Docteur Jekyll ou Dorian Gray et Mister Hide?

Mais qui était-ce vraiment?
Je n’évoque pas cette superbe image de soi si plaisante à contempler,
Telle cette reine appelant le jugement de sa conscience

– Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle?

– Madame la reine, vous êtes la plus belle au pays.

Cette image si parfaite qu’elle s’était forgée ressemblait comme deux gouttes d’eau à ce diabolique Dorian Gray
Qui, d’un oeil assassin observe son portrait révéler sa véritable nature alors que son apparence est toute autre …

Que ce soit il ou elle, peu importe! Mais qui était-ce réellement?
De Docteur Jekyll, Mister Hide, Dorian Gray ou bien de son portrait?

– Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle?

– Madame la reine, vous êtes la plus belle ici, mais Blanche-Neige est encore mille fois plus belle.

Et soudain, la reine, par jalousie, devint assassin…
Ce n’était pas de sa faute bien sûr mais bien celle de Blanche-Neige…

Le pistolet

C’est une sensation bizarre, une sorte de vertige devant des créations délaissées, qui, par miracle ont survécu au vent d’hiver …
C’est un rayon de soleil qui – certes – ne fait pas le Printemps, mais réveille des espoirs de lendemains qui chantent …
C’est un mélange d’envie de recommencer et cette peur systématique de ne pas en être capable
Cela ne fait que dénoter une incapacité au Bonheur tant les doutes empêchent de Vivre et d’Aimer.

Mais … Personne n’est incurable, et la lecture de Nietzsche est curatrice même pour le pire des névrosé.

Alors Pan, je tiendrai la plume tel un pistolet que je ne quitterai plus jamais,
Sauf bien sûr à délaisser cet Autre que j’eus tant de plaisir ce soir à retrouver.
Arrêter d’écrire, c’est se trahir un peu, beaucoup, passionnément, à la folie.

Paradoxes

La direction était choisie, la ligne bien tracée, et en avant marche!
Une deux une deux une deux, le soldat progresse,
Le travail est abattu comme une opération commando,
Et soudain, l’acte manqué, le Patatra!
Oublis … des clés, de prendre ses médocs, de fermer la porte…
Alors ralentissement … stop … arrêt sur image … réflexion …
Mais que se passe t’il?
Les certitudes s’écroulent, la conscience tel un soleil embrumé apparaît:
Sa vie est une chute libre.

Alors, il ouvre par hasard une de ces portes refermée il y a longtemps,
Un compartiment comme dirait l’Autre,
Et tombe « par hasard » sur le message d’une vie antérieure.
Il réalisa soudain que la vie en opération commando n’était pas pour lui,
Pour les autres peut-être …
Mais, incapable de fixer la date de l’armistice,
Il retomba instantanément dans son inlassable chute …

Affres de minuit

Les idées s’obscurcissent avec la tombée du jour. Heureusement, l’écriture est cette pleine lune qui empêche les ténèbres de m’envahir totalement. Je résiste, par ce bout de souffle qui m’anime. Je m’accroche à cette branche de beauté pour éviter la chute totale, vrille vers la mort qui s’ensuit.
Ivresse des ténèbres, jouissive souffrance, masochisme incontrôlé, nihilisme totalitaire, complaisance dans une grossemerditude intolérable et infinie …

Réagir …
Quelques lignes et soudain, rebond, coup de talon, refus du trentième sous-sol. Non!

Je Veux!

Colère contre les autres qui n’écoutent pas, ne comprennent pas, solitude … La colère comme rebond? Ce n’est probablement pas par là …

Mais alors où est-il ce trentième souffle, celui qui peut arrêter net Hugo, ouragan des ouragans? Où faut-il aller le chercher?
Chanter peut-être? Mal forcément, de quoi assurer un été pourri à tous les barcelonais, qui l’auront bien mérité…
Humour, espoir, et soudain rayon de soleil qui réchauffe le coeur.

Oh blog, divin coeur, tu me sauves la vie ce soir et m’éclaire une voie que je n’aurais pu trouver sans toi.

