerre mondiale,
l’excitation du sentiment national telle que pratiquée par de Gaulle
Pouvait se justifier par une thérapie pour rétablir la confiance,
Unir la France et lui rendre un peu de cette fierté nationale perdue,
L’exercice est devenu obsolète aujourd’hui.

Peut-être faudrait-il s’efforcer de comprendre que le monde actuel n’est pas celui de Tintin.

La guérison est bien sûr possible a condition de le vouloir,
Revenir à une certaine humilité personnelle et nationale.
Déceler les elites illuminées si néfastes pour la démocratie,
Travailler pour soi plutôt que pour un système.

C’est peut-être à cette thérapie que devrait se livrer le pays:

– Faire ce qui est bien pour soi plutôt que de vouloir faire mieux que les autres,

– Substituer la réflexion l’expérimentation et l’action aux fantasmes de grandeur inconstructifs et castrateurs,

– Arrêter de dévaloriser l’échec, se tromper fait partie du processus d’apprentissage tel un bébé apprend à marcher.

Voici ce que je vous souhaite à tous pour cette belle année 2010.

The xx

Les premières notes sonnent, ma crainte de lassitude s’efface, comme toujours. J’écris comme si je le leur devais, par envie et par respect. « The xx ». Leurs mélodies sont d’une incroyable beauté, elles sont planantes. En un mois, je n’ai pas encore réussi a me concentrer sur les paroles, tellement c’était beau.

Je m’envole dans des rêves simples et doux. « The xx » dans mon salon, j’entends leur musique s’échapper par la fenêtre entrouverte et moi allongé sur la terrasse je m’ébahis devant tant de beauté. En si peu de notes, authentique, bouleversante.

Ayaya … c’est tout simplement sublime, que dire de plus … Oubliez la drogue, écoutez « The xx ».