Beginners – Le courage de Se Vivre

Ce film respire la profondeur, les émotions, il évoque subtilement l’homosexualité, les relations familiales, l’Amour …

Hal – Christopher Plummer – perd sa femme, il a 75 ans. Quelques mois plus tard, il annonce son homosexualité à son fils Oliver – Ewan McGregor. Il ne l’a vécu que dans les chiottes de l’Amérique des années 50 et souhaite donc l’expérimenter pendant le temps qu’il lui reste à vivre après la découverte de son cancer.

C’est un film d’espoir. Les trésors de courage déployés par cet homme de 75 ans sont admirables, encourageants, libérateurs.

Son fils Olivier est notre guide. Il l’accompagne dans ce sprint de vie et narre dans des séquences alternées son enfance ainsi que la reconstruction qui suit, cet Après-Lui.

L’ombre du père est masquée par l’omniprésence de sa mère. Sa souffrance de ne pas être désirée par un mari froid et affairé apparaît sous forme de séquences récurrentes, l’insatisfaction d’un lointain baiser. Bien qu’il ait désiré se couler dans ce moule hétérosexuel, il a échoué. Une lâcheté scandaleusement tranquille.

Mais c’est dans son sursaut – tardif mais croissant – que réside l’Espoir. Cette volonté de Se Vivre et pas Vivre Pour  – les autres, la société –  le libère d’une pesanteur qui l’empêchait de se laisser aller. Il vit, il Aime,  il partage des moments profonds, heureux, authentiques avec son amant, son fils, ses amis. Il accepte l’imperfection de sa relation et c’est ce qui lui permet de la vivre pleinement. Il renvoie son fils à sa solitude lorsqu’il critique la polygamie de son couple « Tu es bien seul pour donner des conseils matrimoniaux ». Une critique de la recherche du partenaire parfait, ou de la relation parfaite. « Il vaut mieux une girafe que de passer sa vie à désirer un lion ». Aimer – comme Ecrire – est une activité à pratiquer tous les jours …

Dans sa reconstruction après la mort de son père, Oliver tente d’extraire sa tristesse par le dessin, il échoue. Invité à une fête déguisée, le voici en Freud qui « couche » sur le divan les invités. Et il fait la rencontre de celle qui lui renvoie sa propre tristesse. Il tente alors de vivre une vraie relation qui se termine comme ses trois relations précédentes. Comme le dit Andy, le chien de son père « C’était perdu d’avance. Et bien avant de la connaître … ». Oliver se retient, comme s’il reproduisait la distance entre ses parents, il ne parvient pas à maintenir le couple, il censure son bonheur …

Allez donc voir la suite!

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