Le nageur

Contrairement à l’autre vestiaire, il n’y a pas grand chose à attendre de celui ci, ou bien je n’ai rien à craindre, c’est selon, un peu des deux sans doute, une angoisse qui cache beaucoup d’envie.
Et pourtant, mon petit doigt ne semble pas si désolé, une surprise est toujours possible.
Pendant que je choisis un casier, la surprise prend la forme d’un magnifique nageur. Sa combinaison ressemble à celle d’un lutteur, elle lui colle à la peau.
Sans prendre le temps de se déshabiller, il file à la douche et se place dans cette diagonale parfaite qui permet de nous regarder.
Il se déshabille au fur et à mesure que je me change, dans des regards subjectifs dont nous partageons le tempo.
Mais il faut faire vite car je vais bientôt partir. Il comprend et revient à peine rincé, tandis que je me dirige dans les toilettes pour l’attendre…

Ulysse et les Sirènes

Ce n’est pas le meilleur en nous,
Peut-être est-ce même le pire.
Certains l’appellent Diable,
D’autres le nomment Vice.

Céder au vice, c’est dégénérer.
Attention, la seule fin étant le trépas …
La descente est donc sans fin …

Lui résister c’est être hanté,
Tenir même dans les moments clés,
Sans exception ni résolution à moitié.

Rassembler son Courage,
Savoir prendre une décision Ferme et définitive!
Croix de bois, Croix de fer, si je mens, je vais en Enfer!

Faut-il faire comme Ulysse,
Se faire attacher au mât,
Pour résister au chant des sirènes?

Rêve d’écriture

Écrire comme dans un Rêve,
En tout lieu sans encre papier ni rature,
Au péril d’effacer une part de son caractère,
Telle une musique de jazz insensibilisée,
Dont la parabole sentimentale succomberait au totalitarisme binaire.

Car le mot écriture est gratifié d’un double sens,
Tant manuscrite que Littéraire,
Liés autour de ce mot magique par un pacte divin.
La disparition de l’écriture manuscrite entraînerait donc aussi celle de la littérature?
Chimère? Ou autre coup d’état nihiliste?
L’imprimerie a depuis longtemps réduit l’écriture manuscrite,
Elle n’en a pas pour autant supprimé la Littérature.

Néanmoins, la question reste ouverte, peut-on écrire sans écrire?
Peut-être faudrait-il questionner quelque grand écrivain?
S’il n’en reste qu’un, Prince Sollers,
Nous livrerez-vous ce secret, écrivez vous de votre main?
Ou la gardez vous pour son éternel autre usage?

Alors l’Excès?

J’évoquais hier une réaction allergique à la tranquilité,

Une envie de Crier, Taper du pied, Vivre!

N’était-ce pas excessif?

Ou trahirais-je – dès le lendemain – l’Envie exprimée la veille?

 

Je ne renie rien et le réaffirme encore aujourd’hui!

La Tranquilité peut-être un résultat, un état transitoire,

Mais elle ne doit pas être un but en soi!

Car elle condamne le Désir,

En tuant l’Angoisse qui y est associée.

C’est bien plus simple de ne rien vivre.

 

Dans une époque binaire,

Une vie nihiliste est bien sûr possible,

Mais certainement pas souhaitable!

Pourquoi fuir sa nature et refuser de Vivre?

 

Mais l’excès inverse – fuire l’Ennui – n’est pas meilleur que le mal!

La Surexcitation, l’Exaltation, la Passion

Conduisent à une forme de destruction,

Ils nous consument!

 

Dès lors, comment trouver :

L’équilibre dans l’Action,

La constance dans le Mouvement,

Et la mesure dans le Risque,

Sans tomber dans l’Excès et la Folie?

 

Epuisante Tranquilité

Tranquilité, quiétude, calme, sérénité, paix, équilibre, sagesse,

Que de mots emmerdants!

 

Alors qu’Agitation, Excitation, Passion, Branle-bas de Combat,

On a envie de Crier, de taper du pied,

On sent le Feu et le Sexe au coin de la rue!

On s’exalte, on respire, on vit!

 

Ces Mots deviennent pourtant Maux

Dès qu’on mesure la vie En Années plutôt qu’en Aventures,

En Quantité plutôt qu’en Qualité!

Attention donc à bien choisir son Cul!

 

Fuir l’Exaltation et la Passion

Ne conduit qu’au Néant, à la Vacuité de l’Inexistence

A ce repos éternel qui de toutes façons nous attend déjà bien trop tôt.

Une vie plate, nihiliste en somme, pas excitante, en un mot :

CHIENTE!

 

Pourquoi rechercher le morbide avant l’heure?

Pourquoi tenter de s’approcher de cet état par petits pas?

Pourquoi ne pas se suicider, et en finir une fois pour toutes?

 

La recherche de Tranquilité est une tâche Tuante

Lorsqu’on est d’une nature bouillonnante!

Je l’Abandonne donc Sans Regrets.

Infidélité Platonique

Ca me prend le matin ou la journée, soudaine envie d’un autre.

J’en perds toute concentration, tout amour disparait écrasé par une force subite,

Ce désir d’autre grandit, m’envahit, j’ai envie de saisir ces moments furtifs, être infidèle pour de Vrai.

Elle me destabilise, c’en est obsessionnel, je ne sais comment m’en débarrasser.

J’essaie de prendre l’air, de me changer les idées,

Mais rien à faire, il ne s’agit ni de lui, ni d’elle mais d’une profonde envie d’autre,

Et pourtant je m’arrête, je ne m’autorise l’infidélité qu’en fantasmes.

– « C’est une infidélité platonique. »

Alors la tête vrillée par ce sentiment grisant,

Je ressens le besoin de me recentrer sur mon Amour pour lui, et sur moi.

Cette envie d’infidélité n’est qu’une traduction sexuelle de quelque chose de plus profond,

Beaucoup plus qu’un désir sexuel, c’est une envie de m’être infidèle,

Sans que je comprenne réellement pourquoi.

Handicapé – 1

J’ai tout pour être heureux.

Et pourtant je n’y arrive pas,

Quelque chose m’en empêche.

C’est parfois le souvenir d’un ancien amant,

Ou encore un souci qui me squatte l’esprit.

C’est toujours d’une grande importance

Un problème d’amour, de travail, ou d’argent.

Les problèmes ne manquent pas,

Surtout lorsqu’on leur donne tant d’importance …

Ces soucis m’occupent l’esprit le soir et la nuit.

Pourtant, dès mon reveil le lendemain je ne comprends pas :

Mais comment ai-je pu me laisser dévorer par de telles insignifiances?

Je persiste et signe ! J’ai Tout pour être heureux !

Un mec qui m’Aime,

Une famille aimante et en bonne santé,

Assez d’argent pour vivre un quotidien agréable.

Rien de grave donc, sauf que …

Mon quotidien est bien trop satisfaisant pour me pousser à chercher plus loin.

Celà ne ressemble ni de près ni de loin au Bonheur que je prétends rechercher.

Pire, je déprime, descends, me sens happé et ne sais comment réagir.

Le Bonheur semble impossible, inaccessible, hors de portée.

Est-ce parce que je ne veux pas?

Ces vieilles habitudes qui ruinent le quotidien?

La routine qui m’empêche de vivre mon lot de petit bonheur quotidien?

Je ne crois en rien de celà.

Je pense que le bonheur est une décision qui demande Courage et Sacrifices.

Je pense n’avoir eu le courage ni de prendre cette décision, ni de faire ces sacrifices.

Et je me complais dans mon quotidien satisfant.

Mais le temps passe, et je ne vis toujours pas ce dont je suis le plus capable.

Le Désir est mimétique. Mais doit-il l’être?

Découvert par René Girard en 1950, le désir mimétique indique que nos Désirs ne sont pas individuels mais collectifs, et influencés. Une fois transmis, l’objet du désir devient alors commun, envié, parfois jalousé, qu’il soit une personne morale, physique, un objet matériel, une capacité particulière:

J’aime m’étendre au bord de l’eau à l’ombre d’un palmier.

J’aime chanter à tue-têtes.

J’adore avoir du chocolat plein les babines.

L’objet du désir est le complément d’objet direct: « m’étendre au bord de l’eau à l’ombre d’un palmier« , « chanter à tue-têtes« , « avoir du chocolat plein les babines« .

Certains transmettent leur désir, d’autres le reçoivent. Le désir des autres sert parfois à renforcer l’objet de notre désir: Si tu aimes ma voiture, alors je l’aimerais d’autant plus. Inconsciemment, je te la présenterai sous un jour favorable afin que ton désir renforce le mien. Et nous serons frères.

La réception unilatérale de désir est une perte, un oubli de soi, une mort de l’âme. Le désir personnel est l’étape qui nous permet de passer de la survie à la vie. C’est une tache ardue, un véritable jeu de piste en pleine jungle de l’esprit que de trouver la source se don propre désir. Puis c’est un jardin qui se cultive, et dont on récolte les fruits sans plus  avoir à piquer ceux du voisin! Les partager sans les imposer ni s’offenser d’un refus. Les recevoir sans s’obliger à accepter. Et toujours produire ses propres fruits. Toujours les laisser mûrir à point, et les savourer avec la gourmandise de celui qui récolte son effort.

En celà, si à l’origine, le désir est mimétique, nous pouvons le faire évoluer vers une société d’abondance dont les conflits seraient alors réduits. J’en rêve mais avant celà, je cultive mon jardin et vous invite à venir parfois croquer un petit article de ce blog.

Sans vous perdre, bien sûr.

Bronzer sous les rayons de la Beauté

Je tente de définir la Beauté telle que je la ressens. C’est une première ébauche car le sujet est particulièrement complexe.

On la réduit souvent au seul champ visuel, à la superficialité de l’esthétisme, mais la Beauté telle que je la conçois vit bien au delà et existe sous différentes formes. Dans le cadre sensitif, elle est donc visuelle, mais aussi sonore. Je ne pense pas qu’elle existe dans le toucher, le gout ni l’odorat, qui rentrent dans le cadre du « Bon » et donc exclusivement de la perception. Or, la Beauté la dépasse pour s’étendre au langage, à la mémoire, à l’émotion et à l’intellect : La Beauté d’une histoire, d’un instant, d’un souvenir,  de la personnalité, d’un regard, d’un sentiment, d’un raisonnement, …

Elle est relative car il n’existe pas de Beauté absolue qui soit reconnue par tous. Ses propriétés sont nombreuses et varient du blanc au noir, via toutes les nuances que nous permet le langage. Son éclat de l’éblouissant à la froideur, ou encore sa durée de la fugacité d’une étoile filante à la vie d’un homme. Car elle n’existe qu’au moment où on la ressent.

L’existence de la Beauté émane tout d’abord de notre sensibilité à la percevoir puis à prendre conscience de la manière dont elle nous touche : Je vois un tableau, il m’émeut et je réalise qu’il est Beau.

Car c’est une Beauté qui attendrit, et touche la chair jusqu’au frisson. Cultiver la Beauté qui est en soi est un art de vivre qui consiste à apprendre à la créer, et se laisser bronzer sous ses rayons.

Dauphin Libre

Je rêve dans mon hamac les yeux rivés dans le ciel, quand soudain, j’aperçois un dauphin rose. J’imagine l’enfant impuissant voyant son dauphin gonflable lui échapper. Il crie, pleure, et tape du pied!

Mais le dauphin, beau, digne et imperturbable se tait. Il embrasse cette liberté qui s’ouvre a lui. Il l’attrape à pleine dent sans une once de culpabilité. Il fonce sans s’arrêter. Depuis sa naissance, il n’attendait que cela, espérant un jour pouvoir y gouter. Pour une minute ou toute la vie…

Alors il rejette l’après, le retour a la captivité. Il se concentre sur l’instant et poursuit son ascension pour n’être plus qu’un point rose dans le ciel.

Ce matin, une nouvelle étoile est née: Le dauphin libéré.